L'Assemblée adopte des mesures inédites pour améliorer les retraites des femmes dès 2026 : ce qui change vraiment

Par Paul Graph - Publié le

L'Assemblée nationale a voté à l'unanimité de nouvelles mesures pour améliorer les retraites des femmes. Quels changements concrets pour les mères et fonctionnaires?

L’Assemblée adopte des mesures inédites pour améliorer les retraites des femmes dès 2026 : ce qui change vraiment

Adoptées à l’unanimité en première lecture par l’Assemblée nationale, de nouvelles mesures ciblent les retraites des femmes. Elles s’inscrivent dans le budget de la Sécurité sociale pour 2026 et entendent corriger des carrières plus souvent hachées.

Issues du conclave piloté par François Bayrou et reprises dans le PLFSS 2026, ces dispositions doivent encore poursuivre leur parcours parlementaire. Elles visent d’abord les mères, dans le privé comme dans la fonction publique. Concrètement, pour qui et quand ?

Retraites des femmes : ce que l’Assemblée a voté

Premier volet, le mode de calcul de la pension de base évolue pour les mères : prise en compte des 24 meilleures années pour celles ayant eu un enfant, et des 23 meilleures années pour celles ayant eu deux enfants ou plus, au lieu des 25 années actuelles. L’objectif, selon le gouvernement, est de mieux valoriser des parcours marqués par des temps partiels ou des interruptions. « d’améliorer sensiblement et immédiatement les retraites des femmes […] ayant eu des enfants », a salué François Bayrou, selon 20 Minutes.

Deuxième levier, l’accès à la carrière longue sera facilité via l’intégration de deux trimestres réputés cotisés parmi ceux accordés au titre des enfants (maternité, éducation, adoption, congé parental). Cette mesure doit s’appliquer à partir de septembre 2026 et pourrait permettre un départ anticipé à une fraction supplémentaire de mères ; d’après les chiffres transmis au Parlement, environ 3 % des femmes nées en 1970 seraient concernées. « une meilleure prise en compte des trimestres liés à la maternité pour un départ anticipé au titre des carrières longues », a aussi indiqué le Premier ministre.

Fonction publique, calendrier et financements

Côté fonction publique, un amendement gouvernemental ajoute un trimestre par enfant (nés depuis 2004 et après le recrutement) comptant cette fois pour le calcul de la pension, en plus de la durée d’assurance. Selon l’exécutif, cette nouvelle bonification améliorerait en moyenne d’environ 2 % la pension des fonctionnaires concernées. « Je voudrais vraiment saluer ce vote » qui montre « que la cause des femmes nous unit », a déclaré la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.

Calendrier et contexte budgétaire vont de pair. Les mesures dédiées aux mères doivent entrer en vigueur à partir de 2026, tandis que l’ajustement pour la carrière longue est prévu en septembre 2026, sous réserve des décrets d’application et du vote du Sénat. Pour financer la suspension partielle de la réforme de 2023, l’exécutif a mis sur la table une sous-indexation des pensions et une contribution accrue des mutuelles, suscitant des critiques. « Pour la CFDT, il n’est pas possible que la désindexation des pensions prévoie quasiment deux années blanches pour les retraités en 2026 et 2027 », a réagi Yvan Ricordeau. Du côté de la CGT, Denis Gravouil s’alarme : « On fait payer une micro-suspension de la réforme aux retraités actuels et futurs ». Le débat parlementaire, lui, continue, parmis d’autres arbitrages à venir.