Retraite à l'étranger 2026 : vous ne paierez plus de CSG mais attention à cette erreur qui bloque votre pension

En 2026, plus de 1,5 million de retraités français font ou feront le choix de vivre leur retraite à l’étranger, de l’Algérie au Portugal. Entre certificat de vie, impôts et santé, quelques démarches clés suffisent à sécuriser la pension… ou à la voir suspendue.
Quitter la France pour profiter de sa retraite à l’étranger au soleil fait rêver, et ce n’est plus un phénomène marginal. Déjà 1,5 million de retraités français perçoivent leur pension depuis l’étranger, de l’Algérie au Portugal en passant par l’Espagne, selon l’Assurance retraite. En 2026, les règles qui encadrent pension, impôts et santé se précisent pour ceux qui envisagent de franchir le pas.
La bonne nouvelle, c’est qu’une retraite française peut être versée partout dans le monde. Mais entre exonération de CSG, certificat de vie, résidence fiscale, formulaire S1 et conventions de sécurité sociale, une erreur peut suffire à voir sa pension suspendue ou à payer l’impôt au mauvais endroit. Mieux vaut connaître les règles avant de faire ses cartons.
Retraité en France ou à l’étranger : ce qui change vraiment en 2026
Pour la pension de retraite elle‑même, le principe reste simple : les régimes français la versent partout dans le monde sans limite géographique. La pension de base de la CNAV, des Carsat ou de la MSA est payée en général le 9 du mois suivant, la complémentaire Agirc‑Arrco le 1er jour ouvré du mois, sur un compte bancaire français ou étranger dès lors qu’un IBAN a été fourni à chaque caisse. Algérie, Portugal et Espagne rassemblent déjà plus de 640 000 retraités français, et la pension de réversion, qu’il s’agisse de 54 % de la pension de base du conjoint décédé ou de 60 % de la complémentaire Agirc‑Arrco, suit les mêmes règles de versement.
| Thème | En France | À l’étranger | Point clé 2026 |
|---|---|---|---|
| Versement pension de base | Le 9 du mois, compte FR | Le 9, compte FR ou étranger | IBAN à transmettre à chaque caisse |
| Versement complémentaire | 1er jour ouvré, compte FR | 1er jour ouvré, partout, certificat de vie | Garder un compte FR simplifie les virements |
| CSG et CRDS | Jusqu’à 8,3 % + 0,5 % | 0 %, si non‑résident fiscal | Aucune CSG/CRDS sur la pension |
| Cotisation maladie | Incluse dans la CSG | 3,2 % base, 4,2 % complémentaire | Financement de soins lors de séjours en France |
| ASPA | Versée normalement (1 034 €/mois, 2026) | Suspendue si absence > 3 mois/an | Présence d’au moins 9 mois/an en France |
| Couverture santé | Sécurité sociale + complémentaire | S1, convention ou CFE selon pays | Vérifier la solution santé avant le départ |
En pratique, le principal risque de coupure n’est pas lié au pays de résidence, mais au certificat d’existence. Chaque année, les caisses envoient un formulaire unique à faire signer par une autorité locale, que le retraité dispose de deux mois pour renvoyer, sans quoi la pension est suspendue. Il peut être retourné par courrier, téléversé depuis l’espace en ligne de l’Assurance retraite ou d’Info‑Retraite, ou validé via l’application mobile « Mon certificat de vie ». Depuis mars 2026, les retraités vivant en Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Luxembourg, Pays‑Bas, Portugal ou Suisse en sont dispensés grâce aux échanges automatiques d’état civil. Pour les autres pays dotés de documents d’identité biométriques, l’usage de l’application deviendra obligatoire au 1er janvier 2028. Contrairement à une rumeur tenace, il n’existe pas de compteur de jours qui couperait la pension contributive après six mois à l’étranger ; seules les aides soumises à résidence, comme l’ASPA, sont suspendues au‑delà de trois mois d’absence par an.
Fiscalité et prélèvements d’une retraite à l’étranger en 2026
Pour un retraité devenu non‑résident fiscal, l’atout le plus visible est la disparition de la CSG et de la CRDS sur les pensions. En France, la CSG peut atteindre 8,3 % et la CRDS 0,5 %, alors qu’à l’étranger ces prélèvements tombent à 0 % dès lors que le foyer, le lieu de séjour principal, l’activité et le centre des intérêts économiques se situent hors du territoire. En contrepartie, la CNAV prélève une cotisation d’assurance maladie de 3,2 % sur la pension de base (7,1 % pour les indépendants) et l’Agirc‑Arrco applique 4,2 % sur la complémentaire, afin de financer le maintien de certains droits de soins lors des séjours temporaires en France. Le fameux seuil de 183 jours n’est qu’un indice parmi d’autres de la résidence fiscale, et non un interrupteur automatique de droits.
