Assurance vie : pourquoi le taux 2025 pourrait atteindre 2,7 % et surpasser le Livret A, selon les experts

Par La Rédaction - Mis à jour le

En 2025, les fonds en euros promettent un taux moyen de 2,65 % de l'assurance vie, surpassant le Livret A à 1,7 %. Les obligations d'État influencent ce regain.

Assurance vie : pourquoi le taux 2025 pourrait atteindre 2,7 % et surpasser le Livret A, selon les experts

Bonne nouvelle pour votre épargne : après des années hachées par l’inflation, la rémunération des contrats en Assurance vie repart à la hausse. Les signaux venus du marché obligataire et des assureurs laissent entrevoir un millésime plus généreux pour les fonds en euros. Aujourdhui, l’attente se cristallise sur les annonces de janvier. Les projections d’experts convergent et installent un espoir concret.

D’après les dernières estimations de Facts & Figures, le taux 2025 moyen servi sur les fonds en euros devrait se hisser autour de 2,65 % sur le marché, avec un scénario haut à 2,7 %. « nous anticipons un taux moyen autour de 2,65% en 2025, voire 2,7% dans le scénario le plus positif », a estimé Cyrille Chartier-Kastler, directeur du cabinet Facts & Figures, dans Capital. Après une moyenne de 2,6 % en 2024, la tendance s’affirme. Ces ordres de grandeur ne tombent pas du ciel : ils s’appuient sur des données consolidées d’assureurs et de marchés, et posent déjà la question du match avec le Livret A 1,7 %.

Les fonds en euros affichent un taux 2025 attendu autour de 2,65 %

Explication principale : la remontée des rendements des obligations d’État, auxquelles les fonds en euros sont très exposés, près des trois quarts de leur portefeuille, dont une part significative en OAT 10 ans (19,4 % en 2024). Quand la confiance envers la signature française se tend, les nouvelles obligations offrent davantage, ce qui diffuse peu à peu dans les portefeuilles des assureurs. « La situation politique et budgétaire de la France se dégrade, et elle risque encore de faire grimper le rendement des obligations françaises », a-t-il prédit. La transmission vers les taux servis prend du temps, mais le mouvement est enclenché.

Autre repère, la « performance réelle » des fonds en euros. En retirant l’inflation, les frais et les prélèvements sociaux, elle a enfin rebasculé dans le vert en 2024 à 0,19 %, selon Facts & Figures, après des années délicates, avec une performance réelle descendue à 3,60 % sous zéro en 2022 et 2,71 % sous zéro en 2023. Pour 2025, avec une inflation anticipée autour de 1,1 % et un taux moyen servi projeté à 2,65 %, le cabinet table sur un rendement réel proche de 1,1 %, un niveau plus vu depuis 2016. Entre 2013 et 2017, le rendement net dépassait déjà 1 %, à 1,28 % en 2016 et 1,86 % en 2015 ; depuis 2018, il s’était globalement inscrit en négatif.

Les assureurs arbitrent entre Livret A 1,7 % et la hausse des obligations

Dans ce contexte, la concurrence ne vient plus seulement des marchés financiers. Le Livret A 1,7 % depuis le 1er août a abaissé la barre à battre, mais les comptes à terme et les placements obligataires en direct attirent aussi. Pour rester attractifs, certains acteurs complètent la performance du portefeuille en puisant ponctuellement dans leurs réserves, notamment quand la collecte est stratégique. « les assureurs sont pris entre deux feux, entre la baisse du taux du Livret A et la hausse des rendements des obligations françaises, tout en devant toujours collecter massivement », a-t-il analysé. Difficile pour eux de laisser filer la collecte alors que les alternatives se multiplient.

Il faut dire que le stock d’obligations à faible coupon acheté dans les années 2010 continue de peser, tout comme les frais de gestion et les mises en réserve, des éléments qui ont comprimé les taux servis ces dernières années, selon le baromètre de Facts & Figures. Malgré tout, la base reste solide : environ 70 % des versements de l’assurance vie se dirigent vers les fonds en euros, sur un encours total de 2 052 milliards d’euros à fin juin 2025. Cela explique aussi des écarts de performance d’un contrat à l’autre. Les écarts reflètent des choix de gestion et le rythme d’intégration des nouvelles obligations, avec à la clef un 2025 qui s’annonce plus favorable pour l’épargnant.