"Ce que veulent les vieux" dans votre commune : trottoirs, commerces, numérique… ce top 10 bouscule vos idées sur la vieillesse, baromètre RFVAA 2024

Par Paul Graph - Publié le

Du trottoir élargi au jardin partagé, 11 000 habitants de 130 communes ont listé ce qui changerait vraiment leur quotidien. Que révèle le baromètre 2026 « Ce que veulent les vieux » sur la façon de vieillir en ville ou au village ?

« Ce que veulent les vieux » dans votre commune : trottoirs, commerces, numérique… ce top 10 bouscule vos idées sur la vieillesse, baromètre RFVAA 2024

Dans les couloirs des mairies, un document circule de plus en plus : le baromètre « Ce que veulent les vieux », mené par le Réseau francophone des villes amies des aînés (RFVAA). Derrière ce titre assumé, une idée simple : demander directement aux habitants âgés ce dont ils ont besoin pour continuer à bien vivre dans leur commune, sans se contenter d’idées toutes faites sur la vieillesse.

Pour sa 4e édition dévoilée en avril, ce baromètre a réuni près de 11 000 participants, de 50 à plus de 75 ans, dans environ 130 villes de toutes tailles, au fil d’environ 600 ateliers participatifs. De ce vaste travail sont sorties 128 actions souhaitées, hiérarchisées par les intéressés eux‑mêmes… et ces priorités racontent une autre manière de vieillir en ville ou au village.

Baromètre « Ce que veulent les vieux » : comment les aînés ont parlé de leur commune

Le RFVAA a proposé aux communes engagées dans la démarche « ville amie des aînés » d’organiser des ateliers ouverts aux habitants. Objectif : prendre le temps de réfléchir ensemble à « qu’est-ce qu’un territoire ami des aînés ? » et faire émerger les besoins du quotidien, du trottoir devant chez soi jusqu’aux services de transport. « Nous voulons les laisser se projeter sur le temps long de l’avancée en âge et formuler les demandes nécessaires à leur territoire », explique Pierre-Olivier Lefebvre, délégué général du RFVAA, dans les colonnes de Notre Temps.

Les contributions ont ensuite été regroupées par grands thèmes : espaces extérieurs et bâtiments, transport et mobilité, information et communication, lien social et solidarité, culture et loisirs, habitat, autonomie et soins, participation citoyenne. Au fil des échanges, une idée revient : pour bien vieillir, les habitants veulent d’abord pouvoir continuer à sortir de chez eux, participer à la vie locale et ne pas décrocher d’un monde qui change vite.

Trottoirs, commerces, culture à domicile : le top 10 de « ce que veulent les vieux »

Les 10 premières actions citées dessinent des attentes très concrètes, centrées sur l’accessibilité, la proximité et la vie de quartier. Elles changeraient, selon les participants, leur quotidien dans leur commune :

  • Des trottoirs larges et accessibles : 51,56 %
  • Des commerces de proximité accessibles et adaptés aux aînés : 49,30 %
  • Un accès à la culture et aux loisirs à domicile pour les aînés : 48,20 %
  • Des formations à la conduite souple et sécurisée pour les chauffeurs de bus : 44,90 %
  • Des jardins partagés : 43,86 %
  • Des ateliers de formation aux outils numériques pour les aînés : 43,28 %
  • Un bureau unique dédié aux besoins des aînés : 40,30 %
  • Des activités intergénérationnelles favorisant le lien social : 39,80 %
  • Une maison des aînés : 39,38 %
  • Une instance de consultation dédiée aux aînés : 39,10 %

Arrivent en tête les « trottoirs larges et accessibles », qui concentrent plus de la moitié des souhaits exprimés. Les participants réclament aussi des « bandes de signalisation adaptées sur les nouveaux aménagements de trottoirs », de l’éclairage public renforcé, des toilettes publiques accessibles, voire des pistes cyclables adaptées. Autrement dit, rester présent dans l’espace public plutôt que se replier chez soi.

La mobilité en général est très présente dans le palmarès, avec la demande de formations à la conduite souple pour les chauffeurs de bus et, en parallèle, des sessions de remise à niveau en conduite automobile. Viennent ensuite la proximité des commerces, perçue comme un garant du lien social, et les jardins partagés, lieux de rencontre et d’exercice physique où l’on entretient son quartier autant que son moral. L’accès à la culture et aux loisirs à domicile, fortement mis en avant depuis le Covid, est aussi vu comme un soutien au maintien à domicile, par exemple via le portage de livres par la médiathèque.

Lien social, numérique, citoyenneté : que disent ces demandes des villes amies des aînés ?

Au‑delà de l’espace public, les habitants âgés insistent sur l’information et le numérique. Dans ce thème, les « ateliers de formation aux outils numériques pour les aînés » arrivent en tête, complétés par un « accompagnement des aînés dans l’usage des services numériques ». L’idée est claire : ne pas être mis à l’écart d’un monde qui évolue vite, ne pas renoncer à des droits ou à des démarches faute de maîtrise d’un site internet. Une « maison des aînés » et une rubrique d’information dédiée aux aînés dans le magazine local sont aussi réclamées pour rester au courant et repérer facilement les services existants.

Le lien social et la citoyenneté forment un autre bloc de demandes. Un « bureau unique dédié aux besoins des aînés », des activités intergénérationnelles ou des actions de volontariat auprès des personnes âgées sont cités comme des leviers pour éviter l’isolement et garder sa place dans la vie de la cité. Pierre-Olivier Lefebvre souligne que beaucoup de communes du réseau ont déjà déployé des actions de prévention santé, ce qui explique que la santé n’apparaisse pas en haut du classement global, même si « l’accès aux soins reste la préoccupation majeure dans les villages de moins de 2000 habitants ». Pour lui, l’idée générale exprimée par les participants tient en peu de mots : trouver sa place dans la commune et de la qualité de vie, en s’appuyant sur des liens sociaux, en particulier intergénérationnels, et sur un environnement de proximité adapté à l’avancée en âge.

En bref

  • Porté par le Réseau francophone des villes amies des aînés, le baromètre 2026 « Ce que veulent les vieux » s’appuie sur près de 11 000 habitants consultés dans 130 communes via plus de 600 ateliers.
  • Les aînés placent en tête des priorités des trottoirs accessibles, des commerces de proximité, la culture à domicile, le numérique, les jardins partagés et le lien social, bien avant la seule dimension santé.
  • Ces résultats invitent maires et habitants à repenser l’espace public, les services et la participation citoyenne pour rendre chaque commune vraiment amie des aînés.