CLARITY Act : Ce conflit d'intérêts à 1,4 milliard de dollars de Trump qui menace l'avenir de vos cryptos avant le 8 août

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

À Washington, le CLARITY Act censé encadrer les cryptos se heurte à une clause d’éthique taillée sur mesure pour Donald Trump. Entre soupçons de conflit d’intérêts et course aux 60 voix avant août, le texte joue sa survie au Sénat.

CLARITY Act : Ce conflit d’intérêts à 1,4 milliard de dollars de Trump qui menace l’avenir de vos cryptos avant le 8 août

Aux États-Unis, le grand texte censé encadrer le marché des cryptomonnaies n’en finit pas d’achopper. Le CLARITY Act avait pourtant franchi plusieurs étapes clés au Congrès, au point d’être placé « à un yard de la ligne d’en-but », a résumé Scott Bessent, secrétaire au Trésor, cité par Cryptoast, avant que le processus ne se heurte à des tensions politiques qui dépassent largement le seul cadre de la régulation financière.

Pour tenter de lever les dernières réticences, Donald Trump a validé mi‑juillet une version révisée de la clause d’éthique qui encadre les placements crypto des plus hauts responsables fédéraux. Cette concession, négociée en urgence avant la pause parlementaire d’août, a pourtant ouvert un nouveau front politique dont l’issue reste incertaine, entre accusations de laxisme, soupçons de conflit d’intérêts et course contre la montre au Sénat.

CLARITY Act : un compromis éthique qui ne convainc pas

Sur le papier, le Digital Asset Market Clarity Act of 2025 (H.R. 3633) doit offrir un cadre complet au marché américain des actifs numériques : répartition de la supervision entre la SEC pour les jetons assimilés à des titres financiers et la CFTC pour les digital commodities, règles de protection des fonds des clients en cas de faillite et régime spécifique pour les développeurs de finance décentralisée. Après des semaines de blocage sur les rendements servis aux stablecoins et sur la mise en place d’une clause d’éthique, le texte avait retrouvé un peu d’élan au printemps 2026, avant que la nouvelle mouture de ce volet éthique ne ravive les lignes de fracture partisanes.

Tout s’est cristallisé autour d’un amendement négocié le 16 juillet 2026 lors d’une réunion à la Maison‑Blanche réunissant Donald Trump, les sénateurs Bernie Moreno et Cynthia Lummis et Patrick Witt, conseiller crypto du président. Quatre jours plus tard, le 20 juillet, la Maison‑Blanche a présenté l’accord trouvé comme une « disposition éthique la plus complète et la plus vaste de l’histoire », a déclaré l’administration républicaine, citée par Cointribune, quand le sénateur Bernie Moreno a défendu un dispositif qu’il juge le plus rigoureux jamais intégré dans une loi votée par le Congrès. Côté démocrate, le sénateur Ruben Gallego, un des rares à avoir soutenu l’avancée du projet en commission, a au contraire balayé cette proposition en la qualifiant de « très faible ». Il conteste surtout le choix de confier le contrôle de ces nouvelles règles au Département de la Justice, alors que Todd Blanche, avocat personnel de Donald Trump, est engagé dans le processus de confirmation pour en prendre la tête, et le sénateur Cory Booker rappelle qu’une réforme de cette ampleur suppose un véritable accord transpartisan.

Un Sénat divisé et une fenêtre étroite pour le vote du CLARITY Act

Au‑delà du bras de fer sur le contenu de la clause, la mécanique parlementaire joue aussi contre le projet. Les républicains disposent de 53 sièges au Sénat, mais il leur faut atteindre le seuil de 60 voix pour clore les débats de procédure : au moins sept sénateurs démocrates doivent donc se rallier au texte, alors qu’aucun ne le soutient publiquement dans sa version actuelle. Le leader de la majorité, John Thune, dispose d’une marge de manœuvre réduite avant le départ des parlementaires pour la pause estivale autour du 8 août 2026, ce qui explique l’intensité des tractations, au point que le conseiller Patrick Witt a reporté son entraînement annuel avec la Garde nationale de Géorgie et que son adjoint Harry Jung a annoncé son départ imminent de l’administration.

Date Événement Acteurs clés Effet sur le CLARITY Act
1er juillet 2026 Publication des déclarations financières 2025 Donald Trump, autorités d’éthique Débat sur les conflits d’intérêts crypto
16 juillet 2026 Réunion de négociation à la Maison‑Blanche Trump, B. Moreno, C. Lummis, P. Witt Esquisse d’un compromis éthique
20 juillet 2026 Validation officielle de la clause révisée Maison‑Blanche, stratèges républicains Présenté comme dernier obstacle levé
8 août 2026 Début de la pause parlementaire d’été Sénat des États-Unis Date limite politique pour un vote

Pour le secteur crypto, l’enjeu dépasse largement cette passe d’armes entre camps rivaux. Après son adoption à la Chambre des représentants en juillet 2025 par 294 voix contre 134 et son passage en commission bancaire du Sénat au printemps 2026, le CLARITY Act doit clarifier la frontière entre actifs traités comme des titres financiers et ceux considérés comme des matières premières numériques, confier à la CFTC la supervision des marchés au comptant, instaurer un test de maturité des blockchains et offrir un régime de tolérance aux développeurs de protocoles véritablement décentralisés. Tant que la querelle sur l’éthique n’est pas tranchée, ce projet de loi très attendu par l’industrie crypto reste d’avantage un symbole : les révélations de près de 1,4 milliard de dollars de revenus liés aux cryptos en 2025 pour Donald Trump, soit environ 1,3 milliard d’euros principalement issus de World Liberty Financial (WLF) et d’un memecoin à son effigie, alimentent les craintes de conflits d’intérêts, et sans au moins sept voix démocrates arrachées avant la pause du 8 août, le vote de la réforme serait renvoyé à l’automne, prolongeant la zone d’ombre réglementaire autour du marché américain.

En bref

  • En 2025-2026, le CLARITY Act progresse au Congrès américain mais bute au Sénat sur une clause d’éthique liée aux intérêts crypto de Donald Trump.
  • Malgré un compromis validé mi-juillet et présenté comme historique par la Maison-Blanche, les démocrates jugent le dispositif trop faible et refusent d’apporter les sept voix manquantes.
  • Entre révélations de 1,4 milliard de dollars de revenus crypto pour Trump et deadline du 8 août, les tractations s’intensifient et laissent planer une forte incertitude sur l’avenir du texte.
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