Congé de naissance 2027 : 2 mois payés jusqu'à 70 % du salaire, mais ce changement sur les allocations familiales va surprendre les parents

Par Paul Graph - Publié le

À partir de 2027, un nouveau congé de naissance de deux mois par parent, validé par le Sénat, va rebattre les cartes entre travail et vie de famille. Qui y aura droit, comment sera-t-il payé et que changent les débats sur les allocations ?

Congé de naissance 2027 : 2 mois payés jusqu’à 70 % du salaire, mais ce changement sur les allocations familiales va surprendre les parents

Les futurs parents qui visent une naissance à partir de 2027 vont devoir intégrer un nouvel acteur dans leur équation travail–famille : un congé dédié, tout juste validé par le Sénat. En approuvant la création d’un nouveau congé de naissance 2027, les sénateurs ouvrent la voie à plusieurs semaines supplémentaires auprès du bébé, avec à la clé des employeurs et des salariés déjà très interressés par ce changement.

Cette mesure s’inscrit dans le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026, dans la continuité de l’annonce faite en janvier 2024 par Emmanuel Macron en vue d’un « réarmement démographique » face à la baisse de la natalité. « De multiples facteurs » expliquent cette baisse de la natalité en France, selon la ministre déléguée chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé, dont « la question de la capacité à donner plus de liberté, plus de droits et plus de choix aux deux parents », a-t-elle expliqué, citée par BFMTV. Pour les foyers, tout l’enjeu sera de comprendre ce qui change vraiment à partir de 2027.

Nouveau congé de naissance 2027 : ce qui a été voté par le Sénat

Le Sénat a adopté ce lundi 24 novembre une mesure présentée comme l’une des pièces maîtresses du futur PLFSS 2026 : la création d’un congé de naissance de deux mois supplémentaires par parent. Prévu pour entrer en vigueur au 1er janvier 2027, ce nouveau droit doit s’appliquer aux enfants nés ou adoptés à compter de cette date et vient prolonger la présence des parents auprès de leur bébé dès les premières semaines, en complément des congés maternité et paternité déjà existants.

En pratique, chaque parent disposera de deux mois de congé, à poser après l’arrivée de l’enfant. Selon le texte adopté par les sénateurs, les parents pourront le prendre ensemble ou séparément, mais il ne sera pas fractionnable. Ce congé de naissance ne remplace pas le congé parental, qui reste possible jusqu’aux trois ans de l’enfant avec une allocation d’environ 400 euros par mois, d’après les textes existants. En amont, l’Assemblée nationale avait largement approuvé le 12 novembre la création de ce « congé supplémentaire de naissance », avec 288 voix pour et 15 contre, et fixé une durée d’un ou deux mois, au choix du salarié, qui pourrait être « fractionné » en deux parties d’un mois après l’adoption d’amendements transpartisans. Ces amendements prévoient également qu' »au moins un mois » du congé ne soit pas pris simultanément par les deux parents, avec notamment l’ambition d’une meilleure répartition des tâches, pour que le père ou l’autre passe du temps seul avec l’enfant, et que la mère récupère du temps dont elle peut disposer. Le texte initial prévoyait une entrée en vigueur pour les enfants nés ou adoptés à partir de juillet 2027, mais un amendement défendu par Sarah Legrain (LFI) est venu avancer la date au 1er janvier 2026.

Indemnisation, allocations familiales : combien et qui paiera le nouveau congé

Reste une question très concrète pour les familles : le niveau de rémunération de ce congé. Le montant de l’indemnisation doit être déterminé par décret, le gouvernement ayant indiqué qu’il serait indemnisé à hauteur de 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second. Ce « congé de naissance supplémentaire » de deux mois par parent, rémunéré à 70% du salaire net le premier mois et 60% le deuxième mois, est une mesure « autofinancée, dans le cadre du sérieux budgétaire qui a été proposé » dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, a indiqué la ministre de la Santé Stéphanie Rist, citée par BFMTV. Selon elle, le décalage de la majoration des allocations familiales des 14 ans aux 18 ans de l’enfant (toujours versées à partir du 2e enfant) « permet de financer le congé de naissance pour quatre mois, qui est, je voudrais le rappeler ici, bien rémunéré », ce qui « était l’engagement » du gouvernement. Ce décalage intervient « en raison d’études, notamment la Drees, mais pas que, qui montrent que le coût d’un enfant est vraiment sensiblement plus important quand il arrive à 18 ans plutôt qu’à 14 ans. Ce qui n’était pas vrai il y a des années » a encore justifié Stéphanie Rist, estimant que l’aide arrivera ainsi au moment où elle est « la plus efficace ». Selon le journal Le Parisien, ce report de 14 à 18 ans de la majoration permet à la branche famille d’économiser 200 millions d’euros.

Ce montage financier, fondé sur des économies réalisées sur les allocations familiales, fait toutefois débat au Parlement. Les sénateurs ont rejeté le report de 14 à 18 ans de l’âge à partir duquel les allocations sont majorées, alors que plusieurs députées avaient déjà jugé la réforme insuffisante sur le plan social. Pour l’écologiste Marie-Charlotte Garin, la mesure « ne répond ni à l’urgence sociale, ni à l’exigence d’égalité que réclame une vraie réforme du congé parental », a-t-elle taclé, citée par BFMTV. « J’ai un vrai problème avec le fait qu’on prenne de l’argent aux parents d’enfants grands pour financer un droit pour des parents d’enfants petits », a déclaré Marie-Charlotte Garin. De son côté, interrogée aussi sur la nouvelle taxe exceptionnelle sur les complémentaires santé destinée à contribuer au redressement des comptes, Stéphanie Rist souligne que ce budget de la Sécu propose « un effort partagé » entre tous les acteurs pour redresser les finances, notamment « les organismes complémentaires, les assurés, ou les laboratoires de l’industrie pharmaceutique ». « Je vais lancer une mission avec deux personnalités qualifiées dans les jours qui viennent concernant ces organismes complémentaires et le lien avec l’Assurance maladie, parce qu’il nous semble important de pouvoir travailler pour les années qui viennent à cette coordination Assurance maladie/organismes complémentaires, pour faire évoluer notre modèle de financement », a-t-elle ajouté.