Guerre au Moyen-Orient : UFC-Que Choisir prévient, ces produits laitiers et frais à +5 % pourraient vous coûter jusqu'à 260 € de plus par an
Le conflit au Moyen-Orient menace déjà le ticket de caisse des ménages français, avec une hausse annoncée de 4 à 5 % en rayon. Quels produits du quotidien verront leurs prix grimper en premier et comment les foyers pourront-ils encaisser le choc ?

Après deux années marquées par la flambée liée à la guerre en Ukraine, beaucoup de foyers pensaient avoir tourné la page de l’inflation alimentaire. La reprise d’un conflit au Moyen-Orient ravive pourtant la crainte de voir, une nouvelle fois, le ticket de caisse s’alourdir alors même que les budgets restent serrés.
Derrière ce risque se cache un enchaînement bien connu : énergie plus chère, transport qui grimpe, engrais et matières premières agricoles renchéris, puis industriels et distributeurs qui répercutent ces hausses. Selon l’UFC-Que Choisir, les prix en rayon pourraient augmenter en moyenne de 4 à 5 % dans les prochains mois, avec un impact très concret pour les consommateurs, mais surtout très ciblé sur certains rayons du quotidien.
Guerre au Moyen-Orient : un choc en chaîne sur les matières premières
Pour l’association de défense des consommateurs, le risque ne vient pas seulement de la pompe à essence ou de la facture de gaz, il touche toute la chaîne alimentaire. « Les matières premières agricoles augmentent à l’échelle mondiale, notamment à cause de la flambée des coûts des carburants et des engrais », précise Grégory Caret, directeur de l’observatoire de la consommation de l’UFC-Que Choisir, cité par Notre Temps. Quand le pétrole et le gaz s’envolent, nourrir les cultures, faire tourner les serres, sécher les céréales ou encore acheminer les récoltes coûte d’un coup beaucoup plus cher.
Les tensions climatiques et des récoltes insuffisantes sur certains produits comme le blé ou les œufs rajoutent une couche d’incertitude. Dans ce contexte, « Les produits les plus touchés seront ceux qui ont le taux de rotation le plus rapide, avec des dates de péremption courtes: les produits laitiers, les yaourts, les produits frais », explique Grégory Caret. « Ces produits sont fabriqués et livrés en continu, intégrant immédiatement les hausses de coûts (énergie, alimentation animale, transport). L’élevage, en particulier, est fortement impacté: alimentation du bétail plus chère, coûts énergétiques en hausse, logistique plus coûteuse », détaille-t-il encore. Bref, tout ce qui passe rapidement du champ ou de la ferme aux rayons du supermarché se retrouve en première ligne.
Ces produits du quotidien qui pourraient grimper de 5 % et l’impact sur le budget
Selon les calculs de l’UFC-Que Choisir, la hausse attendue devrait atteindre 4 à 5 % en moyenne sur les prochains mois, avec un effet progressif sur les étiquettes. « On va revoir des étiquettes bouger dans les mois à venir. Concrètement, pour un ménage dépensant 100 euros par semaine en alimentation, cela représente environ 4 à 5 euros supplémentaires. Une hausse loin des 20 à 25% observés lors de la précédente crise 2022-2023, mais suffisante pour peser sur les budgets », indique Grégory Caret. À l’année, cela représente tout de même autour de 200 à 260 euros de plus, sans même changer ses habitudes d’achats. Ce sont les yaourts, le lait, les fromages frais, mais aussi l’ensemble de la filière d’élevage qui verra ses couts de production grimper, avant une possible seconde vague touchant les produits d’hygiène, cosmétiques et articles en plastique, tous très dépendants des hydrocarbures.
Pour l’instant, les prix n’explosent pas du jour au lendemain, car ils sont encadrés par des négociations annuelles entre industriels et distributeurs. Mais à partir d’un certain niveau de surcoûts, les contrats peuvent être revus. « Si la hausse semble inévitable à court terme, son ampleur dépendra surtout de la durée du conflit », alerte Grégory Caret. Les accords commerciaux intègrent en effet des mécanismes qui permettent d’ajuster les tarifs en cours d’année : « Il existe des clauses de révision obligatoires: quand les coûts flambent, les négociations doivent être rouvertes et cela se répercute dans les prix », rappelle-t-il. La baisse, elle, sera plus lente, et dépendra d’un retour au calme sur l’énergie, les engrais et les conditions de production. Face à ce contexte, « Les ménages vont devoir adapter leur panier et privilégier les produits les moins chers ou les marques de distributeurs », conseille encore le directeur, tout en jugeant inutile de constituer des stocks massifs : les produits concernés sont périssables et l’enjeu porte sur les prix, pas sur un risque de pénurie.
En bref
- Depuis la reprise du conflit au Moyen-Orient, l’UFC-Que Choisir alerte sur un retour de l’inflation alimentaire en France malgré un répit après 2022-2023.
- Produits laitiers, yaourts, œufs, viandes, produits frais mais aussi café, huiles, sucre et bientôt hygiène-beauté pourraient augmenter en moyenne de 4 à 5 % en rayon.
- Simulations de budget, calendrier des hausses et conseils pratiques pour ajuster son panier sans paniquer structurent ce décryptage centré sur le ticket de caisse des ménages.






