Pouvoir d'achat : ce projet du gouvernement en 2026 pour débloquer 2 000 € d'intéressement sans impôt pour des millions de salariés, êtes-vous concerné ?

Par Paul Graph - Publié le

En 2026, le gouvernement Lecornu II veut autoriser le déblocage exceptionnel de 2 000 € d'intéressement sans impôt pour doper la consommation des ménages. Qui pourra en profiter et comment cette épargne salariale se transformera-t-elle en pouvoir d'achat ?

Pouvoir d’achat : ce projet du gouvernement en 2026 pour débloquer 2 000 € d’intéressement sans impôt pour des millions de salariés, êtes-vous concerné ?

Et si les primes d’intéressement, aujourd’hui souvent bloquées sur des plans d’épargne, se transformaient demain en coup de pouce immédiat pour les dépenses du quotidien ? Alors que la consommation des ménages reste sous pression et que l’épargne salariale grossit année après année, l’exécutif cherche un moyen rapide de libérer une partie de ces sommes sans passer par une longue loi de finances.

Depuis sa nomination au gouvernement de Sébastien Lecornu, le ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat et du Pouvoir d’achat, Serge Papin, défend l’idée d’un intéressement plus facilement mobilisable pour soutenir le pouvoir d’achat. « J’aimerais qu’il y ait quelque chose de simple, qui permette d’avoir tout de suite et maintenant un complément et que ce soit disponible pour la consommation », a expliqué Serge Papin sur RTL en octobre, cité par BFM Business. En coulisses, un dispositif de déblocage de 2.000 euros d’intéressement utilisables sans impôt se dessine déjà pour 2026.

Déblocage de 2.000 euros d’intéressement : le projet du gouvernement

Une réunion s’est tenue ce lundi entre Serge Papin et les organisations patronales pour avancer sur ce chantier. Selon l’un de leurs responsables, le gouvernement veut permettre aux salariés qui gagnent jusqu’à deux Smic, soit 3.646,06 euros bruts mensuels, de débloquer jusqu’à 2.000 euros issus de leur intéressement, sans fiscalité sur le revenu. La mesure passerait par décret afin d’entrer en vigueur plus vite, et prendrait la forme d’un déblocage exceptionnel sur l’année 2026 des sommes versées sur les plans d’épargne entreprise avant fin décembre 2025.

Cette ouverture viserait en priorité l’argent placé sur les plans d’épargne d’entreprise, alors qu’aujourd’hui, selon les chiffres cités par le ministère, environ 60 % des montants d’intéressement sont investis sur un plan d’épargne d’entreprise ou un plan d’épargne retraite collectif, contre 40 % immédiatement perçus par les salariés. Serge Papin regrette que l’intéressement soit traditionnellement plutôt orienté vers l’épargne, là où l’exécutif cherche désormais à transformer une partie de cette réserve en pouvoir d’achat. Selon Bercy, en combinant les critères de revenu (au maximum deux Smic) et de détention d’un PEE, près de 3 millions de salariés seraient potentiellement concernés pour un peu moins de 4 milliards d’euros.

Intéressement, épargne salariale et impôt : ce que changerait la mesure

Dans le cadre actuel, chaque salarié dispose de 15 jours après avoir été informé du montant de sa prime pour demander le versement immédiat de son intéressement ou de sa participation. Ces primes sont exclues de l’assiette des cotisations sociales classiques, mais les sommes perçues tout de suite restent soumises à la CSG à hauteur de 9,2 % et à la CRDS à 0,5 %. Elles sont surtout imposables à l’impôt sur le revenu et doivent figurer sur la déclaration annuelle, ce qui augmente le revenu fiscal de référence et peut faire évoluer le taux de prélèvement à la source si le salarié a opté pour un taux personnalisé.

Beaucoup de salariés préfèrent donc placer ces primes sur les supports proposés par leur entreprise, comme le plan d’épargne d’entreprise (PEE), le plan d’épargne interentreprises (PEI), le plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco) ou le plan d’épargne retraite (PER). Les sommes y sont alors bloquées pendant cinq ans, le délai minimun pour bénéficier d’une exonération d’impôt sur le revenu, dans la limite annuelle de 35.325 euros. Le futur dispositif permettrait, de façon exceptionnelle en 2026, de retirer jusqu’à 2.000 euros de ces plans sans payer d’impôt sur le revenu, en plus des cas classiques de déblocage, et en ciblant les salariés les moins bien payés. Pour mémoire, la participation est obligatoire dans les entreprises d’au moins 50 salariés, alors que l’intéressement reste facultatif, ce qui laisse encore en dehors du champ de cette mesure une partie des salariés du privé, dans l’attente des précisions que devra apporter le décret annoncé par le gouvernemment.

En bref

  • En 2026, le gouvernement Lecornu II, porté par Serge Papin et Bercy, prépare par décret un déblocage exceptionnel de l'intéressement pour soutenir la consommation des ménages.
  • Les salariés gagnant jusqu'à deux Smic pourraient retirer jusqu'à 2 000 € placés sur leur épargne salariale sans impôt sur le revenu, en plus des cas habituels de déblocage.
  • Reste à clarifier qui sera réellement éligible, quels supports seront concernés et quelle stratégie adopter entre consommation immédiate et épargne long terme.