Enlèvements crypto : derrière les attaques visant les investisseurs, un incroyable réseau de voitures volées à 2M€ piloté depuis une prison
En Loire-Atlantique, un réseau de voitures volées piloté depuis la prison de la Santé alimentait braquages, fusillades et enlèvements crypto. Le démantèlement de cette logistique à 2 millions d'euros révèle une criminalité toujours plus structurée.

Des victimes arrachées à leur domicile pour vider leurs portefeuilles numériques, des ravisseurs qui disparaissent à bord de véhicules presque impossibles à tracer. Derrière les récents enlèvements crypto qui frappent la France, une brique clé restait jusqu’ici assez floue : la logistique automobile. Une affaire suivie par la Section de recherches de la gendarmerie de Nantes met maintenant en lumière un réseau de voitures volées pensé pour alimenter ces attaques.
Au fil d’une enquête ouverte en 2025 après une série de vols de véhicules au domicile de particuliers en Loire-Atlantique, les gendarmes ont mis à jour un système capable de fournir en urgence des voitures maquillées à différents groupes du crime organisé. Les véhicules, dérobés la nuit par home jacking puis réimmatriculés, auraient servi à des braquages, à une fusillade en Belgique en janvier 2026 et à plusieurs enlèvements crypto en France. L’opération vient de se refermer sur ce réseau, pour un préjudice estimé à 2 millions d’euros. Derrière, les enquêteurs désignent un commanditaire de 25 ans qui pilotait tout depuis une cellule de la prison de la Santé à Paris.
Un réseau de voitures volées au service des enlèvements crypto
Selon les éléments rassemblés par la Section de recherches de la gendarmerie de Nantes, 18 personnes sont mises en cause dans cette affaire, dont 16 interpelés lors de trois opérations distinctes en Loire-Atlantique et dans les départements limitrophes. Les enquêteurs imputent au réseau une soixantaine de vols de véhicules, pour un préjudice global évalué à environ 2 millions d’euros, réalisés pour la plupart au domicile des propriétaires par effraction de nuit et vol des clés.
| Élément | Donnée | Rôle dans l’affaire |
|---|---|---|
| Zone principale | Loire-Atlantique et voisins | Cœur des vols de véhicules |
| Personnes visées | 18 mises en cause, 16 interpellés | Taille du réseau démantelé |
| Nombre de vols | Environ 60 véhicules | Alimente plusieurs équipes criminelles |
| Préjudice estimé | Environ 2 millions d’euros | Montre le poids financier du trafic |
| Période d’activité | De 2025 à juin 2026 | Inscrit le réseau dans la durée |
| Infractions associées | Braquages, fusillade, enlèvements crypto | Illustre la fonction logistique du réseau |
L’enquête décrit une organisation structurée : les équipes ciblaient des habitations la nuit, forçaient la porte ou arrachaient le barillet pour récupérer les clés, puis transféraient rapidement les voitures vers des garages clandestins où les plaques et les papiers étaient modifiés. Plutôt que de démonter les véhicules pour les pièces, le groupe se présentait comme un prestataire de logistique, capable de livrer en quelques heures une voiture « propre » sur le papier à des groupes déjà engagés dans des braquages, des fusillades ou des opérations d’enlèvements crypto.
Du home jacking aux wrench attacks : une logistique de crime organisé
Selon les investigations rapportées par la presse locale, le centre de gravité de ce réseau se trouvait derrière les barreaux. Un commanditaire de 25 ans, détenu à la prison de la Santé à Paris, coordonnait les opérations depuis sa cellule, centralisait les commandes de véhicules et orientait les voleurs vers des modèles précis. Il recrutait de jeunes exécutants, parfois mineurs, via des réseaux sociaux et des messageries chiffrées, puis leur transmettait une formation technique minimale pour mener à bien les cambriolages et livrer des voitures rapidement exploitables.
Les véhicules volés servaient ensuite de support aux actions violentes : une voiture dérobée en Loire-Atlantique a par exemple été retrouvée impliquée dans une fusillade en Belgique en janvier 2026, et plusieurs autres ont été identifiées dans des dossiers de séquestrations et d’enlèvements crypto visant des spécialistes et des investisseurs. Ces attaques, souvent désignées sous le terme de wrench attacks, s’inscrivent dans une vague plus large décrite par les spécialistes : plus de 30 enlèvements et agressions liés aux cryptomonnaies ont été documentés en France depuis 2017, dont plus de 20 pour la seule année 2025, ce qui représente environ 80 % des cas européens. Pour l’expert Sébastien Martin, « Ils veulent récupérer de la crypto. Malheureusement, c’est une fausse bonne idée : tout est traçable », a expliqué le président de la Ligue pour la sécurité du Web3, cité par Fibo Crypto, rappelant que ces opérations physiques s’appuient sur une logistique sophistiquée sur le terrain, mais se déroulent dans un univers numérique où chaque transfert reste visible.
En bref
- Entre 2025 et juin 2026, la Section de recherches de Nantes a enquêté sur un réseau de voitures volées opérant en Loire-Atlantique et au-delà.
- Ce groupe piloté depuis la prison de la Santé aurait fourni une soixantaine de véhicules maquillés pour braquages, fusillade en Belgique et enlèvements crypto.
- Au-delà des arrestations et des 2 millions d'euros de préjudice, l'affaire éclaire la nouvelle sous-traitance logistique du crime organisé autour des cryptomonnaies.






