Accusé d'emploi fictif, Clément Beaune révèle en direct son salaire : 7 000€ nets et un chauffeur face à Charles Consigny
Sur le plateau des « Grandes Gueules » sur RMC, lundi 19 janvier 2026, Clément Beaune est sommé par Charles Consigny de justifier son poste de haut-commissaire au Plan. Mis en cause pour emploi fictif et recasage, il finit par dévoiler son salaire.

Un échange tendu sur un plateau de radio, des accusations d' »emploi fictif » et, au milieu, un ex-ministre sommé de parler argent. Mis en cause par l’avocat Charles Consigny sur son nouveau poste de Haut-commissaire au Plan, Clément Beaune a été contraint de détailler sa rémunération dans l’émission Les Grandes Gueules.
Ancien ministre chargé de l’Europe puis des Transports pendant quatre ans, battu aux élections législatives de 2024 à Paris, Clément Beaune a quitté le gouvernement en juin 2024 avant d’être nommé, en mars 2025, à la tête du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, ex-fief de François Bayrou. Une structure rattachée à l’Etat, critiquée pour son utilité, même si elle s’est illustrée récemment en proposant un écochèque financé par les entreprises pour encourager l’achat de vêtements « Made in Europe » plutôt que chez Shein ou Temu. C’est ce nouveau rôle, et le salaire qui va avec, qui ont été au coeur de la joute verbale, jusqu’à ce que l’intéressé reconnaisse toucher près de 7 000 euros nets par mois avant impôt.
Clément Beaune répond aux attaques sur son « emploi fictif »
La polémique déclanchée par Charles Consigny remonte à quelques jours avant le face-à-face dans l’émission. Sur RMC, l’avocat avait déjà mis en cause le poste de l’ex-ministre en lui demandant « de faire quelque chose (…) sinon c’est un emploi purement fictif ». Il proposait dans la foulée « de supprimer le Haut-commissariat au Plan ». Sur le même plateau, il a raconté qu’on lui avait proposé de prendre la tête de Business France, l’organisme chargé de représenter les entreprises françaises à l’étranger : « J’ai décliné cette proposition. Business France ne sert à rien », a-t-il lancé, en estimant que les grandes entreprises « n’avaient pas besoin de cela » ni « un macroniste de plus » pour les accompagner, allant jusqu’à juger que « le patron de Business France est trop payé ».
Face à ces critiques, le nouveau haut-commissaire a choisi de venir s’expliquer publiquement. Dans Les Grandes Gueules, Clément Beaune a assumé frontalement la charge, déclarant : « Je n’aime pas le recasage et je trouve que c’est dégueulasse de dire que j’ai un emploi fictif. J’avais le choix entre porter plainte et venir débattre et j’ai préféré venir. Je demande juste à être jugé sur les actes et les résultats », explique-t-il. Il a insisté sur le sens de sa mission : « On peut critiquer les décisions mais je pense qu’il y a un besoin d’un Plan. J’étais prêt à partir dans le privé, j’avais trouvé un emploi beaucoup mieux payé mais je pensais que c’était utile, je suis fonctionnaire et j’en suis fier ». Pour défendre le Haut-commissariat au Plan, il a aussi rappelé son héritage historique : « Quand le Haut-commissariat au Plan a été créé en 1946 par le général De Gaulle, c’était parce que face à la situation économique catastrophique, il a pensé que c’était utile d’avoir une vision sur le long terme ».
Un salaire de 7 000 euros nets et un chauffeur au coeur du débat
Interrogé sur ce que lui rapporte ce poste, l’ancien ministre a levé toute ambiguïté sur son niveau de rémunération et les moyens mis à sa disposition. « Ce sont des grilles, vous ne négociez pas, je gagne 7.000€ nets avant impôt. Avec un chauffeur pour la structure, juste pour les déplacements professionnels que je n’utilise ni le soir ni le week-end et je fais beaucoup de métro. L’essentiel de mes déplacements se font en transports publics sinon vous ne savez pas la galère que vivent les gens », a détaillé Clément Beaune. Le salaire de Clément Beaune comme haut-commissaire au Plan atteint donc environ 7 000 euros nets chaque mois, avant impôt sur le revenu, avec un chauffeur affecté à la structure.
Ces précisions n’ont pas apaisé Charles Consigny, qui s’est notamment insurgé contre l’avantage en question : « Moi je le supprimerai, pour vous ou pour la structure mais je ne vois pas l’intérêt du chauffeur ». Plus largement, l’avocat s’interroge sur l’action même du Haut-commissariat au Plan et cite un rapport récent sur « la résurgence des stéréotypes fille-garçon », en lâchant : « Je ne suis pas sûr qu’on ait besoin du Haut-commissariat au Plan pour ça ». Sur le plateau des Grandes Gueules, l’enseignante Barbara Lefebvre a partagé ce scepticisme vis à vis de ces structures, estimant que « La situation de la France ne justifie plus un certain nombre de ces Hauts-commissariats » et que « Si la situation de nos services publics n’était pas aussi dégradée, les Français seraient peut-être moins véhéments vis à vis de ces nombreux comités ».
En bref
- Battus aux législatives de 2024 puis nommé en mars 2025 haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, Clément Beaune est interpellé sur RMC par Charles Consigny dans l’émission Les Grandes Gueules.
- Accusé d’« emploi fictif » et de recasage politique, l’ex-ministre détaille alors son poste, son salaire d’environ 7 000 € nets mensuels, ainsi que l’avantage d’un chauffeur réservé aux déplacements professionnels.
- Cette joute révèle autant la contestation du Haut-commissariat au Plan, ex-fief de François Bayrou, que la sensibilité des Français à l’usage de l’argent public et aux nominations politiques.






