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Shein, le mastodonte de la fast fashion, veut entrer en bourse 

La marque chinoise Shein souhaite depuis quelques mois s’introduire en bourse. Après avoir essayé aux États-Unis, l’entreprise chinoise semble se tourner vers le marché londonien. Focus sur la marque aux 1001 controverses : Shein. 

Un article d’Augustin Castel

Slow Fashion versus Fast Fashion. Un combat qui fait couler beaucoup d’encre depuis quelques années. Aujourd’hui, il pourrait être amené à un niveau supérieur. En effet, Shein, le géant chinois de la fast fashion, s’apprête à déposer un prospectus auprès de l’autorité britannique des marchés financiers en vue d’une possible Introduction en Bourse (IPO). Cela valoriserait ainsi l’entreprise chinoise à 50 milliards de livres, soit 58,7 milliards d’euros. 

L’entreprise de l’Empire du Milieu n’en est pourtant pas à son premier essai. En novembre 2023, la société chinoise de fast fashion avait tenté de s’introduire en bourse à New York. Sans succès… Et cela pourrait à nouveau se reproduire à Londres. Mais alors, pourquoi Shein, dont le chiffre d’affaires dépassait les 22,7 milliards de dollars en 2022, se heurte-t-elle à des refus ? 

La problématique Shein 

Fondée en 2008 en Chine, la société est désormais basée à Singapour. En quelques années, l’entreprise a réussi à dominer le marché mondial de la fast fashion. Des prix très bas, une vente exclusivement en ligne et un renouvellement quotidien du catalogue : le modèle Shein a rapidement séduit. Pourtant, la marque a très vite été accusée de travail forcé et d’incitation à la surconsommation. C’est notamment le député européen Raphaël Glucksmann qui alerte régulièrement sur les conditions de travail des employés de la marque. « SHEIN est un symbole de cette industrie de la Fast Fashion qui se moque des droits humains, viole les droits sociaux et saccage l’environnement », écrit-il sur LinkedIn. 

De plus, les critiques pointent du doigt Shein pour son impact environnemental néfaste. En effet, l’entreprise proposerait pas moins de 7 000 nouveaux produits par jour, oscillant entre un et dix euros. Marion Bouchut, directrice de la communication Europe de Shein, se défendait lors d’une interview sur le plateau de BFM. « J’entends souvent un chiffre de plus de 7.000 exemplaires par jour. Il y a beaucoup de méconnaissance et d’incompréhension sur [notre] business model ». Invitée pour réagir à la proposition de loi faite pour réduire la pollution engendrée par la fast fashion, Marion Bouchut explique que celle-ci, « même si l’intérêt et l’objectif sont tout à fait louables, il y a beaucoup de défauts et de manque de définition de ce qu’est la fast fashion ».  

La marque est également épinglée par Greenpeace Allemagne. « Les tests de 47 produits SHEIN ont révélé que sept d’entre eux (15 %) contenaient des produits chimiques dangereux en violation des limites de l’UE, tandis que les tests ont révélé qu’un total de 15 des produits contenaient des produits chimiques dangereux à des niveaux inquiétants (32 %) », peut-on lire sur le site de l’ONG. Pourtant, si la marque chinoise n’arrive pas à s’introduire aux États-Unis, c’est bien pour ces questions environnementales et humaines. 

Shein : histoire d’une IPO raté 

Bien que toujours officiellement en cours, la demande l’IPO aux États-Unis est un raté pour la marque de fast Fashion. En novembre 2023, la société est valorisée à environ 66 milliards de dollars. Elle-ci dépose, confidentiellement, une demande d’introduction en bourse auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis. De plus, l’entreprise approche la China Securities Regulatory Commission (CSRC) pour obtenir l’accord de Pékin. 

Pourtant, début 2024, la CSRC ne recommande pas une introduction sur le marché américain. De l’autre côté, de nombreux sénateurs ont fait part de leur opposition à une cotation de la marque chinoise sur les marchés américains. « Bien que Shein affirme que ses produits n’utilisent pas le travail forcé des Ouïghours et qu’ils travaillent avec des parties tierces pour auditer leurs installations, les experts affirment que ces types d’audits sont facilement manipulés ou falsifiés sous la pression des autorités », écrivaient-ils dans une lettre ouverte à la SEC. Pourtant, l’histoire pourrait se répéter à Londres. en effet, des législateurs anglais souhaitent un examen plus approfondi du géant chinois. Malgré que rien ne soit officiel pour le moment.

Londres ou New York

La Grande-Bretagne désire attirer plus de cotation étrangère. Mais des divisions se font déjà sentir entre les différents acteurs. D’un côté, Jeremy Hunt, le ministre britannique des finances, se serait entretenu avec Donald Tang, le président exécutif de Shein, pour parler d’une IPO. De l’autre, trois présidents de commissions parlementaires s’interrogent. Alicia Kearns, présidente conservatrice de la commission parlementaire des affaires étrangères, a déclaré, « qu’une entreprise qui n’a pas fourni d’informations complètes sur ses chaînes d’approvisionnement, comme l’exige la législation britannique, et dont les conditions de travail dans les usines suscitent de vives inquiétudes, n’a pas sa place à Londres ». 

L’affaire de cette potentielle cotation reste donc à suivre. De plus, bien que les États-Unis reste le marché de prédilection de la marque, une cotation secondaire pourrait séduire dans le cas d’un cotation sur le marché londonien. En attendant, le porte-parole de la marque a déclaré : « qu’en tant qu’entreprise mondiale servant des clients dans plus de 150 pays, nous pensons qu’il est sain d’attirer l’attention et la transparence et nous voulons être tenus aux normes les plus élevées ». 

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