Or : après le krach de 2026 (-20 % en quelques semaines), ce que vous risquez vraiment en misant votre épargne de crise sur le « métal refuge »
Entre record à 5 595 dollars l’once et chute de plus de 20 % début 2026, l’or bouscule son image de valeur refuge absolue. En période de crise, peut-il vraiment protéger votre épargne ou seulement limiter les dégâts ?

En quelques semaines, l’or a rappelé aux épargnants qu’il pouvait être tout sauf calme. En janvier 2026, le métal jaune a franchi la barre des 5 000 dollars l’once (environ 4 350 euros), avant de toucher un record à 5 595 dollars l’once, soit près de 4 850 euros, le 29 janvier, porté par la demande des banques centrales et un climat géopolitique tendu. Puis, en mars, alors même que les tensions s’intensifiaient au Moyen-Orient, son cours a lâché plus de 11 % en une semaine.
Le 23 mars, l’once tombait sous les 4 300 dollars, autour de 3 730 euros, soit plus de 20 % de moins que le pic de janvier. Pour ceux qui avaient misé sur l’or comme bouclier intégral pour leur épargne, c’est une vraie douche froide. Entre mythe de la valeur refuge et réalité des marchés, de nombreux particuliers s’interrogent : l’or protège-t-il vraiment leur argent en période de crise, ou seulement en partie ? La réponse est moins simple qu’un oui ou un non tranché.
Or et crises : ce que l’épisode 2026 dit de la protection de l’épargne
Quand la crainte d’une inflation durable monte, les marchés s’attendent à ce que les banques centrales vont relever leurs taux directeurs. Des taux plus élevés rendent soudain les obligations d’État, qui versent un intérêt, plus séduisantes que l’or, qui ne distribue ni coupon ni dividende. Au même moment, le dollar se renforce, ce qui pèse mécaniquement sur un actif coté en dollars pour les investisseurs non américains, et certains gérants vendent leurs positions gagnantes sur l’or pour couvrir des pertes ailleurs. Résultat : même en pleine crise, le cours peut se retourner brutalement, comme début 2026.
Sur le long terme, l’histoire reste plus favorable au métal jaune. Sur les cinquante dernières années, l’or fait partie des rares actifs dont l’évolution est positivement corrélée à l’inflation et il a souvent aidé à amortir les chocs boursiers en période de krach. Depuis le début des années 2000, sa performance annualisée tourne autour de 8 %. Après la crise financière de 2008, le métal a fini par plus que doubler sur la décennie suivante, avec une hausse d’environ 88 % entre 2007 et 2017, et il a atteint près de 2 070 dollars l’once, environ 1 800 euros, en août 2020 pendant la crise du Covid. Mais rien de tout cela ne signifie qu’il grimpe à chaque crise, ni qu’il verrouille le capital sans risque.
Protéger son épargne avec l’or : stabiliser plutôt que garantir
C’est précisément ce que rappelle Maxime Kugler, responsable de l’offre financière chez Altaprofits : « L’or n’est pas une garantie contre les crises, mais c’est un actif qui tend à contribuer à stabiliser un portefeuille en période de stress », analyse-t-il, cité par Capital. Stabiliser, cela veut dire réduire les secousses globales du portefeuille, pas empêcher toute perte. Quand les actions mondiales plongent, l’or a souvent mieux résisté, voire monté, ce qui compense une partie des pertes mais ne les efface pas toujours.
Pour cet expert, l’or doit être vu avant tout comme un outil de diversification à long terme : « Je ne vois pas l’or comme un pari court terme en cas de crise, mais plutôt comme une poche de diversification. L’idée, c’est d’avoir un actif qui peut réagir différemment du reste du portefeuille ». En pratique, la règle la plus courante chez les conseillers patrimoniaux consiste à limiter la part d’or à 5 ou 10 % de son patrimoine total. Au-delà, on s’expose fortement à la volatilité du métal, sans revenu régulier. Après une envolée de 65 % en 2025 et une hausse de près de 50 % en un an, le risque de prises de bénéfices est élevé, surtout si une nouvelle remontée des taux directeurs de la Fed rend les obligations d’État plus attractives que l’or.
Combien d’or détenir et sous quelle forme pour son épargne ?
Reste une question très concrète pour les épargnants : comment détenir cet actif refuge potentiel. L’or physique prend la forme de pièces ou de lingots, avec le côté rassurant d’un métal tangible, mais aussi la contrainte de stockage sécurisé, parfois en coffre, avec des frais de garde et d’assurance. Pendant longtemps, les Français se tournaient surtout vers le marché de l’occasion pour acheter des Louis d’or ou des Napoléons. Désormais, la Monnaie de Paris propose le bullion Marianne-or, une pièce d’investissement en or pur à 999 millièmes, déclinée en quatre formats allant de l’once (31,1 grammes) au dixième d’once (3,11 grammes). Le lancement, qui « répond aux attentes des investisseurs » et vise à « démocratiser et moderniser le marché de l’or en France », permet aussi de « renouer avec son histoire », a souligné Marc Schwartz, PDG de la Monnaie de Paris, cité par MoneyVox.
L’once d’or vaut actuellement autour de 4 500 dollars, soit un peu moins de 3 900 euros, et la valeur de chaque Marianne-or suit ce cours en temps réel, à la hausse comme à la baisse. L’investisseur peut choisir de se faire livrer la pièce pour la conserver, la transmettre ou l’offrir, ou opter pour une version dématérialisée, l’e-Marianne, dont le bullion est alors gardé de manière sécurisée par la Monnaie de Paris, qui s’engage à le racheter au cours du jour en cas de revente. Chaque option implique une commission, des frais d’envoi ou de garde, auxquels s’ajoutent le spread entre prix d’achat et de revente et la fiscalité propre à l’or. Avant de se lancer, il reste donc interressant de vérifier que son épargne de précaution liquide est en place, puis de calibrer une part d’or raisonnable, autour de 5 à 10 % du patrimoine, en fractionnant les achats dans le temps et en choisissant le bon mélange entre or physique et or « papier » (ETC, fonds, e-bullion). Cette approche évite de tout miser sur un seul moment de marché ou un seul scénario de crise.
En bref
- Début 2026, l’or passe d’un record à 5 595 dollars l’once à une chute de plus de 20 %, semant le doute chez les épargnants en quête de valeur refuge.
- L’article montre comment l’or peut amortir certaines crises, protéger partiellement de l’inflation et des krachs boursiers, tout en restant volatil et sans garantie de capital.
- Vous y trouverez des repères chiffrés, des exemples concrets et des pistes pour doser l’or entre 5 et 10 % de votre patrimoine sans mettre en danger votre épargne.









