PER retraite : ce contrat vendu par téléphone peut ruiner 5 ans d’épargne, comment choisir un bon PER sans tomber dans l’arnaque à la défiscalisation

Par Paul Graph - Publié le

Une enquête de Micode dévoile des PER bourrés de frais, vendus via un démarchage téléphonique agressif se faisant passer pour un service administratif. Comment repérer ces arnaques et orienter votre épargne retraite vers un PER vraiment adapté ?

PER retraite : ce contrat vendu par téléphone peut ruiner 5 ans d’épargne, comment choisir un bon PER sans tomber dans l’arnaque à la défiscalisation

Un coup de fil inconnu, un discours bien huilé sur votre retraite, des promesses de réduction d’impôt immédiate… Dans son enquête vidéo, le YouTubeur Micode montre un plateau d’appels où un pseudo conseiller rappelle jusqu’à dix fois de suite le même numéro pour vendre un plan d’épargne retraite aux frais exorbitants. Au bout du fil, des épargnants qui pensent régler une formalité alors qu’ils s’engagent sur des années.

Au cœur de ces méthodes, un produit pourtant utile : le plan d’épargne retraite (PER). Sauf que ce placement de long terme se retrouve dévoyé par le démarchage téléphonique, avec jargon administratif, garanties cachées et pression pour signer dans l’instant. Derrière la belle promesse de retraite et de défiscalisation se nichent parfois cinq ans de travail d’épargne réduits à néant. Un bon PER ne se vend pas comme ça.

PER et téléphone : ce que révèle l’enquête sur ces scripts bien rodés

Dans la vidéo analysée par Capital, les commerciaux se présentent comme « un service de mise en conformité, chargé de vérifier un dossier », ciblant notamment les professions libérales. Micode résume le script par cette phrase : « Ce n’est pas du démarchage, c’est un entretien de conseil », résume Micode dans son enquête, rapportée par Capital. Un peu plus loin, il souligne que « Tous les termes commerciaux ont été remplacés par du jargon administratif. » On ne parle pas de contrat mais d’un simple « retour de mail pour ouvrir des droits », ou encore d’une mystérieuse « éligibilité à la défiscalisation », le mot « défiscalisation » revenant en boucle.

Dans les documents, l’enquête met au jour une « garantie décès » ajoutée en petites lignes, jamais citée au téléphone. Elle absorbe 70 % des cotisations la première année et 30 % la deuxième. Concrètement, sur 10 000 € versés en deux ans, environ 5 000 € ne sont jamais investis sur le PER, mais partent dans cette garantie. « C’est là que se trouverait l’arnaque », explique l’enquête à propos de ces PER vendus par téléphone. Autre détail parlant : un conseiller légitime ne vous met pas la pression pour signer, n’insiste pas pour un engagement immédiat et accepte d’envoyer une documentation complète avant toute décision.

Un PER, c’est quoi vraiment, et à qui la défiscalisation profite-t-elle ?

Un PER reste d’abord un placement d’épargne retraite. L’article le rappelle : un PER est un placement de long terme, qu’on ne souscrit pas sur un coup de fil. L’argent est en principe bloqué jusqu’à la retraite, avec six cas de déblocage anticipé prévus par la loi : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint ou du partenaire de Pacs, fin des droits au chômage, surendettement et liquidation judiciaire d’une activité. À la sortie, l’épargne peut être récupérée en capital, en rente, ou via un mix des deux.

Le mot magique pour appâter au téléphone reste la défiscalisation. En pratique, les versements sur un PER sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond qui correspond en général à 10 % de vos revenus professionnels. L’économie d’impôt dépend de votre tranche marginale d’imposition : pour 10 000 € versés, un foyer imposé à 30 % économise 3 000 €, et 4 100 € à 41 %. Pour un contribuable faiblement imposé, l’intérêt devient très faible, voire nul. Et cet avantage n’est pas définitif : le capital correspondant aux versements déduits sera réintégré dans votre revenu imposable à la sortie. Autrement dit, le PER décale l’impôt dans le temps, il ne le fait pas disparaître.

  • Si votre tranche d’imposition est basse aujourd’hui, un autre placement (assurance-vie, PEA…) peut mieux convenir.
  • Si votre tranche doit baisser à la retraite, le PER peut au contraire lisser votre fiscalité dans le temps.
  • Dans tous les cas, la décision ne se prend pas en quelques minutes au téléphone, mais après avoir étudié le contrat à tête reposée.

Comment bien choisir son PER sans céder à la pression d’un appel

Micode va jusqu’à affirmer que « comme l’épargne est bloquée, vous continuez à cotiser toute votre vie ». La réalité est plus souple : les versements sur un PER ne sont pas obligatoires, les versements peuvent être arrêté quand vous le souhaitez, sans pénalité, même si un « conseiller » vous jure l’inverse. Le vrai enjeu consiste donc à bien comparer les offres de PER avant d’ouvrir un contrat, en regardant surtout les frais et la souplesse des versements, plutôt qu’à se précipiter sur le premier produit proposé par téléphone.

Les bons PER sont souvent distribués en ligne, à l’initiative de l’épargnant. C’est le cas du meilleurtaux Liberté PER, assuré par Spirica : 500 € de versement initial suffisent, puis des versements libres dès 100 € ou programmés à partir de 50 € par mois, sans frais prélevés sur ces opérations. Le contrat donne accès à 2 fonds en euros (dont le PER Nouvelle Génération Spirica, crédité à 3,08 % en 2025, et le fonds Croissance Allocation Long Terme à 0,90 % en 2025) et à plus de 665 supports en unités de compte, avec des frais de gestion limités à 0,50 % par an sur ces supports. L’épargnant peut choisir entre gestion libre, gestion à horizon retraite ou gestion pilotée « Pilot », voire combiner plusieurs modes. Même logique pour l’e-PER Generali, présenté comme le plus avantageux des PER de l’assureur Generali et distribué par Altaprofits ou Bourse Direct, avec jusqu’à 500 € offerts sous conditions : ce type de contrat se souscrit en ligne, après comparaison, pas sur un appel insistant.

En bref

  • L’enquête de Micode révèle un plateau d’appels démarchant des épargnants, surtout professions libérales, pour leur vendre des PER par téléphone.
  • Ces contrats cumulent démarchage trompeur, garantie décès cachée et frais lourds qui amputent l’épargne, alors que le PER est un placement retraite de long terme.
  • L’article détaille les bons réflexes face au téléphone, les critères d’un PER compétitif et des pistes de rattrapage si un mauvais contrat a déjà été signé.