Canicule : ce détail oublié dans 43% des logements français qui pourrait vous faire gagner 5°C sans climatisation

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

En pleine répétition des canicules, des millions de logements français se transforment en bouilloires faute de volets et stores extérieurs. Comment ces protections solaires extérieures, capables de faire baisser de 4 à 5°C la température intérieure, restent-elles encore facultatives ?

Canicule : ce détail oublié dans 43% des logements français qui pourrait vous faire gagner 5°C sans climatisation

Les premiers coups de chaud transforment déjà certains appartements en véritables fours, surtout quand le soleil tape en plein sur les vitrages. Dans ces logements qualifiés de « bouilloires thermiques », la température grimpe vite, même quand les murs sont bien isolés pour l’hiver.

Face à ces canicules qui se répètent, les protections solaires extérieuresvolets et stores extérieurs – apparaissent comme la barrière la plus simple à mettre en place. La Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Abbé Pierre) les décrit même comme des « prérequis indispensables » et estime qu’ils permettent de réduire de 4 à 5°C la température intérieure d’un logement. Pourtant, une étude IGNES-Pouget montre qu’en France, environ 43% des logements ne disposent pas de protections extérieures suffisantes sur leurs fenêtres les plus exposées au soleil. Un paradoxe bien installé.

Volets et stores extérieurs, un bouclier thermique encore trop peu posé

Selon l’étude IGNES-Pouget, fondée sur 9 millions de diagnostics de performance énergétique (DPE), l’insuffisance de protections solaires extérieures est le principal facteur de surchauffe dans les logements. Près d’un logement sur deux (48%) y est classé avec un confort d’été « insuffisant », y compris parmi des biens jugés performants pour l’hiver. Le soleil entre, chauffe les vitrages, la chaleur reste piégée à l’intérieur.

Les situations varient selon le type de logement. Pour les maisons individuelles, le taux de logements insuffisamment dotés en protections extérieures grimpe à 50 %, contre 39 % pour les appartements. Dans de nombreuses zones rurales, des maisons très performantes en hiver se révèlent « inadaptées » à la chaleur estivale, tandis qu’en ville, l’absence de volets s’explique souvent par des raisons historiques ou architecturales. Dans le parc social, cette vulnérabilité se traduit très concrètement : « Mon immeuble est construit en béton armé, ça chauffe beaucoup l’été et c’est froid l’hiver. On n’a pas de ventilation ni de volets. La température monte à 35°C pendant les fortes chaleurs », a déclaré Michelle Audrin, 67 ans, habitante d’un logement social à Aubervilliers, auprès de la Fondation pour le logement des défavorisés.

Protections solaires extérieures : ce que montrent l’étude IGNES-Pouget et le DPE

L’étude IGNES-Pouget détaille ce manque de volets et de stores. Près de 43 % des logements ne disposent pas de protections extérieures « suffisantes » : ils n’ont pas de volets ou de stores pour l’ensemble des fenêtres orientées à l’est, à l’ouest et au sud. Le phénomène touche donc des millions de fenêtres exposées directement au rayonnement. Plus la commune est grande, plus les logements sont équipés : pour les appartements, la présence de protections solaires augmente de 6 % entre les plus petites villes et les plus grandes.

Autre enseignement : les volets restent largement sous-utilisés comme alternative à la climatisation. Près de la moitié des logements climatisés ne possèdent pas de protections solaires sur leurs baies vitrées les plus exposées (47 %), alors que l’installation de protections figure parmi les « premiers gestes » attendus pour le confort d’été. L’étude relève que 90 % des logements dotés de climatisation sont classés « moyens » ou « insuffisants » en confort d’été. « La climatisation va être amenée à se développer », a reconnu le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, qui souhaite toutefois la conditionner à la mise en œuvre préalable de solutions plus sobres comme les volets et stores extérieurs, cité par BFMTV.

Volets et stores sont-ils obligatoires, et quelles aides pour en installer ?

Malgré leur efficacité, les volets restent aujourd’hui facultatifs dans l’immobilier ancien mis en vente ou en location. Le propriétaire est seulement tenu « d’occulter la lumière dans les pièces destinées au sommeil (…) par des volets ou persiennes, ou par un dispositif d’effet équivalent » (par exemple des rideaux occultants). Ces autres dispositifs bloquent la lumière, mais laissent souvent davantage entrer la chaleur. Dans de nombreuses copropriétés, l’instalation de volets ou de stores sur la façade suppose en plus une autorisation de l’assemblée générale, sauf si le règlement les prévoit déjà, ce qui freine certains projets.

Le gouvernement tente d’accélérer le mouvement avec un « plan endurance » présenté en pleine vague de chaleur, alors que le ministère de la Transition écologique publiait un premier bilan du PNACC. « Le mur devant nous est considérable. Un peu plus d’un logement sur trois s’apparente à une bouilloire thermique », a déclaré Vincent Jeanbrun lors d’un point presse. Il souhaite permettre aux copropriétés de voter des travaux de rénovation d’ampleur, incluant stores, volets et brasseurs d’air, à la majorité simple et non plus absolue, avec la possibilité de recourir à un prêt collectif. Les volets, les stores et les brasseurs d’air sont désormais éligibles à MaPrimeRénov pour les rénovations globales, et bénéficient, depuis le 1er janvier 2025, d’un taux de TVA réduit à 5,5 % dans le cadre d’une rénovation. « La canicule (…) est désormais une question de justice sociale », a rappelé le ministre, tandis que la Fondation pour le logement des défavorisés juge que « Le gouvernement se contente des mesures existantes, et de quelques petites annonces floues, comme le recensement des logements sans protections solaires dans le parc social ».

En bref

  • En France, une étude IGNES-Pouget fondée sur 9 millions de DPE révèle que 43 % des logements n’ont pas de protections solaires extérieures suffisantes sur leurs fenêtres les plus exposées.
  • Volets et stores extérieurs peuvent réduire de 4 à 5°C la température intérieure, mais restent facultatifs, freinés par les règles de copropriété, le coût des travaux et l’absence d’obligation claire.
  • Entre développement de la climatisation, nouvelles aides comme MaPrimeRénov’ et projet de simplification des votes en copropriété, le gouvernement promet un tournant encore incertain pour ce bouclier thermique.
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