Livret A : 2 milliards d'euros retirés après la baisse du taux à 1,7 %, les épargnants se tournent vers d'autres placements plus rentables
Depuis la baisse du taux à 1,7 % en août 2025, le Livret A a subi une décollecte de près de 2 milliards d'euros. Les épargnants réorientent leurs fonds vers des alternatives plus rentables.

Emblème de l’épargne sans risque, le Livret A traverse une zone de turbulence. Depuis l’abaissement de son taux à 1,7 % le 1er août 2025, la question de sa rentabilité réelle revient sur la table pour des millions de ménages. La sécurité reste là, certes, mais le rendement ressenti s’est affaibli face à la hausse des prix, ce qui grignote la valeur de l’épargne au fil des mois. Beaucoup s’interrogent désormais sur la bonne taille de leur réserve et sur les placements complémentaires à privilégier. Ce réflexe d’arbitrage n’était pas aussi prononcé il y a quelques mois.
La Caisse des dépôts a confirmé en septembre une décollecte nette de 1,95 Md€ sur le Livret A, tandis que le LDDS a perdu 760 M€. Ensemble, ces deux produits affichent un solde négatif de 2,71 Md€ et un encours cumulé autour de 606,8 Md€ en fin de mois. Le contraste est fort après un été relativement stable, et ce reflux figure parmi les plus marqués observés depuis l’entrée en vigueur du prélèvement à la source en 2019. De quoi matérialiser un désamour nourri par la baisse de rémunération. Ce n’est pas un simple sursaut.
Livret A : décollecte record et taux à 1,7 %
Le ressort est connu. Après un début d’année à 3 %, le taux du Livret A est tombé à 1,7 % début août, ce qui réduit mécaniquement les intérêts perçus. Avec une inflation qui tourne autour de 3 % sur 2025, l’épargne placée sur le livret perd du pouvoir d’achat en termes réels malgré la garantie du capital et l’exonération d’impôt. La saison de la rentrée, entre frais scolaires, impôts et dépenses d’énergie, a servi d’accélérateur, en poussant de nombreux titulaires à piocher dans leur épargne disponible. Dans ces conditions, l’avantage de la liquidité totale ne suffit plus à compenser la baisse du rendement.
Les chiffres traduisent ce changement de rythme. Juillet n’affichait que 70 M€ de retraits quand septembre a pris une tout autre ampleur, signe que la baisse du taux a franchi un cap dans les arbitrages des ménages. Sur le terrain, on observe des comptes de précaution conservés mais allégés, des virements programmés réorientés vers d’autres supports et des enveloppes dormantes remises en mouvement. Cette dynamique touche autant les petits soldes que des livrets proches du plafond. Bref, les habitudes évoluent d’avantage vite que prévu.
Où va l’argent retiré : fonds euros, PEL, LEP
Première destination visible, l’assurance vie en fonds euros retrouve de l’attrait chez les épargnants qui veulent continuer à sécuriser leur capital. Le rendement moyen 2025 tourne autour de 2,6 %, avec un capital garanti par l’assureur et des rachats possibles en cas de besoin, parfois assortis de délais techniques. Sur la durée, l’avantage fiscal s’améliore après huit ans, ce qui incite à répartir une part de l’épargne sur ce support plutôt que de tout laisser sur un livret moins rémunéré. Sur de nombreux contrats, la part en fonds euros peut être renforcée progressivement, ce qui facilite des versements étalés dans le temps.
Le Plan Epargne Logement fait aussi un retour remarqué. Les anciens PEL servent entre 2 et 2,5 % bruts, les nouveaux s’ouvrent à 2 % bruts, en échange d’une disponibilité limitée pendant quatre ans et d’une fiscalité qui se durcit au fil du temps. Pour les foyers éligibles sous conditions de revenus, le LEP fixé à 2,7 % depuis le 1er août 2025 propose une rémunération supérieure au Livret A, exonérée d’impôt et accessible à tout moment. Ces réallocations expliquent le reflux observé sur les livrets réglementés, chacun ajustant la part liquide et la part de moyen terme selon sa situation.




