Micromania sauvé par une alliance franco-québécoise : voici le plan pour survivre à la fin des jeux sur disque

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

Après dix-huit mois d’incertitude, Micromania-Zing passe aux mains d’un consortium franco-québécois décidé à prendre la relève de GameStop en France. Entre emplois préservés et magasins repensés, ce rachat pourrait bousculer les habitudes des joueurs sans tout révéler encore.

Micromania sauvé par une alliance franco-québécoise : voici le plan pour survivre à la fin des jeux sur disque

Longtemps, l’avenir de Micromania-Zing a paru suspendu à un fil. Depuis février 2025, date à laquelle GameStop a annoncé vouloir céder sa filiale française, les joueurs voyaient planer le doute sur le destin de leur enseigne historique de jeux vidéo, née en 1983 et devenue le passage obligé de générations de fans. Le tout alors que le marché bascule vers le téléchargement et que Sony prévoit d’arrêter les jeux sur disque PlayStation à partir de janvier 2028.

Un an et demi après le lancement officiel du processus de vente, la réponse est tombée. Micromania-Zing passe sous le contrôle d’un consortium franco-québécois mené par l’entrepreneur canadien Stephan Tétrault, aux côtés de Jean-François Chenail et du couple Sandra et Stephen Callahan. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé, mais GameStop tourne la page de son aventure française, entamée en 2008 avec le rachat de Micromania pour environ 700 millions de dollars, soit un niveau équivalent en euros. Reste à voir comment cette nouvelle alliance Québec France entend écrire ce nouveau chapitre.

Une alliance Québec France pour reprendre Micromania-Zing

Le nouveau tour de table est présenté comme une histoire de francophonie partagée. « Cette acquisition traduit la volonté d’entrepreneurs francophones profondément attachés à la relation historique qui unit le Québec et la France de contribuer à l’avenir d’une enseigne qui fait partie du paysage culturel et commercial française depuis plus de 40 ans », écrit l’entreprise dans un communiqué. Aux côtés de Stephan Tétrault, figure centrale de l’opération, on retrouve l’investisseur Jean-François Chenail ainsi que Sandra Callahan et Stephen Callahan, issus du monde du jouet et des produits dérivés selon les sources sectorielles. Le capital de Micromania-Zing reste en partie aux mains d’actionnaires français, point mis en avant pour rassurer les pouvoirs publics.

Stephan Tétrault est déjà bien connu des joueurs nord-américains. Cet entrepreneur a repris les magasins GameStop dans son pays d’origine pour les renommer EB Games Canada, et détient, via plusieurs sociétés, des licences importantes pour concevoir des produits dérivés ; il est aussi co-détenteur de McFarlane Toys. « C’est un immense privilège d’écrire le prochain chapitre de l’histoire de Micromania. Nous arrivons avec énormément de respect pour les équipes qui ont bâti cette enseigne », a déclaré Stephan Tétrault, cité par BFMTV. « Ensemble, avec nos collaborateurs, nos partenaires et nos clients, nous voulons faire de Micromania la plus belle communauté gaming et pop culture en France. » Sa collaboration avec Micromania-Zing avait d’ailleurs débuté autour de l’offre de produits dérivés « Zing », et il avait déjà présenté le rachat de GameStop Canada comme une façon de redonner de la souveraineté à un pays en conflit avec Donald Trump et l’administration américaine.

Pourquoi ce rachat change la trajectoire de Micromania-Zing : dates et promesses clés

À court terme, les nouveaux actionnaires misent sur la continuité. Avec ce rachat, Micromania-Zing va pouvoir poursuivre ses activités sans licenciement, conformément à la promesse faite lors de la mise en vente. Si certains points de vente ont fermé ces dernières années, le réseau reste dense avec plus de 300 magasins en France métropolitaine, ainsi qu’un site internet largement modernisé. Pour les clients, l’enseigne indique que les précommandes, les offres en cours et le programme de fidélité continuent de fonctionner comme avant, sans interruption annoncée.

Cette opération intervient dans un context difficile pour les enseignes physiques, bousculées par la montée du numérique et par l’annonce de Sony de stopper la production de jeux au format disque dès janvier 2028. Leader du marché physique du jeu vidéo en France, Micromania a vu sa part de marché progresser au fil des années en rachetant la franchise Dock Games et une partie des magasins Game, avant de se diversifier avec le concept « Zing » consacré aux figurines, cartes à collectionner, posters ou t-shirts. La feuille de route des nouveaux propriétaires évoque « huit piliers », parmi lesquels une expérience en magasin « réinventée », l’objectif de « renforcer la culture d’entreprise et la formation des équipes » et la création d’une division événements « pour développer des animations fortes dans les magasins » et « créer nos propres événements ». Un premier test grandeur nature est déjà annoncé avec l’ouverture d’un magasin phare prévu en octobre 2026, présenté comme vitrine du nouveau Micromania-Zing.

Date Événement Acteur Impact pour Micromania-Zing À surveiller
1983 Création de Micromania Albert Loridan Naissance de l’enseigne de jeux vidéo Montée en puissance en France
2008 Rachat de Micromania GameStop Entrée dans le giron américain Intégration au réseau GameStop
Février 2025 Annonce de la mise en vente GameStop Recherche d’un repreneur pour la filiale Période d’incertitude prolongée
16 juillet 2026 Rachat officialisé Consortium franco-québécois Sortie du giron GameStop, emplois préservés Déploiement des « huit piliers »
Octobre 2026 Ouverture d’un magasin phare Micromania-Zing Vitrine de la nouvelle expérience en magasin Adaptation du concept aux autres boutiques
Janvier 2028 Arrêt des jeux sur disque PlayStation Sony Baisse annoncée du marché physique Accent accru sur produits dérivés et TCG

En bref

  • Depuis février 2025, la mise en vente de Micromania-Zing par GameStop faisait planer le doute sur l’avenir de plus de 300 magasins en France.
  • Le 16 juillet 2026, un consortium franco-québécois mené par Stephan Tétrault reprend l’enseigne et promet une relance axée sur produits dérivés et événements.
  • Entre flagship annoncé pour octobre 2026, maintien des services et virage du marché vers le tout numérique d’ici 2028, l’équilibre du champion du jeu vidéo physique reste à écrire.
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