Pour l’impôt sur le revenu, tout dépend ensuite de la convention fiscale signée entre la France et le pays de résidence. Quand la convention réserve l’imposition au pays d’accueil, cas fréquent dans l’Union européenne, la pension n’est imposée que localement. Si la convention donne au contraire la main à la France, une retenue à la source s’applique selon le barème BOFIP 2026 : 0 % jusqu’à 17 275 € de pension annuelle, 12 % de 17 276 à 50 112 €, puis 20 % au‑delà, après abattement de 10 %. Sans convention, la pension peut être taxée à la fois en France et dans le pays d’installation. Pour les retraités restés résidents fiscaux français, le montant versé chaque mois peut aussi varier en septembre, lorsque la Direction générale des Finances publiques actualise le taux de prélèvement à la source à partir des revenus 2025 déclarés au printemps 2026. Comme l’indique la Direction générale des Finances publiques sur son site, « Le taux est modifiable tout au long de l’année, confirme la DGFiP sur son site. Vous pouvez ainsi à tout moment signaler une nouvelle situation ou une modification de vos revenus. Votre taux de prélèvement, et vos acomptes mensuels ou trimestriels si vous en avez, seront ainsi immédiatement calculés en fonction de votre nouvelle situation ».
Comment sécuriser santé et démarches avant de partir en retraite à l’étranger ?
Le départ change aussi profondément la couverture santé. Dans l’Union européenne et l’Espace économique européen, un retraité doit demander avant de partir le formulaire S1 à sa caisse d’assurance maladie : il l’inscrit dans le système de santé du pays d’accueil, où les soins sont pris en charge aux tarifs locaux, tout en maintenant des droits lors de séjours temporaires en France via la carte européenne d’assurance maladie. Dans les pays liés par une convention bilatérale de sécurité sociale, par exemple le Maroc, la Tunisie ou l’Algérie, certains accords ouvrent l’accès aux soins locaux, d’autres se limitent à additionner les périodes de cotisation pour la retraite ; le centre de remboursement des soins à l’étranger (CNAREFE) gère alors les flux financiers entre caisses et la prise en charge des frais lors des retours. Hors convention, il faut s’affilier au régime obligatoire du pays lorsqu’il existe ou souscrire à la Caisse des Français de l’Étranger, qui rembourse sur la base des tarifs français et peut être complétée par une couverture complémentaire privée.
Pour sécuriser l’installation, quelques démarches clés doivent être anticipées. Il faut d’abord vérifier son relevé de carrière et faire corriger d’éventuelles erreurs, puis signaler à l’Assurance retraite et à l’Agirc‑Arrco la nouvelle adressse et, le cas échéant, le nouvel IBAN. Dans l’Union européenne ou l’EEE, la demande de S1 se fait auprès de la CPAM avant le départ ; il convient aussi de prévenir le centre des impôts du transfert de résidence, de vérifier l’existence d’une convention de double imposition et de continuer à déposer chaque année une déclaration française (formulaire 2042 et annexe 2041‑E) pour les revenus de source hexagonale. La clôture des livrets réglementés réservés aux résidents fiscaux français, comme le LEP, le LDD ou le Livret Jeune, le Livret A et le PER restant accessibles depuis l’étranger, l’anticipation de la première demande de certificat d’existence et la vérification, une fois sur place, de la bonne réception des pensions et de l’ouverture des droits santé locaux complètent ce parcours. Les périodes travaillées à l’étranger ne figurent pas toujours sur le relevé de carrière ; dans un pays conventionné elles sont totalisées pour la durée d’assurance, hors convention elles ne comptent pas.
Sources
En bref
- En 2026, près de 1,5 million de retraités français touchent leur pension depuis l’étranger, avec des versements possibles sur un compte local ou français.
- Certificat d’existence, fin de la CSG-CRDS pour les non-résidents, retenue à la source et conventions fiscales redessinent le montant net et le lieu d’imposition.
- Entre formulaire S1, CFE, ASPA et nouvelles dispenses de certificat de vie dans huit pays européens, le guide détaille les réflexes à adopter pour éviter toute coupure.









