L'arrêt du penny aux États-Unis : 56 M$ d'économies et l'essor des cryptomonnaies comme relais stratégique ?

Par Paul Graph - Publié le

Le 12 novembre 2025, l'U.S. Mint a frappé son dernier penny, marquant la fin d'une ère. Cette décision, visant à économiser 56 millions de dollars par an, soulève des questions sur l'avenir des paiements numériques et des cryptomonnaies.

L’arrêt du penny aux États-Unis : 56 M$ d’économies et l’essor des cryptomonnaies comme relais stratégique ?

Aux États-Unis, une icône de cuivre tire sa révérence. Après plus de deux siècles à arrondir les prix et alourdir les poches, la pièce de 1 cent ne sort plus des presses de l’U.S. Mint. Symbole d’un autre âge monétaire, le penny s’éteint alors que le pays paie de moins en moins en espèces et que le débat bascule vers le tout numérique.

Le geste est présenté comme une mesure d’économie publique. Produire un penny coûtait près de quatre fois sa valeur nominale, et l’arrêt doit faire économiser 56 millions de dollars par an, soit environ 52 M€ aux contribuables. « Que Dieu bénisse l’Amérique, et nous allons économiser 56 millions de dollars aux contribuables », a déclaré Brandon Beach au moment de frapper le dernier spécimen, selon Journal du Coin. Une petite pièce, un grand signal. Et déjà, des répercussions bien réelles.

Arrêt du penny : 56 M$ d’économies… et quelles retombées économiques ?

Introduit en 1793, le penny ne suivait plus l’époque. Dans un monde où la circulation d’espèces recule et où l’inflation grignote la valeur des petites unités, l’US Mint frappait une pièce dont le coût de production avait dépassé de 400 % sa valeur nominale. Les pièces déjà en circulation restent monnaie légale, mais l’industrie bascule, elle, vers des formats de prix et de paiement plus simples.

Sur le terrain, commerçants et consommateurs s’adaptent. Les collectionneurs y voient un morceau d’histoire qui s’échappe, quand les enseignes de proximité ajustent l’affichage et le rendu de monnaie. Jeff Lenard, de la National Association of Convenience Stores, a reconnu que la bascule, attendue de longue date par une partie du retail, s’est faite d’une manière jugée peu idéale par les pros. Au fond, cette disparition s’inscrit dans un mouvement déjà bien engagé :

  • le cash est moins utilisé au quotidien,
  • l’inflation renchérit les petites pièces,
  • les paiements numériques gagnent du terrain.

Bitcoin et cryptomonnaies : le relais stratégique après la fin du penny ?

La décision intervient alors que la Maison-Blanche affiche une ligne pro crypto. « Nous faisons des États-Unis la superpuissance du Bitcoin, la capitale mondiale des cryptomonnaies. » Dans la foulée, Donald Trump martèle avoir tourné la page de la période dite de guerre anti-crypto : « J’ai également signé des décrets historiques pour mettre fin à la guerre du gouvernement fédéral contre les cryptomonnaies. » Avertissement géopolitique à la clé : « Si nous ne traitons pas correctement la cryptomonnaie, la Chine le fera ». Le message est clair : accélérer l’écosystème et alléger la pression sur le dollar via de nouveaux usages.

Côté actifs, le Bitcoin avance un argument que le penny avait perdu : la rareté. Son offre est mathématiquement plafonnée à 21 millions d’unités, ce qui attire une partie des épargnants et des entreprises à la recherche d’une réserve numérique. Sur le terrain corporate, American Bitcoin, société soutenue par Eric Trump et Donald Trump Jr., a vu son chiffre d’affaires trimestriel plus que doubler à 64,2 millions de dollars (environ 60 M€) et revendique 4 004 BTC détenus, valorisés autour de 400 millions de dollars (environ 372 M€). « Alors que d’autres payaient au comptant, nous avons généré des bitcoins en dessous du marché grâce à des opérations minières évolutives et légères. Nous avons également procédé à des achats disciplinés sur le marché », a déclaré Eric Trump. La société affiche un bénéfice net de 3,5 millions de dollars (environ 3,3 M€), même si des experts en éthique soulèvent des inquiétudes sur d’éventuels conflits d’intérêts. Les pennies disparaissent, mais le débat monétaire, lui, s’élargit. Et les commerçants ont du s’ajuster.