Vinted, Leboncoin, Marketplace : cette arnaque aux faux frais PayPal piège de plus en plus de vendeurs en 2026 sans qu’ils s’en rendent compte

Par Paul Graph - Publié le

En pleine explosion de la seconde main, une nouvelle arnaque aux faux frais PayPal vise désormais les vendeurs sur Vinted, Leboncoin et Facebook Marketplace. Comment ces faux mails quasi parfaits réussissent-ils à soutirer des centaines d’euros en quelques clics ?

Vinted, Leboncoin, Marketplace : cette arnaque aux faux frais PayPal piège de plus en plus de vendeurs en 2026 sans qu’ils s’en rendent compte

Sur Vinted, Leboncoin ou Facebook Marketplace, vendre un objet d’occasion est devenu un réflexe pour boucler son budget. Beaucoup de particuliers font confiance à PayPal pour sécuriser les transactions, persuadés que ce « tiers de confiance » les protège de tout. En ce mois de mai 2026, une nouvelle vague de fraudes extrêmement sophistiquées vient pourtant cibler directement ce réflexe très banal, en s’attaquant aux vendeurs eux-mêmes.

Les chiffres montrent l’ampleur du terrain de jeu pour les escrocs : selon l’étude du Crédoc relayée par Vie-publique.fr, « en 2025, 73 % des internautes déclarent avoir été exposés à une tentative d’arnaque ou de fraude en ligne ». Et « 39 % des Français en ont été victimes au cours de l’année écoulée », tandis que la plateforme Cybermalveillance.gouv.fr rappelle que l’hameçonnage représente « environ 60 % des cyberattaques en France ». Pour rendre leurs messages indétectables, les arnaqueurs s’appuient désormais sur des générateurs de texte par intelligence artificielle pour produire des courriels d’une redoutable justesse. Reste à savoir repérer la mise en scène.

Une arnaque bien rodée aux faux frais PayPal sur Vinted et Leboncoin

Le scénario commence toujours de manière rassurante. Sur une annonce de seconde main, un acheteur paraît sérieux, accepte le prix sans discuter et annonce un règlement immédiat via PayPal. Quelques minutes après l’accord, le vendeur reçoit un courriel qui imite à la perfection la charte graphique de la plateforme, lui indiquant que le paiement serait « en attente ». L’interlocuteur certifie avoir payé et réclame une ultime manipulation pour débloquer les fonds : « Le vendeur pense que l’argent est déjà là et qu’il ne manque qu’une formalité. C’est précisément ce sentiment d’urgence que les fraudeurs exploitent », observe François Duvar, expert cybersécurité cité par Capital.

Dans ce faux message, le vendeur se voit intimer de transformer son compte en profil professionnel ou de régler sans attendre des frais présentés comme indispensables pour recevoir l’argent, pour des montants situés entre 20 et 50 euros. Persuadée que la somme sera libérée aussitôt, la victime avance ces premiers frais, puis d’autres lorsque l’escroc revient à la charge en évoquant tour à tour « vérification incomplète », « paiement suspendu » ou « contrôle de sécurité supplémentaire ». Les liens frauduleux servent parfois aussi à récolter identifiants PayPal, IBAN ou numéro de carte bancaire, avant que le vendeur ne paie les faux frais puis n’expédie le colis sans jamais voir le moindre virement. Ce type de manoeuvre relève de l’escroquerie au sens de l’article 313-1 du Code pénal, passible de 5 ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende.

Repérer les faux frais PayPal et protéger ses ventes en ligne

Le succès de cette arnaque tient aussi au fait qu’elle s’appuie sur une confusion bien réelle : oui, PayPal peut facturer certains frais sur des paiements de biens et services, des transactions internationales ou des conversions de devises. Sauf que ces montants sont automatiquement déduits de la somme reçue et apparaissent uniquement dans le compte PayPal du vendeur, jamais sous forme d’argent à envoyer séparément pour « débloquer » un paiement. Surtout, la plateforme ne demande jamais à ses usagers de verser de l’argent à un tiers ni d’acheter des cartes prépayées PCS ou Transcash pour finaliser une vente entre particuliers. Un paiement authentique s’affiche immédiatemment dans l’onglet Activité du site ou de l’application. François Duvar insiste d’ailleurs sur le réflexe le plus fiable : « Il faut toujours ouvrir directement son compte PayPal depuis l’application ou le site officiel, sans passer par le lien reçu dans le mail ou le SMS. Si le paiement n’apparaît pas dans l’activité du compte, il faut considérer qu’il n’existe pas ».

Pour déjouer ces demandes de faux frais, la vérification de l’expéditeur reste décisive. Les courriels légitimes de l’entreprise proviennent d’adresses se terminant par @paypal.fr ou @paypal.com, et le Centre de sécurité PayPal rappelle : « Nos emails s’adressent toujours à vous par vos nom et prénom ou votre dénomination sociale. Nous n’utilisons jamais les expressions ‘Cher utilisateur' ». En cas de doute, mieux vaut ne jamais cliquer sur les liens reçus, transférer le message suspect à [email protected] ou [email protected], puis contacter sa banque sans attendre si des coordonnées bancaires ont été saisies. Cybermalveillance.gouv.fr, qui recensait 32,9 % de demandes d’assistance liées à l’hameçonnage parmi les particuliers, invite aussi à signaler ces faits sur sa plateforme ou via PHAROS, en conservant mails, SMS et captures d’écran. Sur les plateformes de seconde main comme Vinted, Leboncoin ou Facebook Marketplace, un dernier regard sur l’onglet Activité de PayPal avant d’expédier un colis peut éviter de payer très cher de simples faux frais.

En bref

  • En 2025-2026, dans un contexte d’explosion de la seconde main et de hausse du phishing, une vague d’arnaques aux faux frais PayPal cible massivement les vendeurs sur Vinted, Leboncoin et Facebook Marketplace.
  • Après un accord de vente, des faux e-mails et sites PayPal exigent des frais d’activation de 20 à 50 euros ou un passage en compte professionnel, tout en récoltant parfois identifiants et données bancaires sans que le paiement n’existe réellement.
  • Entre vérification de l’onglet Activité, contrôle minutieux des adresses e-mail et signalements à PayPal, Cybermalveillance ou PHAROS, l’article détaille les réflexes clés pour éviter de payer ces faux frais et savoir réagir en cas de fraude.