Rachat de PayPal pour 53 Md$ par Stripe : ce que la prime de 28% sur l'action signifie pour l'avenir de vos paiements
En visant plus de 53 milliards de dollars pour mettre la main sur PayPal, Stripe et Advent bousculent l’équilibre mondial des paiements. Mais entre prime record, financement géant et direction réticente, ce rachat est loin d’être acquis.

Une offre à plus de 53 milliards de dollars, soutenue par un financement bancaire massif, pour mettre la main sur l’un des pionniers du paiement en ligne : Stripe vient de lancer un signal fort au marché. Avec le fonds de capital-investissement Advent International, le groupe a déposé début juillet une proposition conjointe pour racheter PayPal, une opération qui ferait basculer tout l’équilibre du secteur si elle était menée à bien.
Les deux partenaires proposent 60,50 dollars par action, soit environ 56 €, ce qui représente une prime de 28 % par rapport au dernier cours de clôture de PayPal. L’offre, qui valorise le groupe à plus de 53 milliards de dollars (près de 49 milliards d’euros), repose sur environ 50 milliards de dollars de financements déjà engagés auprès de banques. Pour l’instant, la direction de PayPal ne se précipite pas pour ouvrir des discussions, mais les initiateurs du projet visent une conclusion avant la fin juillet. Le bras de fer ne fait que commencer.
Les termes de l’offre de rachat Stripe-Advent sur PayPal
Selon des personnes proches du dossier, la proposition a été formalisée au début du mois de juillet, après une première approche dès avril à laquelle PayPal n’avait pas donné suite. Le prix proposé de 60,50 dollars par action, avec une valorisation globale de plus de 53 milliards de dollars, se compare à une capitalisation boursière d’environ 36 milliards de dollars en 2026, soit près de 33 milliards d’euros, alors que le titre a perdu plus de 40 % sur douze mois. Pour un actionnaire, la prime offerte est difficile à ignorer, surtout dans un contexte de marché dégradé.
| Élément | Valeur | Ce que ça implique | Source |
|---|---|---|---|
| Valorisation de PayPal | > 53 Md$ (~49 Md€) | Au-dessus des 36 Md$ de capitalisation | Sources 1, 2, 3 |
| Prix par action | 60,50 $ (~56 €) | Prime d’environ 28 % sur le dernier cours | Sources 1, 2, 3 |
| Financement bancaire | ~50 Md$ (~46 Md€) | Montage déjà sécurisé auprès des banques | Sources 1, 2, 3 |
| Répartition du capital | Stripe / Advent à 50-50 | Co-contrôle, sans démantèlement prévu | Sources 1, 3 |
| État des discussions | Stade préliminaire | PayPal n’a pas encore répondu formellement | Sources 2, 3 |
| Calendrier visé | Avant fin juillet 2026 | Objectif affiché par les acquéreurs | Source 2 |
Les partenaires indiquent qu’ils souhaitent conserver PayPal dans son intégralité, en le contrôlant à parts égales plutôt qu’en le découpant par activités. D’après les mêmes sources, les discussions restent privées, Advent International s’est refusée à tout commentaire et ni PayPal ni Stripe n’ont répondu aux demandes de réaction. Le duo cherche toutefois à faire avancer les échanges dans les prochaines semaines, malgré une direction de PayPal décrite comme peu pressée d’entrer en négociation officilement.
Un pari stratégique sur les paiements et les stablecoins
Si l’opération aboutissait, elle deviendrait la plus grosse acquisition fintech jamais réalisée, mais aussi une configuration rare : une entreprise non cotée, encore soutenue par du capital-risque, qui tenterait de prendre le contrôle d’un membre du S&P 500. Pour Stripe, l’enjeu dépasse la seule taille de PayPal. Le groupe vise un rapprochement entre ses technologies de règlement on-chain et l’écosystème du rival, qui dispose de son propre stablecoin, le PYUSD. L’analyste Ryan Yoon de Tiger Research, cité par le Journal du Coin, y voit le début possible d’un « Stablecoin Summer », autrement dit un été des stablecoins.
Stripe ne part pas de zéro : la société a déjà racheté Bridge fin 2024 pour 1,1 milliard de dollars (environ 1 milliard d’euros) afin de renforcer ses capacités de règlement sur blockchain, et développe sa propre blockchain baptisée Tempo aux côtés de Paradigm. Dans le même temps, des géants comme Mastercard ont mis 1,8 milliard de dollars (près de 1,7 milliard d’euros) sur la table pour acquérir la startup BVNK, pendant que Visa suit une trajectoire comparable. Tout le secteur cherche à sécuriser sa place sur les nouveaux rails de paiement, alors que l’intégration de systèmes complexes et de lourdes dettes techniques entre Stripe et PayPal serait interressante à mener, mais longue et coûteuse. Qu’elle se concrétise ou non, cette offre résume la bataille en cours pour contrôler les futurs paiements numériques à l’échelle mondiale.
En bref
- Début juillet, Stripe et Advent International ont soumis une offre dépassant 53 milliards de dollars pour racheter PayPal, fragilisé en Bourse après une chute de plus de 40 % en un an.
- La proposition, à 60,50 dollars par action et financée à hauteur d’environ 50 milliards par les banques, offrirait une prime d’environ 28 % et maintiendrait PayPal intact sous un contrôle partagé 50/50.
- Entre ambitions sur les paiements via stablecoins, rareté d’un tel deal et réticences de la direction de PayPal, les prochaines semaines seront décisives pour ce possible séisme fintech.








