Kinder, Lulu, Nutella Biscuits… ces goûters ultra-sucrés à bannir d’urgence pour vos petits-enfants, met en garde 60 Millions de consommateurs

Par Paul Graph - Publié le

Vous pensez offrir un moment de fête au goûter, mais certains sachets pour vos petits-enfants sont de vraies bombes sucrées. L’enquête 60 Millions de consommateurs et Yuka, publiée en juin 2026 sur 82 produits, épingle des références très connues.

Kinder, Lulu, Nutella Biscuits… ces goûters ultra-sucrés à bannir d’urgence pour vos petits-enfants, met en garde 60 Millions de consommateurs

Paquets colorés, mascottes souriantes, promesses de céréales et de lait… Au rayon goûter, il est facile de glisser quelques goûters industriels dans le caddie pour faire plaisir à ses petits-enfants. Sauf que derrière ces emballages ludiques se cachent parfois des recettes très éloignées de ce que l’on aurait dans une cuisine familiale. Dans son hors-série de juin-juillet 2026, l’association de consommateurs 60 Millions de consommateurs a passé au crible les goûters sucrés préférés des enfants.

En partenariat avec l’application Yuka, ses experts ont analysé la composition de 82 goûters pour enfants, issus de 35 marques et répartis en dix familles (biscuits, barres de céréales, brioches, pains au lait…). Verdict : 91,3 % de ces produits sont ultratransformés, et les aliments de ce type représentent déjà 46 % des apports énergétiques des enfants, contre 36 % pour leurs parents. Certains sachets, très prisés des plus jeunes, sont même clairement pointés du doigt.

Pourquoi certains goûters industriels pour petits-enfants sont un vrai piège

Pour son enquête, 60 Millions de consommateurs s’est concentré sur les marqueurs d’ultratransformation (additifs, arômes, sirops de glucose-fructose, émulsifiants…), mais aussi sur les taux de sucre, de matières grasses et d’acides gras saturés. Dans la catégorie des gâteaux moelleux au chocolat, par exemple, les produits cumulent en moyenne neuf marqueurs d’ultratransformation ; les biscuits fourrés au chocolat en affichent sept, les biscuits au chocolat six. Un profil loin du goûter « maison », alors même que ce type d’alimentation est associé à un risque accru de surpoids, d’obésité et de maladies cardio-vasculaires chez les enfants.

Les produits stars au chocolat posent un autre problème : ils sont très sucrés et peu rassasiants. À propos des Kinder Délice, Kinder Country et Lulu La Barquette de LU, qui dépassent tous les 43 g de sucre pour 100 g, l’association résume : « Cela concourt à les rendre à la fois hyperagréables au goût et peu rassasiants », écrit l’association de consommateurs 60 Millions de consommateurs. L’enfant a donc envie d’en reprendre, jusqu’à dépasser largement la dose quotidienne de sucre recommandée, sans pour autant être calé : « On rate alors l’objectif du goûter, censé éviter les fringales et les coups de barre entre le déjeuner et le dîner », affirme l’association de consommateurs.

Kinder Délice, Lulu, Nutella Biscuits… les goûters à éviter absolument pour vos petits-enfants

Parmi les 82 produits passés au scanner, trois références se détachent comme les pires élèves : Kinder Délice, Kinder Country et Lulu la Barquette chocolat (LU), toutes au-delà de 43 g de sucre pour 100 g. Pour Lulu la Barquette au chocolat, le taux grimpe même à 47 g de sucre pour 100 g ; « en mangeant 4 barquettes, un enfant de 4 ans aura déjà atteint sa dose journalière de sucre », illustre Sophie Coisne, rédactrice en chef adjointe du magazine 60 Millions de consommateurs. Côté gâteaux moelleux, le Napolitain de LU est aussi à écarter : 24 ingrédients au total, dont 14 marqueurs d’ultratransformation, avec en plus du sorbate de potassium (E202), un conservateur récemment mis en cause pour un risque accru de cancer et de diabète de type 2. La catégorie des moelleux au chocolat est d’ailleurs jugée « consternante en termes de nombre d’additifs », avec des produits très transformés comme Lulu L’Ourson ou Pépito Pépites, sans oublier Kinder Délice, le plus sucré de cette famille, dont les premiers ingrédients sont le sucre, l’huile végétale (dont huile de palme) et le sirop de glucose-fructose.

