Vos données fiscales volées : le pirate de 18 ans a été arrêté, mais la menace sur votre portefeuille est bien réelle

Un suspect de 18 ans, lié au groupe ZeroBytes, vient d’être écroué après le piratage massif de la DGFiP et la fuite de 678 000 dossiers fiscaux. Derrière ces chiffres, une menace bien plus concrète pour les contribuables, notamment les détenteurs de cryptomonnaies.
Un jeune majeur se retrouve derrière les barreaux après l’un des plus gros vols de données fiscales jamais revendiqués en France. Soupçonné d’appartenir au groupe de pirates informatiques ZeroBytes, un homme de 18 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire pour sa participation présumée au piratage de la DGFiP, cet été, selon le parquet de Paris.
Cette attaque informatique a permis l’exfiltration des dossiers d’au moins 678 000 particuliers et professionnels, avec des informations personnelles et fiscales suffisamment précises pour transformer un simple fichier en carnet d’adresses de cibles. Pour les contribuables aisés ou exposés, en particulier ceux qui détiennent des cryptomonnaies, le risque n’est plus théorique. Le dossier est loin d’être refermé.
Arrestation d’un suspect de 18 ans dans le piratage de la DGFiP
Le parquet de Paris a confirmé la mise en examen et l’écrou d’un jeune homme de 18 ans, soupçonné d’être l’un des membres du groupe ZeroBytes, auteur revendiqué du piratage massif de la DGFiP. Il a été arrêté le 18 août et présenté à un juge d’instruction, après une enquête confiée à l’Office anti-cybercriminalité (Ofac). Déjà mis en examen à deux reprises pour des attaques informatiques commises en 2023 et 2024 alors qu’il était mineur, il encourt désormais jusqu’à dix ans de prison et 300 000 euros d’amende pour une série de cyberinfractions et pour association de malfaiteurs.
Un second suspect, âgé de moins de 16 ans, a lui aussi été interpelé puis placé en garde à vue avant d’être remis en liberté. Son matériel informatique reste saisi, les enquêteurs prévoyant d’en examiner le contenu. Le parquet indique avoir ouvert une enquête dès « réception des premières plaintes », le 31 juillet, a-t-il précisé, cité par 20 Minutes. « Les investigations se poursuivent désormais sous la conduite d’un juge d’instruction pour identifier et interpeller les autres personnes mises en cause », précise le parquet de Paris.
Un piratage massif du fisc et 678 000 dossiers exposés
Selon la DGFiP, deux intrusions ont frappé ses systèmes, une fin juin puis une fin juillet, via l’usurpation des accès d’un agent et l’aspiration massive de ce que l’outil de recherche interne permettait de consulter. L’administration a reconnu l’attaque le 13 août et fait état d’au moins 678 000 particuliers et professionnels concernés. Côté contribuables, les dossiers contenaient nom, date de naissance, adresse, revenu fiscal de référence et taux de prélèvement à la source ; pour les entreprises, des informations comme la raison sociale ou le SIREN. Mi-août, Sébastien Lecornu a demandé un audit à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), tandis que le ministre des Comptes publics David Amiel a présenté ses excuses aux contribuables touchés.
| Date / période | Événement | Acteur principal | Impact ou précision |
|---|---|---|---|
| Fin juin | Première intrusion dans les systèmes fiscaux | ZeroBytes (suspecté) | Début de l’exfiltration de données |
| Fin juillet | Seconde intrusion dans la DGFiP | ZeroBytes (suspecté) | Vol de nouvelles données fiscales |
| 31 juillet | Ouverture d’enquête après plaintes | Parquet de Paris, Ofac | Lancement des investigations pénales |
| 13 août | Reconnaissance publique du piratage | DGFiP | Annonce d’au moins 678 000 dossiers touchés |
| 18 août | Arrestation du suspect de 18 ans | Enquêteurs | Identification d’un membre présumé du groupe |
| 4 septembre | Mise en examen et détention provisoire | Juge d’instruction | Suspect écroué, risque jusqu’à dix ans |
Ce type de fichier facilite le repérage de cibles fortunées. Les pirates peuvent l’utiliser pour des « wrench attacks », ces agressions où une victime est contrainte de transférer ses cryptomonnaies. Avant de viser le fisc, ZeroBytes avait revendiqué des attaques contre Intermarché, la Fédération Française de Handball, des services de l’Éducation nationale comme l’académie de Créteil ou l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, ainsi que contre France Travail et le groupe de télécoms SFR. Le groupe assure avoir déjà vendu une partie des fichiers fiscaux à deux acheteurs pour plusieurs milliers d’euros et affirme détenir une autre base cadastrale portant sur plusieurs millions de personnes, que la DGFiP n’a ni confirmée ni infirmée. « Les impôts, c’était que le début », prévient ZeroBytes sur X, tandis que l’administration traîne encore la trace d’une autre fuite, celle du fichier bancaire FICOBA, qui avait exposé 1,2 million de comptes en février.
En bref
- Entre fin juin et mi-août, le piratage de la DGFiP attribué au groupe ZeroBytes a conduit le parquet de Paris et l’Office anti-cybercriminalité à ouvrir une enquête d’ampleur nationale.
- Un jeune majeur de 18 ans, déjà connu pour des cyberattaques, a été arrêté le 18 août, mis en examen puis placé en détention provisoire pour le vol présumé de 678 000 dossiers fiscaux sensibles.
- Au-delà du risque de ciblage de contribuables fortunés et de wrench attacks contre les détenteurs de cryptomonnaies, l’enquête se poursuit pour identifier d’éventuels complices et mesurer l’ampleur réelle de la fuite.





