Cryptomonnaies et JO 2026 : comment une montre de luxe a plongé le Comité olympique dans un scandale à 80 millions d’euros

Le 27 août 2026 à Varsovie, le président du Comité olympique polonais Radoslaw Piesiewicz est arrêté dans l’affaire Zondacrypto, entre primes crypto des JO de Milan-Cortina et pertes records. Jusqu’où ce scandale politico-financier peut-il ébranler l’olympisme polonais ?
Une montre de luxe, des voyages à Monaco, des primes en cryptomonnaie promises aux médaillés olympiques, et au bout de la chaîne un président de comité olympique placé en garde à vue. En Pologne, l’enquête visant la plateforme d’échange de crypto-actifs Zondacrypto a basculé dans une autre dimension le jeudi 27 août 2026, avec l’interpellation à Varsovie de Radoslaw Piesiewicz, patron du Comité olympique polonais (PKOL), soupçonné d’avoir monnayé des contrats de sponsoring sportif au profit de la société.
Au coeur du dossier, un contrat de sponsoring lié aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026 et l’effondrement spectaculaire de Zondacrypto, dont les clients dénoncent des pertes supérieures à 350 millions de zlotys, soit près de 96 millions de dollars (environ 80 millions d’euros). L’affaire déborde désormais le cadre du sport pour toucher la classe politique et la régulation des cryptomonnaies en Pologne, sur fond de soupçons de liens avec la droite nationaliste et la mafia. Et les ramifications continuent de s’allonger.
Arrestation de Radoslaw Piesiewicz : soupçons de corruption et charges politiques
Selon le parquet régional de Śląsk et le Bureau central de lutte contre la cybercriminalité, Radoslaw Piesiewicz aurait reçu une montre estimée à 180 000 zlotys, soit environ 40 000 euros, offerte par Przemyslaw Kral, dirigeant de Zondacrypto. Les enquêteurs évoquent aussi des voyages à Monaco, des billets de match et des séjours à l’hôtel pris en charge par la plateforme, en échange d’un sponsoring taillé sur mesure pour le PKOL et d’interventions supposées auprès de hauts responsables gouvernemantaux. L’intéressé dément avoir été corrompu et affirme avoir payé lui-même cette montre.
Le 27 août, la garde à vue du responsable olympique a été officialisée par le ministre de la Justice Waldemar Żurek : « Aujourd’hui, dans le cadre de l’enquête sur ZondaCrypto, Radosław P. a été placé en garde à vue. Le parquet communiquera de plus amples informations à l’issue de la procédure le concernant, menée par le département silésien du parquet national », a indiqué Waldemar Żurek, ministre de la Justice polonais, cité par Journal du Coin. Le ministre des Sports Jakub Rudnicki a réagi aussitôt sur X : « Radoslaw Piesiewicz a été arrêté. Une telle personne n’aurait jamais dû être président du Comité olympique polonais. Piesiewicz a discrédité l’olympisme polonais et exploité l’image des sportifs polonais », a-t-il écrit, cité par Le Parisien. Le ministre de l’Intérieur Marcin Kierwinski a pour sa part décrit le dirigeant comme un « symbole de la corruption extrême qui gangrène le mouvement olympique », a-t-il estimé sur X, cité par Le Parisien.
Zondacrypto, sponsoring olympique et scandale financier tentaculaire
Au coeur de la relation entre le Comité olympique polonais et Zondacrypto, un accord signé au nom du PKOL prévoyait que les athlètes polonais bien classés aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, disputés en février 2026, seraient récompensés en cryptomonnaie, avec des primes pouvant atteindre 60 000 euros pour une médaille d’or. Ces versements se sont révélés aléatoires et incomplets, selon les médias polonais, et la grande majorité des fédérations sportives du pays demandent depuis avril 2026 la démission de Radoslaw Piesiewicz en raison de ses contacts avec la plateforme.
| Date | Événement | Montant / chiffre | Impact direct | Source |
|---|---|---|---|---|
| Février 2026 | Primes crypto JO Milan-Cortina | Jusqu’à 60 000 € par or | Athlètes polonais, paiements aléatoires | Journal du Coin / Le Parisien |
| Avril 2026 | Fédérations demandent la démission de Piesiewicz | Pas de chiffre, crise de gouvernance | PKOL fragilisé face aux sportifs | Journal du Coin / Le Parisien |
| 23 avril 2026 | Site Zondacrypto hors ligne | Pertes >350 M PLN (~80 M€) | Plus de 3 600 clients lésés | Journal du Coin |
| 29 juin 2026 | Retrait de licence en Estonie | Plateforme BB Trade Estonia visée | Arrêt officiel des activités | Journal du Coin |
| Août 2024 – mars 2026 | Chute des réserves en bitcoin | 55,7 BTC → 0,18 BTC (-99,7 %) | Soupçons de détournement de fonds | Journal du Coin |
| 27 août 2026 | Arrestation de Radoslaw Piesiewicz | Avantages présumés, montre 40 000 € | Choc pour l’olympisme polonais | Le Parisien |
Selon les autorités, les pertes subies par les clients atteignent 350 millions de zlotys, soit près de 96 millions de dollars (environ 80 millions d’euros). Le site de la plateforme a fermé le 23 avril 2026, avant le retrait de sa licence en Estonie, et ses réserves de bitcoin auraient chuté de 55,7 BTC à 0,18 BTC. L’enquête, qui recense des milliers de victimes, s’intéresse aussi au successeur Przemyslaw Kral, présenté comme coopérant avec la justice, et à des figures de la droite nationaliste, dont Zbigniew Ziobro et Marcin Romanowski, sur fond de soupçons de financements et retard dans l’application du règlement européen MiCA.
En bref
- Le 27 août 2026, à Varsovie, Radoslaw Piesiewicz, président du Comité olympique polonais, est interpellé dans l’enquête visant la plateforme de cryptomonnaies Zondacrypto.
- Les procureurs soupçonnent un sponsoring taillé sur mesure autour des JO d’hiver de Milan-Cortina 2026, avec montre de luxe, voyages et primes crypto, sur fond de pertes supérieures à 350 millions de zlotys pour les clients.
- Entre crise de gouvernance du PKOl, soupçons de collusion politique et milliers de victimes potentielles, ce dossier pourrait rebattre les cartes des liens entre sport polonais et sponsors crypto.