Les biscuits fourrés au chocolat ne font guère mieux. Nutella Biscuits (Ferrero) portent bien leur nom : leur premier ingrédient est la pâte à tartiner, ce qui explique un taux de sucre très élevé et des acides gras saturés parmi les plus hauts de la catégorie, avec en prime de l’huile de palme. Ils sont talonnés par Choco Pause (Milka), tout aussi riche en sucres et en graisses saturées. La majorité des biscuits fourrés passés au crible contiennent de l’huile de palme, à l’exception des biscuits Bio fourrés chocolat noir de Bjorg et des biscuits Lait chocolat de Gerblé, un peu plus sobres. Même les barres de céréales, souvent perçues comme pratiques et « énergétiques », sont à manier avec prudence : chez Grany Moelleux fruits des bois (LU), les fruits rouges ne représentent que 1,8 % du produit quand le sucre et les marqueurs d’ultratransformation s’accumulent, et certaines barres chocolatées comme Lion affichent plus de 25 ingrédients et cinq types de sucres. Au rayon viennoiseries au chocolat, les Pitch ChocoBarre lait et Pitch Chocolat (Brioche Pasquier), tout comme les pains au chocolat de la marque, se distinguent aussi par des niveaux élevés de sucre, de matières grasses et de marqueurs d’ultratransformation.

Quels goûters privilégier et comment bien choisir pour vos petits-enfants ?

Face à ce tableau peu rassurant, tout n’est pas à bannir pour autant. Quand le fait maison n’est pas possible, l’enquête met en avant les pains au lait nature comme meilleure option industrielle : c’est la catégorie la plus sobre en sucre, en matières grasses et en additifs, avec en moyenne deux marqueurs d’ultratransformation seulement. En mangeant 100 g de pain au lait, un enfant avale quatre fois moins de sucre que 100 g de biscuits au chocolat. Les pains au lait de La Boulangère, sans additifs et légers en sucre comme en matières grasses, tirent particulièrement leur épingle du jeu. Les biscuits secs nature représentent aussi une alternative intéressante : près d’une référence sur deux n’est pas ultratransformée, et des produits comme le petit Gerblé Nature ou le Sablé pur beurre de La Mère Poulard affichent une liste d’ingrédients aussi courte qu’une recette maison. Les brioches simples, notamment la brioche tranchée bio de La Boulangère ou les baguettes viennoises, peuvent compléter cette palette, à condition de rester des plaisirs occasionnels. Apparement, l’association va même jusqu’à ériger les pains au lait en « Gagnants du goûter ».

Reste à s’y retrouver dans les rayons. Pour faire les bons choix, Sophie Coisne conseille au consommateur de retourner systématiquement les paquets : « une très longue liste d’ingrédients doit mettre la puce à l’oreille. Évitez les gâteaux avec du sirop de glucose ou du fructose comme premier ingrédient, conseille Sophie Coisne. Idem avec la maltodextrine (un épaississant), la fibre de chicorée… autant de marqueurs d’ultra-transformation, ce sont des produits que l’on ne retrouve pas dans nos cuisines. » Elle rappelle aussi que le prix peut être un indice : « un goûter qui n’est pas cher contient souvent des ingrédients moins nobles. Mettre de l’huile de palme plutôt que du beurre ou des arômes plutôt que des fruits coûte moins cher aux industriels », poursuit l’auteure de l’étude. En pratique, mieux vaut privilégier les produits à la liste courte, sans sirop de glucose-fructose ni longue série d’additifs, et compléter toujours le goûter par un fruit frais ou un produit laitier plutôt qu’empiler les biscuits au chocolat.

En bref

  • En juin 2026, 60 Millions de consommateurs et Yuka ont passé au crible 82 goûters d’enfants de 35 marques pour alerter les grands-parents.
  • Kinder Délice, Kinder Country, Lulu la Barquette chocolat, Napolitain ou Nutella Biscuits se révèlent ultra-sucrés, ultratransformés et truffés d’additifs discutables.
  • Pains au lait nature, biscuits secs peu transformés et brioches simples ouvrent la voie à des goûters plus sereins, à condition de savoir lire les étiquettes.