Coupe du monde aux États-Unis : pourquoi les touristes français (-15%) et allemands (-20%) préfèrent finalement l'Europe

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

En juin 2026, les États-Unis enregistrent un recul de 1,8 % de visiteurs internationaux « overseas » alors même que la Coupe du monde bat son plein. Derrière ce paradoxe, les Européens, surtout Français et Allemands, privilégient désormais un Vieux Continent en plein boom touristique.

Coupe du monde aux États-Unis : pourquoi les touristes français (-15%) et allemands (-20%) préfèrent finalement l’Europe

Les stades américains se remplissent pour la Coupe du monde de football, mais les halls d’arrivée ne connaissent pas le même emballement. En plein mois de juin, le tourisme international aux États-Unis, hors Canada et Mexique, recule encore alors que l’événement planétaire aurait pu servir de tremplin. Les Européens, et en particulier les Français et les Allemands, semblent moins enclins à traverser l’Atlantique.

Selon le National Travel and Tourism Office (NTTO), les arrivées de visiteurs internationaux « overseas » ont diminué de 1,8% en juin sur un an, pour s’établir à 2,8 millions de personnes. Dans le même temps, certains pays européens enregistrent des hausses spectaculaires de fréquentation, laissant penser qu’un jeu de vases communicants est à l’œuvre entre les deux rives de l’Atlantique.

Tourisme international aux États-Unis : un mois de juin en recul malgré la Coupe du monde

Les chiffres publiés par le NTTO montrent une baisse continue des arrivées « overseas » aux États-Unis depuis le début de l’année, à l’exception de février et mars qui ont connu une légère progression. En juin, les visiteurs européens se font plus rares : les arrivées de Français chutent de 15%, celles d’Allemands de 20%, et les Espagnols reculent de 5% sur un an. Pour les professionnels du secteur, ce net repli européen intervient alors même que la Coupe du monde de football se déroule sur le sol américain, signe que l’effet vitrine du Mondial ne compense pas d’autres freins plus profonds.

Indicateur Zone Valeur récente Évolution
Arrivées « overseas » en juin États-Unis 2,8 millions (2026) -1,8% vs 2025
Visiteurs internationaux annuels États-Unis Données 2025 -5,5% vs 2024
Arrivées touristiques T2 Europe T2 2026 +5% vs T2 2025
Trafic passagers aériens Europe mai 2025 – avril 2026 +2,3%
Réservations de touristes japonais Europe Derniers 12 mois +12%

La trajectoire est clairement orientée à la baisse depuis le début de l’année, avec un mois d’avril particulièrement difficile à -14% sur un an. Sur l’ensemble de 2025, le nombre de visiteurs internationaux avait déjà diminué de 5,5% selon le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC). Les facteurs évoqués pour expliquer cette désaffection sont multiples : politique intérieure, droits de douane, coût élevé de la vie, hausse des frais de visa. Dans ce contexte, le puissant tourisme intérieur américain, renforcé par les flux en provenance du Canada et du Mexique, joue un rôle d’amortisseur sans pour autant effacer le trou d’air côté visiteurs « overseas ».

Quand l’Europe capte la croissance touristique laissée par les États-Unis

Pendant que les États-Unis voient leurs arrivées internationales stagner ou reculer, l’Europe affiche des couleurs bien plus vives. Selon la European Travel Commission (ETC), le nombre de visiteurs internationaux sur le Vieux Continent a progressé de 5% au deuxième trimestre par rapport à la même période de 2025, et ce malgré « une confiance des consommateurs affaiblie, des pressions croissantes sur le pouvoir d’achat et des perturbations liées au conflit au Moyen-Orient », selon la European Travel Commission, citée par BFMTV. Les destinations méditerranéennes tirent particulièrement leur épingle du jeu : la Grèce bondit de 38,3%, l’Italie de 21,1% et Malte de 16% en termes de visiteurs internationaux.

Dans son analyse, Miguel Sanz, président de l’ETC, souligne que « L’accessibilité financière, la sécurité, la proximité et le rapport qualité-prix prennent une importance croissante dans le choix des destinations. Pour les destinations européennes, la priorité sera de rester compétitives tout en favorisant une répartition plus équilibrée des flux de visiteurs entre les régions et les saisons ». Ce repositionnement européen intervient alors que, pour les États-Unis, le cocktail formé par la cherté de la vie, l’augmentation des frais de visa et le climat politique freine les envies de départ, en particulier chez les Européens. Entre un séjour plus proche, perçu comme mieux calibré en budget et en sécurité, et un grand voyage transatlantique plus coûteux et administrativement plus lourd, les flux de 2026 alimentent encore des interogations chez les professionnels sur la capacité des États-Unis à retrouver rapidement leur attractivité « overseas ».

En bref

  • En juin 2026, les données du NTTO font état de 2,8 millions d’arrivées « overseas » aux États-Unis, en baisse de 1,8 % sur un an alors que démarre la Coupe du monde de football.
  • Les marchés européens clés se contractent, avec notamment -15 % de Français et -20 % d’Allemands vers les USA, tandis que l’Europe affiche au même moment une hausse de 5 % des arrivées internationales.
  • Entre hausse des coûts, climat politique américain et recherche de meilleur rapport qualité-prix, les voyageurs européens réorientent leurs séjours vers des destinations comme la Grèce, l’Italie ou Malte.
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