Saga Bitcoin : comment la police récupère ce trésor crypto que l'on croyait perdu, 4500 BTC restent un mystère absolu
En Irlande, la CAB vient de mettre la main sur 500 BTC supplémentaires issus du trésor criminel de Clifton Collins. Mais alors que 1 500 BTC sont désormais sous contrôle, près de 4 500 BTC restent coincés dans des wallets fantômes.

On pensait ce magot en bitcoin perdu à jamais, englouti avec ses clés privées dans un banal déménagement. Pourtant, près de dix ans après les premiers achats de cryptomonnaies de Clifton Collins, la police irlandaise continue d’en récupérer des fragments très concrets. Une nouvelle opération vient de transformer ce qui ressemblait à une légende urbaine en dossier bien réel pour les autorités.
Au cœur de cette affaire déja emblématique figure un ancien apiculteur devenu trafiquant de cannabis, qui avait converti ses revenus illicites en Bitcoin au début des années 2010, en les répartissant sur 12 portefeuilles. Après sa condamnation à cinq ans de prison en 2017, les clés privées auraient été jetées par erreur quand une maison louée dans le comté de Galway a été vidée, selon l’Irish Times. Depuis, le Criminal Assets Bureau patiente, et avec l’appui d’Europol, l’agence annonce désormais contrôler 1 500 BTC issus de ce trésor, tandis qu’environ 4 500 BTC restent hors d’atteinte. Le mystère reste entier.
Saisie de 500 BTC en Bitcoin : la CAB fait grimper le total à 1 500 BTC
La Criminal Assets Bureau (CAB) vient de confirmer une nouvelle saisie de 500 BTC liés aux activités criminelles de Clifton Collins, portant le total récupéré à 1 500 BTC. Au cours actuel mentionné par les autorités, ces 1 500 BTC représentent plus de 92 millions de dollars, soit environ 83 millions d’euros, issus d’un trafic et d’une culture de cannabis patiemment convertis en cryptomonnaies. Ces fonds proviennent d’une cache initiale de 6 000 BTC répartis sur 12 portefeuilles Bitcoin, que le CAB a identifiés comme produits du crime.
Pour cette troisième récupération réussie, l’agence irlandaise a de nouveau travaillé avec le European Cybercrime Centre (EC3) d’Europol. Les enquêteurs expliquent que l’organisme européen leur a fourni une expertise en analyse de blockchain et des capacités de déchiffrement indispensables pour accéder aux fonds. En toile de fond, le parcours de Clifton Collins reste central : il aurait acquis ses 6 000 BTC entre fin 2011 et début 2012, à une époque où le Bitcoin ne valait que quelques dollars, transformant avec la flambée du cours ce stock illicite en l’un des plus grands trésors crypto jamais saisis en Irlande. Les 4 500 BTC encore inaccessibles pèseraient plus de 275 millions de dollars, soit près de 250 millions d’euros, une somme qui demeure pour l’instant purement virtuelle pour l’État.
Europol, wallets dormants et 4 500 BTC encore hors de portée
La récupération annoncée aujourd’hui s’inscrit dans une séquence plus large : une première tranche de 500 BTC a été saisie en mars 2026, puis une deuxième en mai 2026, avant cette troisième opération début juillet 2026. À chaque fois, le CAB a agi en coopération étroite avec l’EC3 d’Europol, qui mentionne des réunions de travail à La Haye et un soutien technique spécifique en matière de déchiffrement et d’analyse de la blockchain. Ce rythme, désormais régulier, montre que les enquêteurs ont mis en place une méthode structurée pour sécuriser les avoirs criminels, même lorsque l’accès aux portefeuilles semblait perdu de longue date.
| Date | Montant saisi (BTC) | Cumul récupéré (BTC) | Valeur estimée mentionnée |
|---|---|---|---|
| Mars 2026 | 500 BTC | 500 BTC | ND |
| Mai 2026 | 500 BTC | 1 000 BTC | ND |
| Juillet 2026 | 500 BTC | 1 500 BTC | >92 M$ (≈83 M€) |
Malgré ces avancées, environ 4 500 BTC resteraient stockés dans neuf wallets encore inaccessibles, selon les données on-chain compilées par la plateforme Arkham Intelligence. Trois des douze portefeuilles d’origine seraient désormais sous le contrôle des autorités, tandis que les neuf autres n’ont montré aucun mouvement depuis des années. Les observateurs évoquent plusieurs scénarios, allant d’une récupération totale à une perte définitive des clés, en passant par une issue partielle si seuls certains accès étaient retrouvés. La blockchain offre ici une transparence paradoxale : le solde de ces adresses est visible par tous, mais sans les clés privées, ces bitcoins demeurent enfermés, et chaque tentative ou reprise d’activité sur ces wallets serait interprétée comme un nouveau tournant dans cette saga crypto policière.
En bref
- Depuis la condamnation de Clifton Collins en 2017, le Criminal Assets Bureau irlandais traque 6 000 BTC issus de son trafic de cannabis, répartis sur 12 portefeuilles liés à une maison du comté de Galway.
- Une troisième saisie de 500 BTC en juillet 2026, réalisée avec l’appui technique d’Europol et de son centre EC3, porte le total récupéré à 1 500 BTC tandis qu’environ 4 500 BTC restent hors d’atteinte.
- Entre réunions à La Haye, wallets dormants et clés privées supposées perdues, les autorités avancent par étapes, laissant planer le doute sur le sort final des 4 500 BTC encore gelés.






