Le géant Volvo crée sa propre cryptomonnaie : ce projet secret pour payer ses fournisseurs directement sur la blockchain
Volvo Group teste une cryptomonnaie propriétaire dans un réseau blockchain fermé pour régler ses fournisseurs et suivre ses flux logistiques. Révélé à l'été 2026, ce pilote on-chain soulève déjà de fortes questions sur paiements, conformité et traçabilité.

Voir un constructeur de poids lourds se lancer dans la création d’une cryptomonnaie propriétaire peut surprendre, pourtant c’est bien ce que prépare le Volvo Group. Le groupe suédois teste un jeton numérique interne destiné à régler ses fournisseurs directement sur une blockchain, dans un environnement fermé, loin de l’image d’une crypto spéculative ouverte au grand public.
L’information a été révélée à l’été 2026 par Ivan Branco, responsable de l’information et des activités liées à l’intelligence artificielle pour Volvo Group Trucks Operations en Belgique, lors d’un podcast de la Fondation Cardano. Derrière ce projet discret, l’objectif est de fluidifier les paiements on-chain et de renforcer la traçabilité des flux logistiques. Une sorte de devise numérique maison, pensée pour la chaîne d’approvisionnement.
Volvo teste une cryptomonnaie propriétaire dans un réseau fermé de fournisseurs
Au micro du podcast, Ivan Branco a détaillé le cadre de l’expérimentation menée avec quelques partenaires triés sur le volet : « Nous avons mené des expérimentations avec certains prestataires de transport afin de voir si nous pouvions créer un environnement fermé reposant sur la blockchain pour les transactions entre les fournisseurs de matières premières, les transporteurs et nous-mêmes. Pour cela, nous avons créé une cryptomonnaie propriétaire, spécifiquement conçue dans le cadre de cette expérimentation », a expliqué Ivan Branco dans ce podcast de la Fondation Cardano, cité par Cryptoast. Le test se limite donc pour l’instant à un périmètre réduit, sans déploiement industriel annoncé.
Pour le responsable, le but est d’abord de simplifier des process devenus lourds avec la mondialisation de la supply chain Volvo. Il évoque le fait de vouloir « tenter de supprimer une partie de la complexité existante » dans les procédures de paiement actuelles, avec des prestataires situés dans de nombreux pays et payés dans des devises locales variées. La cryptomonnaie interne sert de langue commune : inaccessible au public, elle circule uniquement entre fournisseurs, transporteurs et Volvo au sein de ce réseau fermé, ce qui la rend très éloignée d’un token coté sur une plateforme d’échange classique.
Une monnaie unique sur blockchain pour les paiements et la traçabilité
Concrètement, l’idée est que toutes les transactions entre Volvo et ses partenaires logistiques utilisent cette même unité numérique, quel que soit le pays d’origine des pièces ou la devise locale en jeu. Les fournisseurs sont payés dans ce token interne, les transporteurs aussi, puis chacun peut le convertir hors chaîne dans sa monnaie fiduciaire via les canaux prévus avec Volvo. La blockchain apporte, elle, un « registre unique dans lequel peuvent se conserver toutes les informations relatives au transport et aux commandes » pour reprendre les termes d’Ivan Branco. Chaque ordre, chaque étape de livraison, chaque règlement est inscrit de façon horodatée dans ce grand livre partagé.
| Bloc | Ce qui est confirmé | Valeur métier | Questions ouvertes |
|---|---|---|---|
| Paiements | Monnaie unique interne pour règlements | Moins de frictions multi-devises | Mécanisme de conversion exact |
| Registre logistique | Commandes et transports inscrits on-chain | Traçabilité en temps quasi réel | Intégration aux systèmes ERP |
| Réseau | Environnement blockchain fermé, permissionné | Contrôle des acteurs et accès | Gouvernance détaillée du réseau |
| Conformité | Suivi de l’origine des pièces possible | Preuves pour sanctions et audits | Couverture complète des sous-traitants |
| Statut du projet | Pilote, stade d’idéation interne | Test interressant à faible risque | Calendrier et périmètre futur |
Pour Volvo, cette architecture ouvre aussi la porte à une conformité renforcée. En enregistrant sur la blockchain les flux de pièces et leurs pays d’origine, le groupe dispose d’un outil pour répondre aux régulateurs en cas de sanctions internationales ou de nouvelles obligations, comme le futur Digital Product Passport européen qui doit rassembler les informations clés sur la vie d’un produit. Le constructeur n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai en matière de blockchain : dès 2019, sa filiale Volvo Cars a mis en place un suivi du cobalt des batteries électriques sur registre distribué afin de garantir une meilleure traçabilité. Beaucoup de points restent encore non publics dans le projet actuel, du nom du token au choix précis de la technologie, mais ce test illustre la manière dont une grande industrie cherche à ancrer ses paiements et ses chaînes d’approvisionnement directement on-chain.
En bref
- À l'été 2026, Volvo Group Trucks Operations, via Ivan Branco, révèle tester une cryptomonnaie propriétaire pour ses fournisseurs dans un podcast de la Cardano Foundation.
- Ce token interne circule sur une blockchain fermée comme monnaie unique entre fournisseurs, transporteurs et Volvo afin de simplifier les paiements transfrontaliers et centraliser commandes et données de transport.
- Au-delà de ce pilote encore au stade d’idéation, se jouent des enjeux majeurs de traçabilité, de conformité aux sanctions et de préparation au Digital Product Passport européen.








