Casse du siècle sur Binance : la petite phrase d'Elon Musk qui a fait dégoupiller CZ (et son chèque de 500M$)

Au lendemain du piratage géant de Binance, Elon Musk choisit les emojis là où CZ joue sa survie réputationnelle. Entre milliards en jeu et vieilles alliances financières, leur clash public vire au divorce au moment le plus critique.
Le plus gros braquage de l’histoire numérique vient de frapper l’écosystème des cryptomonnaies : en quelques heures, des pirates ont réussi à pénétrer les défenses de Binance, la plus grande plateforme crypto au monde. Ce choc intervient alors que l’industrie sort à peine d’autres attaques majeures, comme celle de Bybit, qui avait perdu 1,5 milliard de dollars, soit environ 1,4 milliard d’euros, le 21 février 2025.
Au milieu de cette tempête, les équipes de Binance tentent de rassurer quelque 325 millions d’utilisateurs, pendant qu’un allié autoproclamé de la crypto choisit la dérision. Sur X, le réseau qu’il a rebaptisé après le rachat de Twitter, Elon Musk multiplie les piques au moment même où la confiance dans la plateforme est mise à l’épreuve. Changpeng Zhao, dit CZ, encaisse très mal la plaisanterie.
Piratage de Binance et relation ambiguë entre Elon Musk et CZ
Avant ce clash, la relation entre Elon Musk et Changpeng Zhao mélangeait proximité d’affaires et échanges publics parfois acides. En 2021, le patron de Tesla s’était imposé comme figure pro-crypto, encensant Bitcoin puis Dogecoin, ce qui collait bien à l’image iconoclaste qu’il voulait donner. Lors du rachat de Twitter, Binance avait participé au financement à hauteur de 500 millions de dollars, soit environ 460 millions d’euros, témoignant de l’importance stratégique accordée à X, devenu un canal clé pour l’écosystème.
CZ lui-même échangeait régulièrement avec Elon Musk et voyait dans ce rapprochement un atout face aux régulateurs américains. Quand l’empire FTX de Samuel Bankman-Fried s’est effondré, Elon Musk s’était amusé à ressortir de vieilles interviews de SBF pour tourner en dérision l’image de « génie » qui lui était accolée. CZ, alors grand rival de FTX, avait assisté à ce lynchage numérique avec satisfaction. Tout a changé le 29 octobre, lorsque Binance est devenue la dernière digue à céder face à la cybercriminalité, dans ce qui est présenté comme le plus gros braquage jamais réalisé contre une plateforme crypto.
Emojis, SpaceX et 2 milliards : le clash public entre Elon Musk et CZ
Au lendemain du piratage, des observateurs comme The Kobeissi Letter relaient sur X des sorties massives et suspectes depuis les portefeuilles de Binance. Elon Musk réagit avec trois mots, en anglais : « Everyday is Zeroday » (littéralement « Chaque jour est un jour zero-day »), une allusion à ces failles de sécurité inconnues des développeurs et exploitées avant toute correction. Aucune preuve n’est apportée qu’une telle vulnérabilité explique l’attaque, mais le message est perçu comme moqueur, voire comme une insinuation sur la qualité de la sécurité de Binance.
La tension monte encore lorsqu’un internaute republie une ancienne déclaration de Sam Bankman-Fried, assurant que FTX détenait assez d’actifs pour couvrir les avoirs de ses clients. Elon Musk répond par un emoji de grimace, puis, un peu plus tard, par une combinaison d’emojis « pleure de joie » et « feu » sous un message de CZ listant des conseils élémentaires de sécurité pour les utilisateurs. La scène se déroule en direct devant des millions d’abonnés, jusqu’à ce que CZ rétorque publiquement : « Elon, j’ai beaucoup de respect pour vous, mais ce n’est pas le moment de troller. S’il vous plaît, arrêtez », a relaté Journal du Coin. Pour interragir, les deux milliardaires choisissent donc l’arène la plus exposée qui soit.
| Date | Acteur | Message clé | Enjeu financier |
|---|---|---|---|
| 29 octobre | Binance | Annonce du plus gros braquage de son histoire | Couverture totale des fonds des clients promise |
| 30 octobre | Elon Musk | Poste « Everyday is Zeroday » sur X | Impact réputationnel pour Binance |
| 30 octobre | Elon Musk | Emojis sous une comparaison avec FTX et sous un post de CZ | Rapprochement Binance–FTX dans l’opinion |
| 30 octobre | CZ | Demande à Musk d’arrêter de troller | Préserver la confiance des clients |
| 30 octobre | CZ et direction | Rappel des actions SpaceX et promesse d’absorber les pertes | 2 milliards de dollars, soit environ 1,8 milliard d’euros, à couvrir |
Pour appuyer sa mise au point, CZ rappelle alors que Binance a investi 500 millions de dollars, environ 460 millions d’euros, dans le rachat de Twitter et affirme que les titres liés à SpaceX issus de cet investissement valent désormais plus d’un milliard de dollars, soit près de 920 millions d’euros. Selon Journal du Coin, il estime à environ 2 milliards de dollars, soit environ 1,8 milliard d’euros, le montant restant à couvrir après les gels d’actifs et l’utilisation du fonds SAFU, tout en jugeant cette somme douloureuse mais gérable.
La dirigeante actuelle de l’exchange, identifiée par ailleurs comme Yi He, va encore plus loin dans la volonté de rassurer, en déclarant : « Le chiffre d’affaires annuel de notre entreprise [Binance] suffit à couvrir les pertes, nous n’avons donc pas encore besoin de vendre les actions SpaceX sur lesquelles vous êtes si bullish », a rapporté Cryptoast. Une précision qui a son importance, puisque le chiffre d’affaires ne correspond ni au bénéfice ni aux liquidités immédiatement disponibles, mais qui vise clairement à montrer que les liens financiers avec l’écosystème Musk ne sont pas une ligne de secours indispensable. Dans l’ombre des emojis et des piques, c’est bien la crédibilité financière et la capacité de Binance à tenir ses engagements face au plus grand braquage crypto de son histoire qui se jouent aux yeux des utilisateurs.
En bref
- Fin octobre 2026, un piratage record frappe Binance et expose la relation ambiguë entre Elon Musk et Changpeng Zhao sur X.
- Entre punchline « Everyday is Zeroday », emojis moqueurs et rappel des liens SpaceX et Twitter, CZ recadre Musk en pleine crise de confiance.
- Derrière ce divorce symbolique, les promesses de couverture des pertes et la solidité financière réelle de Binance restent au centre des interrogations.









