J'ai quitté l'école à 12 ans et je pèse 123 milliards : l'incroyable histoire du fondateur de Zara que personne ne reconnaît en France

Par Paul Graph - Publié le

À 12 ans, Amancio Ortega quitte l’école pour aider sa famille en Galice, loin des diplômes et des projecteurs. Cinquante ans plus tard, le fondateur de Zara pèse plus de 120 milliards de dollars, mais comment a-t-il pu rester presque invisible ?

J’ai quitté l’école à 12 ans et je pèse 123 milliards : l’incroyable histoire du fondateur de Zara que personne ne reconnaît en France

Il n’a pas de diplôme prestigieux affiché sur un mur, ni de vidéo virale où il lance une fusée ou une voiture électrique. En France, presque personne ne serait capable de reconnaître son visage dans la rue. Pourtant, derrière une bonne partie des vêtements qui remplissent les armoires des adolescents comme des parents, se cache un homme qui a quitté l’école à 12 ans et qui fait partie des plus grandes fortunes de la planète.

Cet homme, c’est Amancio Ortega, le discret fondateur de Zara. Sa fortune est estimée à 123 milliards de dollars, soit environ 113 milliards d’euros, ce qui en fait selon le classement 2025 de Forbes la 9e fortune mondiale, la 2e d’Europe derrière Bernard Arnault et la 1re en Espagne. Et pourtant, son histoire reste largement méconnue en France, alors que ses boutiques jalonnent quasiment tous les centres villes. Comment un enfant de milieu modeste, forcé de travailler à douze ans, est-il devenu un milliardaire que presque personne ne connaît vraiment ?

Amancio Ortega, le fondateur de Zara parti de presque rien

Né à La Corogne, en Galice, d’un père cheminot et d’une mère domestique, Amancio Ortega grandit dans un foyer où chaque peseta compte. Très jeune, il comprend que la priorité de la famille n’est pas sa scolarité mais la survie économique du foyer. Il quitte l’école à 12 ans pour aller travailler et subvenir aux besoins financiers des siens, un tournant brutal pour un enfant qui n’a pas encore franchi la porte du collège. C’est dans l’univers du pret a porter, tout en bas de l’échelle, qu’il trouve alors ses premiers emplois.

Adolescent, il devient d’abord coursier, puis couturier. Dans les années 1950 et 1960, il apprend le métier en confectionnant des vêtements simples, en observant les besoins des clients et les marges des commerçants. Il lance ensuite sa propre affaire dans sa ville natale sous le nom de GOA, acronyme formé de ses initiales à l’envers. Cette petite structure deviendra Zara en 1975. A l’origine, la marque devait s’appeler Zorba, en référence à un film des années 1960, mais un bar voisin portait déjà ce nom et Amancio Ortega Gaona se voit contraint de changer son enseigne. Les lettres déjà commandées sont réarrangées, ce sera donc Zara. Cinquante ans plus tard, l’intuition a fait long feu avec plus de 5 800 magasins ouverts dans le monde, 170 000 employés et, en France, une position de leader du pret a porter avec un chiffre d’affaires proche de 1,8 milliard d’euros.

Comment le fondateur de Zara est devenu l’un des milliardaires les plus riches d’Europe

L’ascension financière d’Amancio Ortega est à la hauteur de la croissance de Zara. D’après le dernier classement Forbes 2025 cité par L’Internaute, sa fortune atteint 123 milliards de dollars, soit environ 113 milliards d’euros, soit 20 milliards de dollars de plus que l’année précédente. Cela le place au rang de 9e fortune mondiale, 2e fortune d’Europe derrière Bernard Arnault, et homme le plus riche d’Espagne. Un parcours qui tranche nettement avec son niveau d’études, puisqu’il a quitté l’école à douze ans, sans diplome ou presque.

S’il ne dirige plus le groupe au quotidien, Amancio Ortega est resté l’actionnaire majoritaire du géant espagnol Inditex, maison mère de Zara. Le groupe contrôle plusieurs marques devenues familières pour les clients français comme pour les acheteurs du monde entier. On y retrouve par exemple :

  • Pull and Bear
  • Massimo Dutti
  • Bershka
  • Stradivarius

Ce portefeuille de marques lui assure des revenus réguliers, année après année, tandis que Zara continue d’occuper une place centrale dans les garde robes, en particulier chez les jeunes. Malgré cette puissance, Amancio Ortega vit dans la plus grande discrétion au fin fond de la Galice, loin des projecteurs que recherchent volontiers d’autres figures comme Elon Musk ou Jeff Bezos. Des millions de Français achètent ses vêtements chaque année sans même savoir qui il est.

