Téléphone au volant : ce geste banal peut désormais vous coûter votre permis de conduire pour plusieurs mois

À partir d’octobre 2026, un simple téléphone tenu en main pourra vous valoir jusqu’à six mois de suspension administrative du permis partout en France. Derrière ce durcissement porté par le gouvernement, quels risques concrets pour les conducteurs ?
Répondre à un appel, lire un SMS à un feu rouge, garder son smartphone posé dans la main : ces gestes du quotidien peuvent désormais coûter plusieurs mois de permis de conduire. Une mesure jusque-là limitée à quelques départements devient la règle partout en France, avec un objectf clair de choc pédagogique.
La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, a annoncé le 2 octobre que la suspension administrative du permis pour simple usage du téléphone au volant allait être généralisée, après l’envoi le 29 septembre d’une instruction à tous les préfets. Derrière ce tour de vis, l’exécutif vise directement monsieur et madame Tout-le-Monde, pour qui le téléphone au volant est devenu presque banal. Et les conséquences peuvent surprendre plus d’un conducteur.
Suspension du permis pour téléphone au volant : comment la mesure s’applique
Avant cette décision nationale, la possibilité de suspendre administrativement un permis uniquement pour un téléphone tenu en main existait déjà dans le Code de la route, mais n’était utilisée que dans certains territoires, comme les Landes. « Avec Laurent Nuñez (le ministre de l’Intérieur), nous avons adressé, le 29 septembre, une instruction à l’ensemble des préfets pour leur demander de mettre en place cette suspension administrative. La possibilité existait déjà dans le Code de la route, mais elle n’était appliquée que dans certains départements, à commencer par les Landes. Nous la généralisons donc à tout le territoire », a déclaré Marie-Pierre Vedrenne dans un entretien au Figaro.
Concrètement, partout en France, un conducteur contrôlé téléphone à la main s’expose désormais à une suspension de permis pouvant aller de 15 jours à 6 mois. « La durée de la suspension sera appréciée par les services préfectoraux selon les circonstances et le parcours du conducteur », précise la ministre. « Le permis ne sera pas retiré directement par les forces de l’ordre au moment du contrôle. La suspension sera décidée et notifiée par le préfet. Le conducteur pourra présenter ses observations dans le cadre de la procédure contradictoire », ajoute Marie-Pierre Vedrenne. Cette sanction administrative vient en plus de l’amende forfaitaire de 135 €, minorée à 90 € en cas de paiement dans les 15 jours, et du retrait de 3 points déjà prévus pour l’usage du téléphone au volant.
| Situation | Amende | Points retirés | Suspension du permis |
|---|---|---|---|
| Téléphone tenu en main seul | 135 € (90 € minorée) | 3 points | Décision du préfet, 15 j à 6 mois |
| Téléphone + autre infraction | 135 € pour le téléphone | 3 points minimum | Rétention possible, puis décision du préfet |
| Suspension supérieure à 1 mois | – | – | Contrôle médical, examen psychotechnique si 6 mois ou plus |
Téléphone au volant : des risques d’accident bien réels
Si le gouvernement va aussi loin, c’est que le téléphone au volant s’est largement banalisé. En 2025, 695 360 infractions pour usage du téléphone ou d’oreillettes ont été relevées, soit une progression de 6,7 % par rapport à 2024, selon l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière. « Nous voulons faire comprendre que le téléphone au volant est, à lui seul, un comportement suffisamment dangereux. La cible, c’est vraiment monsieur et madame Tout-le-Monde », a affirmé Marie-Pierre Vedrenne. « On peut devenir auteur d’un accident du jour au lendemain et avoir une mort sur la conscience simplement parce qu’on a voulu envoyer un SMS. Sur une heure de conduite, si vous utilisez votre téléphone, c’est 6 minutes en moins d’attention. Qu’est-ce qu’il peut se passer pendant ces 6 minutes ? C’est un enfant qui peut traverser, c’est un piéton ou un cycliste qui peut arriver et que vous n’avez pas vu. C’est ça la réalité », a déclaré la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté.
La Sécurité routière rappelle de son côté à quel point quelques secondes d’inattention suffisent. Selon l’organisme, « l’usage du téléphone au volant multiplie par trois le risque d’accident. Plus grave, lire un message en conduisant multiplie le risque par 23 : il oblige le conducteur à détourner les yeux de la route pendant au moins cinq secondes ». L’utilisation du smartphone au volant constitue une distraction visuelle, cognitive, auditive et physique pour le conducteur. Dans les Landes, où la mesure est appliquée depuis novembre 2025, 300 permis ont été suspendus durant les trois premiers mois et l’usage constaté du téléphone au volant a reculé de 12 % selon le ministère de l’Intérieur, ce qui sert d’argument à la généralisation de cette suspension administrative partout en France.
En bref
- Fin septembre 2026, le ministère de l’Intérieur a demandé à tous les préfets de généraliser la suspension administrative du permis pour téléphone tenu en main partout en France.
- Tout conducteur contrôlé smartphone en main encourt désormais 135 € d’amende, un retrait de 3 points et une suspension de 15 jours à 6 mois, décidée au cas par cas par la préfecture.
- Face à des centaines de milliers d’infractions annuelles et à un risque d’accident multiplié jusqu’à 23, le gouvernement mise sur ce choc pour faire chuter l’usage du téléphone au volant.








