Police à domicile, wallet oublié, pirates : le patron de Finst révèle les histoires crypto qui peuvent ruiner (ou sauver) votre épargne

Tentatives d’enlèvement, téléphone oublié à 266 000 euros, grand-mère prise pour cible : sur Legend, Julien Vallet révèle la zone grise entre investisseurs vulnérables et criminels 3.0. Jusqu’où une plateforme peut-elle intervenir sans franchir la ligne rouge ?
Un sexagénaire néerlandais qui débarque sans prévenir au bureau avec un vieux smartphone hors ligne depuis 2017, une grand-mère chez qui la police sonne en pleine vérification d’identité, des pirates qui perdent 90 % de leur butin à cause d’une simple erreur d’adresse : les histoires qui jalonnent le quotidien de Julien Vallet ont de quoi surprendre même les habitués de la crypto.
Invité de l’émission Legend, le CEO de Finst, plateforme crypto néerlandaise régulée, déroule ces anecdotes avec un mélange de sang-froid et de franchise. Aux côtés de l’avocat en cybercriminalité Romain Chilly, il raconte comment ces scènes très concrètes révèlent à la fois la fragilité des investisseurs et la montée en puissance des nouveaux criminels numériques. Et derrière le côté spectaculaire, une question revient sans cesse : jusqu’où une plateforme peut-elle aller pour protéger ses clients sans les infantiliser.
Julien Vallet, de la salle de marché au cockpit de Finst sur Legend
Formé à l’école de la finance traditionnelle, Julien Vallet quitte la France pour Amsterdam en 2014, officiellement pour perfectionner son anglais. Sur place, il prend la direction de DEGIRO France, l’un des plus gros courtiers boursiers d’Europe, et découvre de l’intérieur la mécanique des marchés actions et des plateformes de trading à grande échelle.
Le déclic arrive en 2016, lorsqu’il commence à s’intéresser sérieusement au Bitcoin et aux actifs numériques. Avec Marcel Putina, autre ancien de DEGIRO, il veut importer dans la crypto les standards de sécurité, de transparence tarifaire et de robustesse de la finance traditionnelle. Finst naît début 2023, un mois seulement après la faillite retentissante de FTX. Agréée dans le cadre de MiCA par l’autorité néerlandaise AFM, la plateforme affiche des fonds clients ségrégués, des frais simples (0,15 % par ordre pour les particuliers, à partir de 0,05 % pour les institutionnels) et des paniers de cryptos type ETF, les Bundles, rééquilibrés chaque mois. Une architecture pensée comme un cockpit d’avion : redondances, procédures et culture du risque.
Téléphone oublié, police, pirates : quand les histoires folles deviennent des leçons de sécurité
La première scène racontée dans l’entretien a presque des airs de film. Un Néerlandais d’une soixantaine d’années se présente un matin aux bureaux d’Amsterdam, un smartphone dans la main. L’appareil n’a plus été connecté à Internet depuis 2017. Il sait qu’il possède des cryptomonnaies dessus, mais ignore combien, et ne comprend pas vraiment la notion de clé privée. Pendant une heure, Julien Vallet fouille avec lui une vieille application, jusqu’à devoir deviner un code PIN oublié. Quand le portefeuille finit par s’ouvrir, l’écran affiche environ 266 000 euros. Le client se met à pleurer : quelques chiffres sur un écran viennent de transformer sa retraite, alors que cet argent aurait pu rester perdu pour toujours.
Autre moment, autre ambiance. Une cliente d’environ 70 ans dépose chez Finst une somme à cinq chiffres et cherche à la transférer immédiatement vers un portefeuille jamais utilisé. Sur la vidéo de vérification d’identité, un homme est assis juste à côté d’elle. Les équipes anti-fraude craignent une situation de contrainte à domicile, scénario classique d’arnaques visant les plus de 65 ans. Elles préviennent la police locale, qui se rend au domicile de la cliente. Une heure plus tard, coup de fil indigné : l’homme sur la vidéo n’était autre que son fils, simplement venu l’aider à ouvrir son compte. Le lendemain, il rappellera pourtant pour apeller l’équipe et la remercier d’avoir privilégié la sécurité ; Julien Vallet explique que, dans ce type de configuration, neuf fois sur dix, il s’agit bien d’une tentative de fraude.
Avec Romain Chilly, l’entretien bascule ensuite vers les grandes affaires qui ont marqué l’écosystème : la chute de FTX, la plateforme QuadrigaCX dont le fondateur est mort en emportant la seule clé des fonds clients, ou ces pirates qui ont perdu 90 % de leur butin en se trompant d’adresse de wallet. À cela s’ajoute un catalogue d’arnaques très actuelles, entre faux placements à 10 % par mois, escroqueries sophistiquées et romances en ligne dopées aux deepfakes. La morale reste la même : la blockchain ne pardonne pas l’erreur humaine.
| Anecdote | Risque principal | Signal d’alerte | Réflexe à adopter |
|---|---|---|---|
| Téléphone hors ligne depuis 2017 | Perte définitive d’un wallet | Appareil oublié, codes introuvables | Sauvegarder clés et tester l’accès |
| Cliente de 70 ans et gros virement | Coercition ou escroquerie organisée | Tiers collé pendant les démarches | Contacter le support, vérifier la situation |
| Pirates et adresse de wallet erronée | Fonds envoyés à la mauvaise adresse | Adresse collée sans double vérification | Faire un test, relire les caractères |
Au fil de l’épisode, une ligne directrice se dessine : les criminels 3.0 exploitent les mêmes failles que les escrocs d’hier, mais avec des outils numériques plus puissants, tandis que les plateformes comme Finst renforcent leurs dispositifs de surveillance et de protection. Entre régulation MiCA, équipes dédiées aux signaux faibles et service client humain joignable par téléphone, chat ou email, la plateforme met en avant son cadre, mais Julien Vallet insiste aussi sur la part de responsabilité individuelle. Ne jamais valider un transfert sous pression, se méfier des promesses de rendement garantis, vérifier chaque adresse de wallet et prendre le temps de poser des questions au support : autant de réflexes simples que les histoires de Legend rendent soudain très concrets pour quiconque manipule des actifs numériques.
En bref
- En octobre 2026, l’épisode Legend réunit le CEO de Finst, Julien Vallet, et l’avocat Romain Chilly pour raconter comment la crypto attire à la fois épargnants novices et nouveaux criminels numériques.
- Entre téléphone resté hors ligne depuis 2017, grand-mère de 70 ans soupçonnée d’arnaque et pirates ruinés par une erreur d’adresse, les histoires illustrent les failles humaines au cœur des actifs numériques.
- Au-delà du spectaculaire, ces anecdotes servent de guide implicite pour comprendre les signaux d’alerte et adopter des réflexes simples avant chaque virement ou transfert de cryptos.






