AAH après 62 ans : ce refus du gouvernement en décembre 2025 laisse un vide et pose question pour des milliers de foyers

Début décembre, la question du maintien de l’AAH après 62 ans revient sur la table. Une réponse bouscule les attentes.
À l’approche des fêtes et des dépenses de fin d’année, le sujet du pouvoir d’achat des personnes en situation de handicap refait surface. Plusieurs députés avaient interpellé cet été la ministre de l’époque, Catherine Vautrin, sur l’avenir de l’allocation aux adultes handicapés une fois l’âge légal de départ atteint. Leur demande visait une règle plus simple, plus lisible, et surtout plus protectrice.
La réponse est tombée ce mardi 2 décembre 2025. C’est la ministre en charge de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Charlotte Parmentier-Lecocq, qui a clarifié la position de l’exécutif, rapporte MoneyVox. Et sa ligne tranche nettement avec l’option d’un maintien généralisé de la prestation au-delà de **62 ans**. Une décision qui interroge.
AAH et retraite à 62 ans : ce que la loi de finances 2023 a vraiment changé
Un premier pas a été acté dans la **loi de finances 2023**. Depuis ce texte, un groupe précis de bénéficiaires peut conserver l’allocation jusqu’à **67 ans**. Il s’agit des personnes dont le taux d’incapacité est supérieur ou égal à **80 %**, et qui, point central, exercent une **activité professionnelle** à 62 ans. Dans ce cas, elles ne sont pas tenues de liquider immédiatement leurs droits à la retraite.
Concrètement, l’objectif était de sécuriser la poursuite d’un emploi au-delà de l’âge légal, sans rupture de ressource liée à une liquidation forcée. Ce mécanisme reste ciblé, pensé pour éviter d’écarter du marché du travail des salariés déjà installés dans un poste adapté. Sauf que cette avancée ne concerne pas tous les profils.
- Qui peut garder l’**AAH** jusqu’à 67 ans: taux d’incapacité ≥ **80 %**, emploi à **62 ans**, pas d’obligation de départ en retraite à cet âge.
Plusieurs parlementaires ont donc demandé, en juillet et en août 2025, d’ouvrir ce dispositif aux personnes dont le taux d’incapacité se situe entre **50 à 79 %**. Le but: éviter les inégalités de traitement entre personnes dont la capacité de travail est, dans tous les cas, reconnue comme réduite.
Pourquoi le gouvernement ferme la porte aux 50-79 : l’argument RSDAE expliqué
La réponse de l’exécutif est négative. Charlotte Parmentier-Lecocq invoque la **RSDAE** (restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi), condition d’ouverture des droits pour les personnes dont le taux d’incapacité est inférieur à 80 %. Selon la ministre, cette logique ne peut pas cohabiter avec un statut de retraité.
« Maintenir le droit à l’AAH résultant d’un taux d’incapacité compris entre 50° et 79° au-delà de l’âge de la retraite entre en contradiction avec la nécessité pour les bénéficiaires d’attester d’une RSDAE, alors même qu’ils sont retraités », a estimé Charlotte Parmentier-Lecocq mardi 2 décembre 2025, selon MoneyVox.
Dans ce cadre, la **retraite pour inaptitude** s’applique. Les bénéficiaires concernés voient leur retraite liquidée automatiquement à **62 ans** et perçoivent une pension au **taux plein**, même s’ils n’ont pas validé la durée d’assurance requise. L’exécutif y voit une garantie de ressources, articulée autour de la pension plutôt que de l’allocation spécifique. La ligne est claire, elle a ete réaffirmée sans ambiguïté.
Quels recours à 62 ans : ASPA, pension et cumul d’activité sous conditions
Reste la question des revenus pour celles et ceux dont les droits à la retraite s’annoncent faibles, voire nuls. Là encore, le gouvernement renvoie vers un autre levier: l’**ASPA**, accessible dès **62 ans** dans ces situations. Cette aide affiche un montant maximal équivalent à celui de l’**AAH**, ce qui place les deux dispositifs sur une base comparable en termes de plafond de ressources.
Autre point à noter: le cumul reste possible. Selon les modalités en vigueur, on peut additionner pension et/ou **ASPA** avec des revenus d’**activité professionnelle**, sous conditions. Cette souplesse est censée éviter la marche trop haute entre l’AAH et la retraite, et permettre à ceux qui le peuvent de conserver un pied dans l’emploi tout en sécurisant un socle de revenu.
Pour les personnes déjà au travail à l’approche des 62 ans, la distinction joue un rôle crucial. À **80 %** et plus, la loi de 2023 autorise un maintien de l’**AAH** jusqu’à **67 ans** si l’emploi se poursuit. Entre **50 à 79 %**, le basculement vers la retraite ou, à défaut, vers l’**ASPA**, s’impose. Et c’est précisément cette ligne de partage qui fait débat, car elle crée deux parcours de sortie très différents.
En toile de fond, la question reste éminemment concrète: comment garantir la continuité des revenus à un âge charnière, en plein hiver, quand les charges augmentent et que les contrats de travail doivent parfois être renégociés? La décision gouvernementale, tombée début décembre, fixe le cadre. Pour l’instant, l’extension généralisée du maintien de l’**AAH** au-delà de **62 ans** n’est pas à l’ordre du jour.








