Épargne : 13 % des Français laissent tout sur un compte courant, 500 milliards d’euros qui dorment et ce que cela peut vous coûter chaque année

Par Paul Graph - Publié le

13 % des Français laissent encore toute leur épargne dormir sur un compte courant non rémunéré, en plein retour de l’inflation. Qui sont-ils et combien cette inertie peut-elle leur coûter à long terme ?

Épargne : 13 % des Français laissent tout sur un compte courant, 500 milliards d’euros qui dorment et ce que cela peut vous coûter chaque année

En 2026, alors que l’inflation grignote silencieusement le pouvoir d’achat, une partie des Français laisse toujours son argent immobilisé sur de simples comptes de dépôt. Selon le baromètre Ifop-Altaprofits de l’épargne en France et en régions, publié le 4 juin 2026, 13 % des Français conservent l’intégralité de leur épargne sur un compte courant non rémunéré, pour la deuxième année consécutive.

D’après la Banque de France, près de 500 milliards d’euros stagnent aujourd’hui sur les comptes courants, avec un solde moyen de 6 845 € en mars 2026 et une médiane autour de 1 000 €. Une part importante de cette épargne qui dort sur un compte courant pourrait pourtant rapporter, sans aucun risque supplémentaire. Le manque à gagner est loin d’être anodin.

13 % des Français laissent leur épargne dormir sur un compte courant

L’étude Ifop-Altaprofits, menée du 30 mars au 8 avril 2026 auprès de 2 412 personnes, dresse un constat plutôt stable : « Le comportement d’épargne des Français est globalement stable malgré de légers signaux indiquant que le contexte économique est perçu plus difficile », explique cette étude, citée par MoneyVox. Elle rappelle aussi que 95 % des Français « possèdent au moins un produit d’épargne ». Dans le détail, 79 % déclarent recourir à des produits sans risque, contre 73 % en 2024, tandis que seuls 18 % privilégient des produits dits « un peu risqués » et 3 % recourent « à des produits risqués avec une chance d’obtenir un rendement important ».

Sur ces 95 % d’épargnants, une minorité significative – mais qui représente plusieurs millions de foyers – laisse pourtant tout son argent sur le compte de dépôt : pour la deuxième année de suite, 13 % des Français gardent la totalité de leur épargne sur un compte courant. Ce comportement touche surtout les plus âgés et, selon le baromètre, « révèle une préférence pour la disponibilité immédiate et une difficulté persistante à se projeter vers des placements plus engageants », analyse Altaprofits. L’aversion au risque est décrite comme « naturelle chez les seniors en phase de préservation du capital, se concentre également chez les femmes et les ménages modestes, révélant des inégalités persistantes face à l’investissement », poursuit l’étude. Et seuls quelques comptes courants sont rémunérés.

Livret A, LDDS, LEP : des alternatives sans risque pour l’épargne qui dort

Pour un solde moyen de 6 845 €, le simple fait de transférer cette somme sur un Livret A au taux actuel de 1,5 % rapporterait environ 103 € par an, nets d’impôt, indique le baromètre. À l’échelle du pays, si les près de 500 milliards d’euros laissés sur les comptes courants étaient placés sur des livrets réglementés à 1,5 %, le gain collectif atteindrait environ 8 milliards d’euros par an. Sur cinq ans, un retraité qui laisse 6 845 € dormir sur son compte perd 527 € d’interets nets par rapport au Livret A, et même 1 302 € si cette somme était rémunérée au taux du LEP à 3,5 %. Pendant ce temps, la somme ne bouge pas, l’inflation la grignote, et la banque utilise ces dépôts sans contrepartie.

Les épargnants qui laissent tout sur leur compte courant n’ont pourtant pas besoin de changer de banque ni de prendre plus de risque. Trois produits garantis par l’État, entièrement liquides et exonérés d’impôt sur le revenu comme de prélèvements sociaux, sont disponibles dans toutes les enseignes et s’ouvrent en ligne en quelques minutes :

  • Livret A : taux 1,5 %, plafond 22 950 €, sans condition de revenus.
  • LDDS : taux 1,5 %, plafond 12 000 €, également sans condition particulière.
  • LEP : taux 3,5 %, plafond 10 000 €, réservé aux contribuables dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 22 259 € pour une personne seule.

Le Livret A et le LDDS sont cumulables, ce qui permet à un même épargnant de placer jusqu’à 34 950 € à 1,5 % net. Quant au Livret d’épargne populaire, régulièrement présenté comme le placement sans risque le mieux rémunéré, son plafond de revenus rend éligible une large part des retraités et des ménages modestes, qui peuvent vérifier leur droit en quelques clics sur le site de leur banque. Dans certaines régions comme la Bourgogne-Franche-Comté, où 83 % des épargnants préfèrent les placements sans risque et 70 % privilégient déjà les livrets réglementés, ces produits constituent plus que jamais l’alternative évidente à l’argent qui dort sur le compte courant.

En bref

  • Entre mars et avril 2026, le baromètre Ifop–Altaprofits révèle que 13 % des Français gardent toute leur épargne sur un compte courant non rémunéré, malgré la généralisation des produits d’épargne.
  • Près de 500 milliards d’euros stagnent ainsi sur les comptes courants, alors que des livrets réglementés comme le Livret A, le LDDS ou le LEP offrent une rémunération sans risque et exonérée d’impôts.
  • L’article détaille combien coûte cette épargne qui dort, explique pourquoi certains profils sont plus exposés et propose un plan d’action simple pour déplacer son argent vers des placements sécurisés.