Coinbase renonce à l'acquisition de BVNK pour 2 milliards : les raisons derrière cet échec stratégique
Coinbase et BVNK semblaient prêts pour un accord historique à 2 milliards de dollars. Pourtant, les négociations ont échoué. Quelles sont les raisons derrière cet échec inattendu ?

Deux milliards de dollars sur la table, un accord d’exclusivité et la promesse d’un rapprochement capable de rebattre les cartes des paiements en stablecoins. Entre Coinbase et BVNK, tout semblait aligné pour une acquisition record.
Un mois après l’ouverture des négociations, l’opération est stoppée net. Le rachat estimé autour de 2 milliards de dollars (environ 1,85 milliard d’euros) ne se fera pas ; reste à comprendre pourquoi. Que s’est-il passé ?
Coinbase et BVNK : le deal à 2 milliards tombe à l’eau
Bref rappel ; en octobre, BVNK, startup spécialisée dans l’infrastructure de paiements en stablecoins, avait accordé à Coinbase un accord d’exclusivité, lui interdisant d’étudier d’autres offres de rachat. Mastercard, un temps intéressée, a redirigé depuis son attention vers Zerohash, qu’elle pourrait acquérir pour 2 milliards de dollars.
« Nous cherchons constamment à développer notre mission et notre offre de produits. Après avoir discuté d’une éventuelle acquisition de BVNK, les deux parties ont convenu d’un commun accord de ne pas donner suite », a indiqué un porte-parole de Coinbase, selon Fortune.
La fourchette évoquée pour l’opération allait de 1,5 à 2,5 milliards de dollars, selon les informations rapportées le mois dernier, soit environ 1,4 à 2,3 milliards d’euros. Si elle avait abouti, l’acquisition de BVNK aurait été la plus importante jamais réalisée dans l’univers des stablecoins, au-delà du rachat de Bridge par Stripe à 1,1 milliard de dollars, soit près de 1,02 milliard d’euros. En décembre de l’année dernière, BVNK a levé 50 millions de dollars, valorisant l’entreprise autour de 750 millions de dollars, soit environ 46 et 698 millions d’euros. BVNK n’a pas commenté l’issue des discussions.
Pourquoi l’acquisition BVNK par Coinbase a capoté
Les raisons précises n’ont pas été rendues publiques. Le marché donne toutefois un cadre utile pour lire cet arrêt. Cette année, la capitalisation des stablecoins a dépassé les 300 milliards de dollars en septembre, avant des signaux de ralentissement sur les volumes en octobre. En octobre, les volumes ont même enchaîné un quatrième mois de record avant ces signes de freinage. Dans ce contexte d’incertitude, la fin des pourparlers peut s’interpréter comme une volonté de Coinbase de rationaliser ses dépenses en prévision d’un repli, ou tout simplement comme l’impossibilité de s’entendre sur des termes satisfaisants pour chacun. Rien d’arrêté, mais ces deux pistes reviennent d’avantage.
Autre pièce du puzzle ; Coinbase a lancé en octobre sa propre plateforme de paiements en stablecoin, Coinbase Business, qui permet aux entreprises d’envoyer et recevoir de l’USDC, de générer un APY de 4,1 % sur les soldes, et de connecter la comptabilité via QuickBooks ou Xero. Les fonds peuvent être retirés par virement bancaire ou prélèvement automatique, avec une synchronisation via CoinTracker. Coinbase partage par ailleurs à parts égales les revenus issus de l’USDC avec Circle, ce qui encourage à faire transiter plus d’USDC sur sa plateforme. De quoi offrir une alternative maison aux solutions tierces et, potentiellement, réduire l’urgence d’un rachat d’infrastructure comme BVNK. Pendant ce temps, Mastercard regarde Zerohash pour un montant évoqué de 2 milliards de dollars, environ 1,85 milliard d’euros, tandis que l’action COIN s’échange autour de 304 dollars, près de 280 euros, soit une baisse d’environ 32 % depuis son plus haut à 445 dollars, près de 415 euros. Autant d’éléments de contexte, sans préjuger du motif exact.









