Trahison à Pyongyang : des hackers d'État siphonnent les fonds des banques du régime pour les convertir en cryptomonnaies

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

Le 12 juillet 2026, à Pyongyang, des agents nord-coréens auraient arrêté un réseau de hackers issus de l’appareil d’État, accusés d’avoir visé deux banques publiques via la crypto. Que révèle ce retour de flamme au cœur du système financier du régime ?

Trahison à Pyongyang : des hackers d’État siphonnent les fonds des banques du régime pour les convertir en cryptomonnaies

Le 12 juillet 2026, dans un quartier discret de Pyongyang, des agents de la sécurité nord-coréenne auraient fait irruption dans une planque où opérait un réseau de hackers issus de l’appareil d’État. Ces anciens opérateurs cyber et spécialistes informatiques sont accusés d’avoir piraté deux banques publiques du pays et d’avoir détourné des fonds officiels avant de les convertir en cryptomonnaies.

L’affaire a été révélée fin juillet par un média spécialisé basé à Séoul, qui s’appuie sur un réseau de sources à l’intérieur de la Corée du Nord, dans un environnement où l’information reste étroitement contrôlée. Malgré l’impossibilité de vérifier ces éléments de manière indépendante, le scénario décrit résonne avec les précédents connus des opérations financières clandestines du régime, tout en brisant un tabou : cette fois, la cible serait le propre État nord-coréen, un basculement qui laisse planer de nouvelles questions.

Arrestation de hackers d’État accusés d’avoir visé deux banques publiques

Selon les récits qui circulent, le groupe aurait infiltré les réseaux internes de la banque centrale nord-coréenne, la Chosun Central Bank, ainsi que ceux de la Foreign Trade Bank, institution clé pour les paiements en devises et le commerce extérieur. Les pirates auraient détourné des fonds libellés en dollars américains, puis les auraient envoyés vers des portefeuilles numériques contrôlés hors du pays. Les premières anomalies auraient été repérées lors de validations de paiements en devises, où des divergences de montants et des connexions en provenance de l’étranger ont déclenché une enquète interne.

Depuis une dizaine d’années, les experts en cybersécurité observent une transformation progressive du rôle des groupes de hackers nord-coréens. Un rapport du Financial Security Institute, cité par Le Monde Informatique, résumait déjà cette évolution en expliquant : « Auparavant, la plupart de ce type d’attaques apparaissaient destinées à causer des perturbations sociales ou sur des données secrètes, et les cibles étaient généralement les réseaux informatiques d’agences gouvernementales ou de sociétés de médias dans des pays considérés comme hostiles ». Le même document ajoutait : « Ce type d’attaques se produit toujours, mais au cours des dernières années, les pirates nord-coréens semblent s’intéresser davantage à voler de l’argent. » Dans ce paysage, des sous-groupes spécialisés comme Bluenoroff et Andariel se sont structurés autour de cibles financières. « Bluenoroff et Andariel partagent leur racine commune », précisait ce rapport. « Si Bluenoroff a attaqué des entreprises financières à travers le monde, Andariel se concentre sur les entreprises et les agences gouvernementales en Corée du Sud en utilisant des méthodes adaptées au pays ».

Un blanchiment des fonds par crypto via des courtiers chinois

Dans le cas des deux banques d’État nord-coréennes, le scénario décrit par les sources suit un schéma bien rodé : une fois les fonds soustraits des comptes internes, l’argent serait rapidement converti en actifs numériques et dispatché sur une série de wallets, parfois créés à la volée. Les montants auraient été fractionnés en petites tranches pour réduire les risques de détection, puis dirigés vers des courtiers de gré à gré basés en Chine, opérant souvent dans des villes frontalières comme Sinuiju ou Hyesan. La chaîne opérationnelle peut se résumer en quelques étapes clés :

Étape Action Objectif Lieu / relais
Intrusion Compromission des réseaux internes des deux banques Accès discret à des comptes et aux systèmes Sièges des banques d’État à Pyongyang
Détournement Transferts internes de fonds en dollars détournés Concentrer des montants exploitables par le groupe Comptes en devises des banques nationales
Conversion crypto Envoi des sommes vers plusieurs wallets crypto Sortir du circuit bancaire contrôlé par l’État Plateformes et services crypto hors de Corée
Fractionnement Fractionnement en nombreux micro-transferts successifs Rendre la traçabilité et les alertes plus difficiles Réseaux blockchain utilisés par les intermédiaires
Courtiers Vente des cryptos à des courtiers OTC chinois Convertir en cash dollars ou yuans rapidement Marchés gris en Chine, zones frontalières
Détection Constat d’anomalies et remontée d’adresses étrangères Ouvrir une enquête interne et démanteler le réseau Services de sécurité financière à Pyongyang

Cette affaire s’inscrit dans un palmarès déjà lourd pour la Corée du Nord, régulièrement pointée comme l’un des principaux acteurs des braquages numériques mondiaux. Des groupes affiliés, parfois regroupés sous le nom de Lazarus, ont été accusés d’avoir dérobé 620 millions de dollars – environ 570 millions d’euros – sur le bridge Ronin en 2022, puis 1,5 milliard de dollars, soit près de 1,4 milliard d’euros, sur une grande plateforme d’échange en 2025. Le Département du Trésor américain estime que ces cyberopérations rapportent chaque année entre 1 et 2 milliards de dollars, soit autour de 0,9 à 1,8 milliard d’euros, et des analyses comme celles de Chainalysis attribuaient déjà 76 % des vols de crypto-actifs mondiaux à des acteurs liés à Pyongyang en 2026, laissant planer le doute sur la manière dont le régime gère désormais ses propres experts du piratage.

En bref

  • Le 12 juillet 2026, à Pyongyang, un réseau de hackers issus de l’appareil d’État aurait été arrêté après le piratage présumé de la Chosun Central Bank et de la Foreign Trade Bank.
  • Les enquêteurs nord-coréens soupçonnent ces ex-opérateurs cyber d’avoir détourné des fonds en devises, convertis en cryptomonnaies puis blanchis via des courtiers OTC basés en Chine, notamment à Sinuiju et Hyesan.
  • Cette attaque interne rarissime soulève des doutes sur le contrôle du régime sur ses propres élites cyber et sur les failles persistantes de la lutte internationale contre le blanchiment crypto.
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