Disparition des distributeurs BNP et Société Générale : attention à ce nouveau logo qui va changer tous vos retraits d'argent
En France, les distributeurs de billets aux couleurs des banques disparaissent peu à peu au profit des automates mutualisés Cash Services. Derrière ce relooking discret, des milliers de DAB vont fermer, avec des conséquences très concrètes sur vos retraits, vos dépôts et l’accès au cash.

Dans votre rue, le vieux distributeur vert ou rouge a disparu, remplacé par une borne noire toute neuve. Ni logo BNP Paribas, ni marquage Société Générale, juste un écran lumineux et un nom discret. Beaucoup de clients lèvent un sourcil, glissent leur carte avec un peu d’appréhension, se demandent si l’appareil va vraiment les laisser retirer du liquide sans mauvaise surprise. Car derrière ce changement d’habillage, c’est l’accès aux espèces qui est en train de se réorganiser en France.
Quatre des plus grandes banques françaises, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel et CIC, ont décidé de mettre leurs distributeurs de billets en commun au sein d’une société dédiée, 2SF pour Société des Services Fiduciaires, créée fin 2023. Le constat est simple : les paiements en espèces ne représentent plus que 51 % des transactions des particuliers, contre 68 % en 2017, alors que chaque automate reste coûteux à entretenir. Plutôt que chacun de son côté, les réseaux fusionnent peu à peu dans une nouvelle marque unique. Cette nouvelle bannière a un nom : Cash Services.
Cash Services, le nouveau visage des distributeurs de billets
Le deploiment a démarré en septembre 2024, d’abord sur les automates accolés aux agences des quatre réseaux. En juin 2025, 1 000 sites avaient déjà été rééquipés, puis le cap des 3 000 a été franchi fin 2025. L’objectif affiché est clair : disposer de 7 000 automates Cash Services opérationnels d’ici fin 2026, dont 5 000 en agence et 2 000 hors agence. Dans le même temps, environ 3 000 distributeurs classiques seront retirés, ce qui ramène un parc d’environ 10 000 machines à 7 000, surtout dans les zones urbaines et périurbaines déjà bien dotées.
Pour l’utilisateur, le geste reste familier. On insère sa carte, l’automate reconnaît immédiatement la banque d’origine et affiche l’interface habituelle de son établissement, même si la borne porte un autre logo. Depuis un même point, il devient possible de réaliser l’essentiel des opérations du quotidien, sans frais supplémentaires de retrait hors réseau pour les clients des quatre enseignes partenaires, qui voient disparaître les anciennes pénalités lorsqu’ils ne trouvaient pas un automate aux couleurs de leur banque.
- retirer des espèces ;
- déposer des billets ;
- remettre des chèques ;
- consulter le solde et les dernières opérations ;
- imprimer un RIB.
Moins de DAB, mais un accès aux espèces que Cash Services veut préserver
Un aspect important du projet, c’est la réduction nette du nombre de machines. Les quatre banques géraient jusqu’ici environ 10 000 DAB, contre 7 000 sites visés pour le réseau mutualisé, soit près de 30 % de moins. Les grandes villes, déjà très équipées, absorberont l’essentiel des fermetures, mais les interrogations demeurent pour certaines communes rurales. Selon les derniers états des lieux de la Banque de France, 98,8 % de la population vit toutefois à moins de quinze minutes d’un site disposant d’un DAB, et 99,9 % à moins de quinze minutes d’un distributeur ou d’un point d’accès privatif chez un commerçant.
Les pouvoirs publics suivent cette évolution de très près aussi. L’exécutif a déjà indiqué vouloir veiller à ce que l’accès aux espèces reste garanti, comme lors de la fermeture progressive des agences bancaires. Le dossier est suivi « de très près », a assuré le gouvernement, cité par Les Numériques. De leur côté, les partenaires de Cash Services promettent des automates plus complets, capables non seulement de gérer retraits et dépôts, mais aussi, d’ici fin 2026, de proposer par exemple un accompagnement vocal pour les dépôts d’espèces et de chèques, afin de maintenir l’autonomie des clients les plus fragiles.
Sources
En bref
- Depuis 2024, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel et CIC mutualisent leurs DAB en France au sein de 2SF sous la bannière Cash Services, sur fond de baisse des paiements en espèces.
- Le réseau vise 7 000 automates Cash Services d’ici fin 2026, en remplacement d’environ 3 000 distributeurs classiques, avec davantage de services et la fin de certains frais de retraits hors réseau pour les clients concernés.
- Reste une question sensible : cette réorganisation des DAB, encadrée par la Banque de France, préservera-t-elle vraiment l’accès au cash dans les zones rurales et pour les clients les plus fragiles ?







