Chèque énergie : vous y aviez droit sans le savoir ? Voici la nouvelle méthode du fisc pour vous identifier dès 2027

En 2027, l’État veut rattraper des milliers de ménages modestes passés à côté du chèque énergie. Nouvelles données croisées et 100 000 bénéficiaires visés en plus : êtes-vous concerné sans le savoir ?
Chaque année, des millions de ménages modestes voient arriver le chèque énergie dans leur boîte aux lettres… tandis que d’autres, pourtant éligibles, passent à côté sans même le savoir. Ce non-recours inquiète l’exécutif, au moment où les factures d’électricité et de gaz pèsent de plus en plus lourd dans le budget des foyers.
Pour corriger le tir, le gouvernement de Sébastien Lecornu a glissé dans le PLF 2027, présenté début octobre en Conseil des ministres, un dispositif très ciblé. L’article 81 prévoit un « élargissement des bases de données pour la détection automatique des foyers éligibles au chèque énergie », afin « d’identifier environ 100 000 bénéficiaires supplémentaires », selon l’exposé des motifs. Reste à comprendre comment ces nouveaux bénéficiaires seront repérés, et si vous pouvez en faire partie.
Chèque énergie 2027 : pourquoi le nombre de bénéficiaires a reculé
Dans le schéma actuel, l’Agence de services et de paiement (ASP) joue un rôle central. L’article L. 124-1-1 du Code de l’énergie lui confie la mission d’établir « la liste annuelle des bénéficiaires de l’aide et calcule le montant », à partir des données transmises par l’administration fiscale. Cette dernière fournit un fichier listant les foyers potentiellement éligibles, que l’ASP rapproche des informations envoyées par les gestionnaires des réseaux publics de distribution d’électricité et par les fournisseurs : numéro de point de livraison (PDL), nom, prénom et adresse du titulaire du contrat.
Malgré cette mécanique, le nombre de foyers couverts est passé de 5,7 millions en 2024 à 4,2 millions en 2025. L’exposé des motifs de l’article 81 explique que la mesure vise « de se rapprocher du nombre de bénéficiaires » antérieur à « la mise en œuvre de la réforme du chèque énergie en 2025 », intervenue à la suite de « la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales ». Cette taxe a progressivement disparu entre 2018 et 2023, ce qui a modifié les données de référence utilisées pour identifier les ménages modestes. Grâce à « d’une première amélioration technique au cours de la campagne 2026 », le gouvernement anticipe déjà un rebond à 4,8 millions de ménages concernés.
Ce que change le PLF 2027 pour augmenter les bénéficiaires du chèque énergie
Pour aller plus loin en 2027, l’article 81 du PLF 2027 élargit le périmètre des données mobilisables. Les gestionnaires de réseaux et les fournisseurs d’énergie communiquent déjà à l’ASP le PDL et l’identité postale du titulaire du contrat. Demain, ils devront aussi transmettre, si l’ASP le demande, le numéro de téléphone et l’adresse électronique du client. L’idée est de permettre de nouveaux « croisements de données », toujours selon l’exposé des motifs, afin de mieux faire correspondre les fichiers fiscaux et énergétiques et de réduire les trous dans la raquette.
| Acteur | Données utilisées avant 2027 | Données ajoutées/renforcées en 2027 | Effet attendu sur les bénéficiaires |
|---|---|---|---|
| Administration fiscale | RFR, composition du foyer, liste des foyers éligibles | Croisement plus fin avec les données énergie | Moins de foyers éligibles oubliés au repérage |
| Gestionnaires de réseaux | PDL, nom, prénom, adresse du titulaire | Téléphone et email sur demande de l’ASP | Meilleur rapprochement entre logement et foyer fiscal |
| Fournisseurs d’énergie | Contrats électricité/gaz, identité postale | Téléphone et email sur demande de l’ASP | Contact plus facile des foyers mal identifiés |
| ASP | Liste des foyers, calcul du montant du chèque | Plus de données de contact pour fiabiliser les fichiers | Environ 100 000 bénéficiaires supplémentaires repérés |
Autrement dit, apparement davantage de ménages recevront automatiquement leur titre en 2027, mais les critères de fond ne bougent pas. Pour bénéficier du chèque énergie, au moins un membre du foyer doit avoir signé un contrat d’électricité, et le revenu fiscal de référence (RFR) du foyer, sur l’avis d’imposition de l’année N-2, doit rester inférieur à 11 000 € par unité de consommation (UC), rappelle le site Service-public.fr. L’UC correspond à la taille du foyer : 1 UC pour le premier déclarant, 0,5 UC pour le second, 0,3 UC pour chaque autre personne rattachée (avec des coefficients divisés par deux en cas de résidence alternée des enfants).
Pour savoir si vous pouvez entrer dans le dispositif lors de la campagne 2027 annoncée en janvier, il suffit de diviser votre RFR par votre nombre d’UC. Service-public donne l’exemple d’une famille de quatre personnes avec un RFR de 48 000 € et 2,1 UC : 48 000 / 2,1 = 22 857,14 € par UC, un niveau trop élevé pour toucher le chèque. À l’inverse, si votre résultat reste sous les 11 000 € par UC, vous faites partie des ménages éligibles et pouvez vérifier sur le simulateur officiel si vous devez, ou non, compter parmi ces futurs 100 000 bénéficiaires supplémentaires.
En bref
- Présenté dans le PLF 2027, l’article 81 vise à corriger la baisse des bénéficiaires du chèque énergie, passée d’environ 5,7 millions en 2024 à 4,2 millions en 2025.
- L’ASP pourra, via de nouveaux croisements entre fichiers fiscaux et données des réseaux et fournisseurs (dont téléphone et email), repérer automatiquement près de 100 000 foyers éligibles supplémentaires sans changer le seuil de 11 000 € par UC.
- En vérifiant votre RFR par unité de consommation et en utilisant le simulateur officiel avant la campagne de janvier 2027, vous pouvez évaluer vos chances de rejoindre ces futurs bénéficiaires repêchés.