Cette discrétion tranche aussi avec un autre type de richesse, encore plus insaisissable : celle de Satoshi Nakamoto, le créateur anonyme du Bitcoin. D’après l’enquête de BeInCrypto, sa réserve inactive d’environ 1,1 million de bitcoins, à un cours de 110 302 dollars la pièce, vaudrait plus de 121 milliards de dollars, soit autour de 111 milliards d’euros. Pourtant, ce nom n’apparaît pas dans la célèbre liste des milliardaires de Forbes. Le magazine explique à BeInCrypto : « Forbes n’inclut pas Satoshi Nakamoto dans nos classements des milliardaires car nous n’avons pas pu vérifier s’il ou elle est une personne vivante, ou une personne plutôt qu’un groupe collectif », a expliqué le magazine à BeInCrypto. Et de préciser sa méthode dans le même article : « Forbes prend en compte les avoirs crypto connus dans toutes les évaluations de richesse. Forbes traite la crypto comme tout autre actif : si une personne possède une entreprise crypto, nous évaluons l’entreprise. Si elle a des avoirs crypto personnels, nous les évaluons en fonction de leur prix de marché », a ajouté le magazine.

Pourquoi Amancio Ortega reste un milliardaire presque invisible ?

Le cas Satoshi Nakamoto a lancé un débat sur ce que l’on considère vraiment comme une grande fortune. Pour Bryan Trepanier, fondateur et président d’On-Demand Trading, cité par BeInCrypto, l’exclusion du créateur du Bitcoin par Forbes relève du simple bon sens : « C’est justifié. Une figure anonyme avec des wallets inactifs ne peut pas être comparée de manière équitable à une personne qui exerce activement sa richesse », a déclaré Bryan Trepanier à BeInCrypto. Le même expert insiste sur la différence entre richesse théorique et richesse utilisée : « La richesse ne se résume pas à ce qui est détenu, mais à ce qui est exercé. Tant que ces pièces ne bougent pas, les avoirs de Satoshi sont plus un symbole des origines de la crypto qu’une fortune active dans le monde réel », a-t-il déclaré.

D’autres, comme Mete Al, cofondateur de ICB Labs, estiment au contraire que cette position révèle un angle mort des classements traditionnels. Il rappelle dans BeInCrypto que « Forbes fonctionne toujours dans le cadre de la finance traditionnelle (TradFi), où la richesse est liée à une entité légale, un nom ou un compte bancaire. Cependant, la blockchain a changé cette réalité. Exclure Satoshi met en lumière l’écart entre la manière dont les médias mesurent la richesse et la façon dont la valeur est réellement stockée et prouvée aujourd’hui », a déclaré Mete Al à BeInCrypto. Amancio Ortega, lui, coche toutes les cases de la finance classique : identité parfaitement connue, empire coté en Bourse, participation majoritaire dans un groupe mondial. Il figure bien dans les listes Forbes, mais dans la culture populaire française, il reste presque un inconnu, comme un milliardaire sans visage dont on croise pourtant les vitrines à chaque coin de rue.

La façon dont certains milliardaires surgissent dans l’actualité dit beaucoup de cette visibilité sélective. En France, le nom d’Olivier Bouygues, héritier du groupe Bouygues et lui aussi très riche, s’est ainsi retrouvé au coeur d’une affaire spectaculaire. Comme l’a rappelé un communiqué de l’Office français de la biodiversité (OFB) cité par Le Chasseur Français, le parquet d’Orléans a ouvert une enquête en juin 2025 après la découverte, sur un domaine de chasse de 600 hectares à La Ferté Saint Aubin, de nombreux cadavres d’oiseaux protégés. Le 9 juillet 2025, le milliardaire Olivier Bouygues et trois autres personnes ont été placés en garde à vue pour destruction d’espèces protégées en bande organisée. Lors d’une perquisition, les enquêteurs ont découvert un charnier d’oiseaux protégés, dont des faucons crécerelles, des grandes aigrettes, des buses variables, des busards et des grands cormorans, ainsi que du matériel prohibé, des pièges et des documents listant les espèces à éliminer. Les personnes mises en cause encourent jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende au titre de l’article L. 415 3 du code de l’environnement, avec une audience prévue devant le tribunal correctionnel d’Orléans début mars 2026.

Ce contraste est saisissant. Certains milliardaires, comme Olivier Bouygues, restent discrets jusqu’à ce qu’une affaire judiciaire les projette au premier plan. D’autres, comme Amancio Ortega, construisent un empire mondial de plusieurs milliers de magasins, pèsent plus de cent milliards de dollars et continuent de vivre loin des caméras, sans scandale personnel retentissant. Pour des millions de clientes et de clients, il n’est qu’un nom au bas des rapports financiers, l’homme derrière l’étiquette Zara, dont on porte les vêtements sans connaître l’histoire. Son nom restera peut être discret, mais son parcours rappelle qu’un enfant qui quitte l’école à douze ans peut, dans certaines conditions très particulières, se retrouver un jour au sommet des classements de richesse, tout en demeurant presque invisible aux yeux du grand public.