Il pensait son trafic intraçable grâce au Bitcoin : la police a saisi ses Rolex et l'a envoyé 4 ans en prison

À York, la York Crown Court a condamné Benjamin Dack, 28 ans, à quatre ans de prison pour un trafic de cannabis payé en bitcoin. Au-delà des Rolex et BTC saisis, cette affaire soulève une question brûlante sur la traçabilité des cryptomonnaies.
Dans le nord de l’Angleterre, un dealer de cannabis pensait avoir trouvé la parade aux espèces en misant sur le bitcoin. Paiements en cryptomonnaies, téléphone dédié, montres de luxe au poignet : sur le papier, son commerce avait tout du petit empire discret, loin des radars bancaires classiques. La blockchain, croyait-il, servirait de coffre-fort et de paravent à son trafic.
C’est l’inverse qui s’est produit. À York, la justice a estimé que ce trafic financé en actifs numériques relevait d’une organisation bien installée autour de Scarborough. Vendredi 23 octobre 2026, la York Crown Court a condamné Benjamin Dack, 28 ans, sans adresse fixe, à quatre ans de prison et validé la saisie d’environ 4 104 livres en bitcoin, 7 580 livres en espèces et plusieurs montres Rolex, pour un total proche de 14 000 euros au cours actuel. Une autre bataille l’attend désormais sur le terrain de la confiscation.
Dealer payé en bitcoin : profil et condamnation de Benjamin Dack
Originaire de la région de Scarborough, sur la côte du North Yorkshire, Benjamin Dack écoulait du cannabis en gros volumes depuis au moins février 2022, selon le dossier. La police locale a ouvert une enquête en 2023 et l’a interpelé une première fois, sans que cela ne stoppe durablement son activité : le trafic a continué jusqu’au printemps 2026. Le parquet lui reproche à la fois la participation à la fourniture de cannabis, la détention de cannabis en vue de la vente et la détention de biens issus d’activités criminelles.
Le 2 octobre 2026, face à ces chefs d’accusation, Benjamin Dack a finalement changé ses trois plaidoyers en « coupable ». L’enquête mentionne aussi une agression sur un membre des services d’urgence, datée du 22 avril 2026, laissée au dossier sans être jugée. Sur l’ampleur du trafic, l’enquêteur Alfie Thomlinson résume la position de la police : Dack était « fortement impliqué dans la fourniture de cannabis à grande échelle », a résumé Alfie Thomlinson, cité par Journal du Coin. À l’audience de York, la période de fourniture retenue va du 17 février 2022 au 23 avril 2026, ce qui a pesé dans la décision de le condamner à quatre ans de prison ferme.
Les enquêteurs de la North Yorkshire Police se sont appuyés sur plusieurs leviers, à commencer par le téléphone saisi lors des opérations. Les messages et historiques retrouvés sur l’appareil ont mis en évidence des achats et des ventes de cannabis réglés en cryptomonnaies. En parallèle, l’Economic Crime Unit a exploité la traçabilité de la blockchain Bitcoin, un grand registre public où chaque transaction est inscrite de manière durable. Une fois le téléphone et les adresses associées entre les mains de la police, les flux de Bitcoin (BTC) ont pu être reliés au trafic.
Sur ce point, l’enquêtrice financière Amy Monkman assume une ligne très claire : « La cryptomonnaie devient une méthode populaire pour dissimuler des actifs », a expliqué Amy Monkman, enquêtrice financière sur le dossier. Son équipe a suivi les mouvements de fonds, puis gelé l’équivalent de 4 104 livres en bitcoin et 7 580 livres en espèces, en plus des montres de luxe. Le contraste frappe : la valeur des bitcoins, un peu moins de 5 000 euros au moment de la saisie, reste modeste, mais les autorités y voient surtout une preuve structurée du financement et des profits tirés de plusieurs années de trafic.
De 2022 à 2027 : une affaire de crypto sous le Proceeds of Crime Act
L’histoire de Benjamin Dack se lit aussi comme une chronologie judiciaire où se croisent trafic de cannabis, paiements en cryptomonnaies et droit de la confiscation. Les infractions liées à la fourniture de cannabis couvrent la période du 17 février 2022 au 23 avril 2026. L’enquête formelle a démarré en 2023, avant un épisode clé le 22 avril 2026, date associée à la détention de cannabis en vue de la vente et à l’agression d’un intervenant des services d’urgence. À l’automne 2026, les aveux puis la condamnation préparent le terrain à une nouvelle audience, cette fois consacrée au sort des actifs saisis.
| Date / période | Événement | Élément clé | Impact |
|---|---|---|---|
| 17 fév 2022 – 23 avr 2026 | Période de fourniture de cannabis | Ventes régulières autour de Scarborough | Base de la peine de prison |
| 2023 | Ouverture de l’enquête | Première arrestation et saisie du téléphone | Identification des transactions en crypto |
| 22 avr 2026 | Faits de détention avec intention de fournir | Cannabis saisi, agression sur urgentiste | Charges supplémentaires au dossier |
| 2 oct 2026 | Plaidoyers « coupable » | Reconnaissance des trois chefs principaux | Préparation de la condamnation |
| 23 oct 2026 | Condamnation à 4 ans | Saisie des BTC, espèces et montres | Actifs gelés dans l’attente du POCA |
| mars 2027 | Audience Proceeds of Crime Act | Évaluation des profits du crime | Décision sur la confiscation définitive |
La prochaine échéance clé aura donc lieu en mars 2027, lors d’une audience dédiée au Proceeds of Crime Act (POCA), la loi britannique qui permet de confisquer les profits tirés d’infractions pénales. Les bitcoins, les liquidités et les montres de Benjamin Dack ont été « préservés » en vue de cette procédure : le tribunal devra chiffrer le bénéfice criminel et décider de la part à confisquer définitivement. Le mécanisme distingue la saisie provisoire, qui empêche de déplacer les fonds, et l’ordonnance de confiscation qui transfère ces actifs à l’État.
Pour les enquêteurs de l’Economic Crime Unit, la combinaison d’un téléphone saisi et d’un registre public comme la blockchain Bitcoin transforme ces cryptomonnaies en pièces à conviction, au même titre que du cash ou des biens matériels. En attendant que la York Crown Court statue sur la confiscation, Benjamin Dack purge sa peine, tandis que les investigations financières se poursuivent pour identifier d’éventuels autres avoirs liés à ce trafic payé en bitcoin.
En bref
- Entre février 2022 et avril 2026, Benjamin Dack, 28 ans, originaire de la région de Scarborough, a été visé par une enquête de la North Yorkshire Police pour trafic de cannabis payé en cryptomonnaies.
- Le 23 octobre 2026, la York Crown Court l’a condamné à quatre ans de prison et a ordonné la saisie d’environ 4 104 £ en bitcoin, 7 580 £ en espèces et de montres Rolex, gelés en vue d’une audience POCA en mars 2027.
- Grâce au téléphone saisi et aux analyses de l’Economic Crime Unit, les flux de Bitcoin ont été reliés au trafic, une affaire qui interroge sur la capacité des autorités à remonter les crypto-actifs soi-disant discrets.









