JO d’hiver 2026 à Milan-Cortina : ces athlètes français en sports d’hiver, contraints aux cagnottes en ligne et aux jobs en usine pour espérer y participer

Par Paul Graph - Publié le

À quelques mois des JO d'hiver 2026, des athlètes français enchaînent entraînements, cagnottes et emplois en usine pour rester en course. Comment ce rêve olympique a-t-il pu devenir un combat pour payer chaque saison ?

JO d’hiver 2026 à Milan-Cortina : ces athlètes français en sports d’hiver, contraints aux cagnottes en ligne et aux jobs en usine pour espérer y participer

Les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina approchent, avec leur lot d’images de champions en combinaison, pistes impeccables et médailles espérées. Derrière cette vitrine, une autre réalité s’impose pourtant : celle d’athlètes français contraints de cumuler entrainements de haut niveau, cagnottes en ligne et jobs à l’usine pour avoir une chance d’y participer. Dès qu’on quitte les disciplines les plus médiatisées, le rêve olympique prend des allures de second emploi.

Atteindre le haut niveau en sports d’hiver demande des séances quotidiennes, du matériel très spécifique et des déplacements internationaux répétés. Une saison peut ainsi coûter de 10 000 à 30 000 euros, selon l’équipement et les voyages, une somme difficile à assumer sans aide extérieure. Aides familiales, petits boulots, contrats avec la douane ou l’armée, cagnotte en ligne : beaucoup bricolent pour tenir jusqu’aux JO d’hiver 2026 de Milan-Cortina, du 6 au 22 février. Pour certains athlètes français, préparer ces Jeux ressemble déjà à un marathon financier.

Financer une saison avant les JO 2026, un casse-tête pour les athlètes français

Près de 1 000 projets de cagnottes participatives sont aujourd’hui recensés pour aider des sportifs de haut niveau, toutes disciplines confondues, et les sports d’hiver y sont clairement surreprésentés. Le principe est simple : famille, amis mais aussi anonymes contribuent pour payer les skis, les planches, les déplacements en Coupe du monde ou les stages à l’étranger. Ces campagnes ne suffisent pourtant pas toujours à boucler un budget de saison, et restent, pour beaucoup d’athlètes, un coup de pouce ponctuel plutôt qu’une vraie sécurité.

Dans des disciplines comme le ski alpin ou le biathlon, la visibilité télévisée facilite l’arrivée de sponsors et le soutien des fédérations. En snowboard cross, la donne change. À 26 ans, le Français Loan Bozzolo résume cette difficulté : « C’est assez dur de trouver des personnes qui veulent nous financer, parce qu’on ne fait pas du ski alpin ou du biathlon. On ne fait pas partie des gros sports », confie-t-il à Ouest-France. Aujourd’hui davantage aidé par la station de Saint-Gervais-les-Bains et quelques partenaires, il reconnaît que « ça a été compliqué ». « Je n’ai pas encore un salaire de footballeur ! », plaisante-t-il.

Jobs, usines et cagnottes : quand les athlètes travaillent pour aller aux JO 2026

Pour combler les trous dans le budget, certains athlètes français cumulent les contrats et les horaires. Spécialiste du combiné nordique, Laurent Mühlethaler, 28 ans, explique qu’il doit travailler trois mois par an dans l’immobilier, « une passion » qu’il cultive depuis des années. D’autres obtiennent un poste au sein de la douane ou de l’armée, des statuts qui apportent un salaire régulier mais impliquent aussi des missions en parallèle de la carrière sportive. Quelques profils identifiés comme potentiellement médaillables bénéficient du Pacte de performance, autour de 23 000 euros par an, loin toutefois de couvrir toutes les dépenses d’une saison complète.

Dans le hockey sur glace féminin, l’équation se complique encore. Capitaine de l’équipe de France, Lore Baudrit a passé la saison dernière à travailler à temps plein en Allemagne, dans une usine Audi, « 40 heures par semaine », tout en continuant à s’entraîner et à jouer. La qualification des Bleues pour les JO 2026 lui a permis de passer à un temps partiel dans la communication et d’ouvrir une cagnotte sur « Soutiens ton sportif« , dispositif de mécénat participatif plafonné à 20 000 euros par athlète. Fin 2025, cette plateforme avait déjà permis de collecter un peu plus de 2 millions d’euros pour près de 1 000 sportifs, dont de nombreux spécialistes des sports de neige et de glace, encore obligés de travailler pour vivre leur rêve olympique.

En bref

  • À l’approche des JO d’hiver de Milan-Cortina 2026, plusieurs athlètes français de sports de neige et de glace cumulent entraînements, cagnottes en ligne et emplois salariés.
  • Entre saisons à 10 000–30 000 €, soutien inégal des fédérations et faible exposition médiatique, certains comme Lore Baudrit ou Laurent Mühlethaler doivent travailler en usine ou dans l’immobilier et lancer une cagnotte pour financer leur préparation.
  • Ces parcours révèlent un système de financement à plusieurs vitesses qui interroge sur l’égalité des chances et sur la manière dont le public peut réellement épauler ces espoirs olympiques.