Votre Ledger cache une antenne espion ? Cette méthode simple permet de le vérifier sans jamais l'ouvrir

Des Ledger authentiques équipés d’implants 4G capables de voler la phrase de récupération affolent la communauté crypto. L’ex-patron de Mt. Gox Mark Karpelès teste un détecteur low cost pour traquer les wallets piégés sans les ouvrir.
Voir son portefeuille physique présenté comme un coffre-fort et découvrir qu’il peut embarquer un espion : pour de nombreux détenteurs de cryptomonnaies, la série d’alertes autour des appareils Ledger a eu l’effet d’une douche froide. Depuis début octobre, plusieurs portefeuilles physiques considérés comme authentiques ont été retrouvés avec des implants capables de capturer la phrase de récupération de leurs propriétaires puis de l’envoyer à distance via une connexion mobile 4G.
Une question obsède donc les utilisateurs : comment savoir si son wallet est piégé sans l’ouvrir ni l’endommager ? C’est précisément sur ce point que travaille Mark Karpelès, l’ancien dirigeant de Mt. Gox, qui affirme avoir conçu un prototype de détecteur Ledger piégé capable d’identifier la présence d’une antenne dissimulée dans l’appareil. Dans une vidéo publiée sur X, il montre une démonstration avec deux Ledger Nano X et un ensemble de mesure à environ 200 dollars, soit un peu moins de 200 €. Le dispositif reste au stade expérimental, mais il esquisse déjà un nouveau réflexe de sécurité pour les détenteurs de wallets physiques.
Un détecteur pour repérer une antenne cachée dans un Ledger
Au cœur de ce projet, on trouve un NanoVNA, un petit analyseur de réseau vectoriel qui envoie des ondes radio et observe la manière dont elles sont renvoyées par l’objet testé. Branché à une sonde, l’appareil permet de “scanner” l’enveloppe du portefeuille et de repérer la signature de résonance d’une éventuelle antenne 4G logée à l’intérieur. Lors de sa démo, Mark Karpelès compare deux Ledger Nano X : sur le premier, la courbe ne montre rien de particulier, tandis que sur le second un pic très net apparaît autour de 824 MHz, une fréquence utilisée par certains réseaux mobiles.
Pour prouver que la différence vient bien d’un composant supplémentaire, il ouvre ensuite les deux appareils. Le premier ne contient aucun élément suspect ; le second renferme une antenne ajoutée par ses soins, sans implant espion complet. Cette approche répond à un problème né dès le 10 octobre, lorsque Mark Karpelès a annoncé avoir découvert un implant équipé d’une carte SIM dans un Ledger Nano X neuf. Depuis, d’autres modèles suspects, dont des Ledger Flex, ont été signalés, et démonter un modèle à écran tactile comme les Ledger Stax ou Flex reste risqué pour l’utilisateur lambda. Dans un précédent avertissement, « Personne n’est à l’abri », a prévenu Mark Karpelès, cité par Cryptoast.
Peser ou démonter son Ledger : ce que change le détecteur de Mark Karpelès
Face aux premiers cas d’implants, certains utilisateurs ont tenté une méthode artisanale : peser leur appareil à la recherche de quelques grammes surnuméraires. Le problème, souligne Mark Karpelès, est qu’il peut exister jusqu’à 2 grammes d’écart entre deux Ledger authentiques sortis d’usine, alors que certains implants ne pèsent qu’environ 1,1 gramme. Une balance de cuisine ne suffit donc pas à trancher. D’où l’idée d’un détecteur dédié, conçu pour accueillir directement des Ledger Nano X, Stax et Flex et relié à un NanoVNA, dont il compte publier gratuitement les plans de circuit imprimé et les caractéristiques techniques, afin que chacun puisse fabriquer son propre outil.
| Méthode | Ce que ça peut montrer | Indice cité | Coût indicatif | Limites / remarques |
|---|---|---|---|---|
| Scan RF avec NanoVNA | Présence possible d’antenne cachée | Pic autour de 824 MHz | Environ 200 $ d’équipement | Ne vise que certains types d’antennes |
| Pesée de l’appareil | Ajout massif de poids éventuel | Jusqu’à 2 g d’écart naturel | Balance domestique classique | Peut rater un implant de 1,1 g |
| Démontage du wallet | Inspection visuelle interne | Pas de chiffre communiqué | Outils de bricolage simple | Risque pour Stax et Flex (écran) |
Mark Karpelès insiste sur le fait que son dispositif en est encore au stade de prototype et qu’il aura besoin de plusieurs semaines de tests supplémentaires. Dans un premier temps, le détecteur ne devrait reconnaître que certains types d’antennes espions, sans garantir la détection de toutes les modifications matérielles possibles : une absence de signal suspect ne suffira donc pas à certifier qu’un appareil est sain, tandis qu’un pic inhabituel restera un indice fort, mais pas une preuve irréfutable. Pour affiner ses mesures, il recherche des Ledger Stax réellement compromis afin de confronter son outil à de vrais cas d’implants.
Au-delà des seuls produits Ledger, l’ingénieur souhaite adapter sa technologie à d’autres marques de portefeuilles physiques, il vise notament Trezor et OneKey. L’idée est que la publication de plans libres d’accès permette à des boutiques spécialisées, à des associations d’utilisateurs ou à des particuliers expérimentés de construire leur propre banc de test, puis de mutualiser les retours. Un mouvement qui pourrait, à terme, pousser l’ensemble de l’écosystème des wallets matériels à intégrer davantage la question de la détection d’implants dans leurs procédures de contrôle et leurs communications auprès du public.
En bref
- À l’automne 2026, après la mise au jour d’implants 4G dans des Ledger authentiques et la confirmation d’un cas par Ledger, Mark Karpelès se penche sur une méthode de vérification sans ouverture.
- En s’appuyant sur un NanoVNA et un support dédié, son détecteur vise à repérer la signature d’une antenne LTE autour de 824 MHz dans des Ledger Nano X, Stax ou Flex pour un coût d’environ 200 dollars.
- Encore expérimental, l’outil ne cible que certains types d’antennes mais ses plans promis en accès libre pourraient redessiner les pratiques de contrôle des wallets matériels, de Ledger à Trezor et OneKey.






