Alibaba accusé d'aider l'armée chinoise : la Maison Blanche inquiète pour la sécurité nationale, Pékin dément fermement

Par Paul Graph - Publié le

Un mémo de la Maison Blanche accuse Alibaba de soutenir l'armée chinoise, selon le Financial Times. Alibaba dément fermement ces allégations, évoquant une opération de relations publiques malveillante.

Alibaba accusé d’aider l’armée chinoise : la Maison Blanche inquiète pour la sécurité nationale, Pékin dément fermement

Un mémo présenté comme issu de la Maison Blanche, des accusations visant directement Alibaba, et en toile de fond la rivalité techno entre Washington et Pékin. Le Financial Times soutient que le groupe chinois aurait apporté un appui technique à l’armée chinoise contre des cibles aux États-Unis, propulsant l’affaire au rang de dossier sensible.

Le quotidien britannique, qui dit s’appuyer sur une note officielle, évoque aussi des transferts de données d’utilisateurs vers l’armée et les autorités chinoises, comme des adresses IP et des historiques d’achats. Il précise ne pas pouvoir vérifier ces éléments de façon indépendante. La riposte n’a pas tardé.

Mémo de la Maison Blanche : Alibaba et l’armée chinoise ?

Publié samedi matin, heure de Pékin, l’article du Financial Times rapporte que la Maison Blanche verrait dans ces éléments une possible menace pour la sécurité nationale. La Maison Blanche s’est refusée à tout commentaire. Aux États-Unis, l’action Alibaba a reculé de 4,2 % après la nouvelle.

Le document évoqué décrit un appui technologique à des opérations militaires visant des cibles américaines et des flux d’informations tels que des adresses IP et des historiques d’achat. Le quotidien économique précise ne pas pouvoir vérifier ces assertions de manière indépendante, ce qui nourrit l’incertitude sur l’étendue exacte des faits allégués.

Le démenti d’Alibaba et la réponse de Pékin

« Les affirmations et insinuations dans l’article sont totalement fausses », a réagi un porte-parole du groupe Alibaba auprès de l’AFP. Le groupe dit y voir une « opération malveillante de relations publiques provenant clairement d’une voix sans scrupules, cherchant à nuire au récent accord commercial du président Trump ». L’entretien entre Donald Trump et Xi Jinping a eu lieu fin octobre, après des mois de guerre commerciale.

Du côté de l’ambassade de Chine à Washington, Liu Pengyu a écrit sur X que le gouvernement chinois « n’a jamais obligé et n’obligera jamais les entreprises ou les individus à recueillir ou fournir des données situées dans des pays étrangers en violation du droit local ». Dans un communiqué, le même porte-parole a ajouté : « Sans preuve valable, les États-Unis ont sauté à une conclusion injustifiée et ont lancé des accusations sans fondement contre la Chine. C’est extrêmement irresponsable et c’est une déformation complète des faits. La Chine s’y oppose fermement ». Interrogé séparément, le porte-parole de la diplomatie chinoise Lin Jian a dit n’être « pas familier » du dossier, en rappelant que Pékin combat en permanence les activités de piratage. En parallèle, la jeune entreprise américaine d’IA Anthropic a affirmé avoir déjoué une campagne de cyberespionnage attribuée à un groupe soutenu par l’État chinois, GTG-1002, selon un rapport. Washington et Pékin se disputent plus largement le leadership technologique, malgrè des gestes d’apaisement récents.