"Je suis désolé de le dire": le patron de Doctolib défend la taxation des riches pour "plus de justice sociale"

Par Paul Graph - Mis à jour le

Le fondateur de Doctolib, Stanislas Niox-Chateau, propose une taxation accrue des riches pour plus de justice sociale. Un débat qui agite l'Assemblée nationale.

« Je suis désolé de le dire »: le patron de Doctolib défend la taxation des riches pour « plus de justice sociale »

Dans l’Hémicycle, la discussion budgétaire s’enflamme autour d’un impôt sur les hauts patrimoines, avec la taxe Zucman sur la table. En bref, un impôt minimum de 2 % à partir de 100 millions d’euros, face à une autre voie défendue par le Parti socialiste qui parle de 3 % dès 10 millions d’euros, en excluant les entreprises innovantes et familiales. L’examen est annoncé à l’Assemblée nationale. Le débat s’annonce vif.

Au même moment, un patron emblématique de la tech française sort du bois. Le cofondateur du géant du rendez-vous médical en ligne Doctolib, Stanislas Niox-Chateau, estime qu’une contribution accrue des plus fortunés est nécessaire au nom de la justice sociale. « Il faut de la justice sociale », a-t-il argumenté sur France Inter ce mardi 28 octobre, cité par BFMTV. Le dirigeant ne s’est pas dit effrayé par les projets de taxation des plus riches. Il a pris la parole dans un moment où le débat sur l’égalité, l’investissement et la souveraineté agite l’écosystème tech. Pour lui, le sujet n’oppose pas forcément innovation et fiscalité. Un signal fort.

Taxer les riches : la ligne de Stanislas Niox-Chateau

Sur les ondes, l’entrepreneur n’a pas tourné autour du pot. « Je suis désolé de le dire, et peut-être à contre-courant, mais je pense que ça ne sert à rien à des gens d’avoir autant d’argent pour vivre », a-t-il ajouté. Il regrette aussi que la philanthropie soit « largement sous-développée en France ». Un mot d’ordre simple, mais assumé.

Une ligne rouge est posée. Il « ne faut pas déposséder les entrepreneurs, les familles françaises de leur entreprise (…) quelle que soit la taille de ces entreprises », a estimé l’intéressé. Il défend aussi une vision de souveraineté : « La souveraineté française, elle est là, elle est que des familles, des entrepreneurs comme moi, partent de rien et créent des technologies et des IA qui peuvent concurrencer les Américains et les Asiatiques, avec une éthique qui est différente ». Il ne pense pas que des mesures comme la taxe Zucman anéantiraient les efforts français en IA, contrairement aux craintes exprimées par le milliardaire Daniel Kretinsky.

Taxe Zucman, débat à l’Assemblée et chiffres de Doctolib

Concrètement, la proposition portée par l’économiste Gabriel Zucman s’annonce très débattue. Elle concentre les critiques à droite et parmi les macronistes, qui contestent l’idée d’un plancher de contribution pour les grandes fortunes. Les socialistes ont, de leur côté, déposé un amendement concurrent en ciblant des seuils et un périmètre différents, avec une exclusion annoncée des entreprises innovantes et familiales. Le tout s’inscrit dans l’examen du budget 2026, actuellement discuté à l’Assemblée nationale, avec des arbitrages attendus en fin de semaine. Reste à voir quelle mouture émergera du compromis parlementaire.

Dans ce contexte, Doctolib emploie environ 3 000 salariés et affiche une valorisation de 6,4 milliards d’euros. L’entreprise figure parmi les licornes françaises. Selon Challenges, le patrimoine cumulé des trois cofondateurs Stanislas Niox-Chateau, Ivan Schneider et Jessy Bernal est estimé à 1,2 milliard d’euros, ce qui les classe au 111e rang des plus grandes fortunes françaises. Ces ordres de grandeur replacent sa prise de position dans une réalité patrimoniale scrutée. Le débat se jouera à l’Hémicycle.