Ticket restaurant : cette interdiction qui bloque vos courses du dimanche va enfin sauter, un vrai plus pour votre pouvoir d'achat dès 2027
Plus de 5,5 millions de salariés français attendent un feu vert pour utiliser leurs tickets resto au supermarché le dimanche. Une réforme annoncée pour 2027 promet de changer leurs courses du week-end, mais tout ne sera pas permis.

Pour des millions de salariés, le ticket restaurant est devenu un petit coup de pouce indispensable au moment de passer à la caisse. Chaque jour, plus de 5,5 millions de Français règlent leur déjeuner ou une partie de leurs courses avec ces titres dans des milliers de commerces. Mais ce rituel bien rodé s’accompagne encore d’une contrainte bien connue : en principe, impossible d’utiliser ses titres-restaurant le dimanche.
Une réforme en préparation entend justement rebattre les cartes. Le ministre chargé des PME, du Commerce, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Serge Papin, a présenté début avril les grandes lignes d’une proposition de loi qui doit revoir en profondeur les règles de ce dispositif, pour une entrée en vigueur visée en 2027. Au centre du texte, un changement qui pourrait modifier les habitudes de courses du week-end de millions de foyers.
Dimanche au menu : comment les titres-restaurant pourraient évoluer en 2027
Aujourd’hui, le cadre est clair : les tickets resto sont pensés pour payer un repas pendant une journée de travail, du lundi au samedi. Le dimanche, leur utilisation reste en principe interdite ; seule une décision de l’employeur permet à certains salariés amenés à travailler ce jour-là, par exemple dans la restauration ou la santé, de les utiliser. Dans les faits, la grande majorité des détenteurs ne peuvent donc pas profiter de leurs titres lors des courses dominicales.
C’est précisément ce verrou que la réforme veut lever. Le projet prévoit de rendre les titres-restaurant utilisables le dimanche dès 2027 pour l’ensemble des salariés bénéficiaires, qu’ils soient en poste ce jour-là ou non. Les jours fériés resteraient en revanche exclus, comme aujourd’hui. Selon une étude de l’institut Odoxa, 85 % des détenteurs se disent favorables à un usage étendu aux dimanches et jours fériés, ce qui montre combien ce sujet touche au pouvoir d’achat et à l’organisation du quotidien.
Pour visualiser ce qui changerait concrètement, le comparatif suivant résume les grandes lignes entre la situation actuelle et la réforme annoncée.
| Thème | Règle actuelle (2026) | Réforme annoncée (2027) | À retenir / conditions |
|---|---|---|---|
| Jours d’utilisation | Lundi à samedi, dimanche interdit sauf dérogation | Lundi à dimanche, jours fériés toujours exclus | Généralisation du dimanche visée en 2027 |
| Courses alimentaires | Dérogation : tous produits alimentaires jusqu’au 31/12/2026 | Pérennisation de l’achat de tous produits alimentaires | Extension intégrée au droit commun en 2027 |
| Lieux d’utilisation | Restaurants, cantines, commerces alimentaires et certains supermarchés | Restaurants et commerces dits essentiellement alimentaires | Usage recentré sur les enseignes à dominante alimentaire |
| Format du titre | Carte, appli ou ticket papier, environ 25 % papier | Objectif : titres 100 % dématérialisés en 2027 | Transition progressive, fin annoncée des carnets papier |
Supermarchés, dons et dématérialisation : ce qui attend les tickets resto
Le texte ne se limite pas à la question du dimanche. Depuis la crise des prix alimentaires, une dérogation permet d’utiliser les tickets resto pour régler tous produits alimentaires, y compris ceux qui ne sont pas consommés immédiatement, comme les pâtes, le riz ou les surgelés. Cette possibilité avait failli disparaître quelques jours en janvier 2025, avant d’être prolongée par le Parlement. La réforme prévoit de la pérenniser au-delà du 31 décembre 2026, avec une bascule visée au 1er janvier 2027, sous réserve du vote de la proposition de loi.
Pour encadrer ces usages élargis, le dispositif serait réservé aux commerces qualifiés de « essentiellement alimentaires » : supermarchés, épiceries ou enseignes où l’alimentaire représente l’essentiel de l’activité, plutôt que des points de vente où ces achats resteraient marginaux. En parallèle, l’objectif affiché est une dématérialisation complète des titres-restaurant d’ici 2027, alors qu’environ un quart des titres circulent encore au format papier. Les salariés pourraient aussi faire don de leurs titres non utilisés à une association agréée, tandis que les restaurateurs continuent de réclamer un double plafond distinguant repas à table et grande distribution, un point qui risque d’interresser tout autant les services RH que les organisations professionnelles.
En bref
- En France, 5,5 millions de salariés utilisent chaque jour des titres-restaurant, encadrés par le Code du travail qui interdit en principe leur usage le dimanche et les jours fériés.
- Une réforme portée par le ministre Serge Papin prévoit pour 2027 des titres-restaurant utilisables le dimanche, la pérennisation des achats de tous produits alimentaires et une dématérialisation totale.
- Entre maintien de l’interdiction les jours fériés, recentrage sur les commerces essentiellement alimentaires et dons possibles, les nouvelles règles pourraient transformer vos habitudes de caisse.






