Ce congé de naissance supplémentaire va-t-il vraiment rééquilibrer la vie familiale ? Voici ce qui change pour les parents dès 2026
Le 12 novembre, l'Assemblée nationale a voté un congé supplémentaire de naissance, promettant un rééquilibrage familial. Quels effets sur l'égalité et l'emploi?

Deux mois de plus à la maison, mieux rémunérés qu’un congé parental et pensés pour être partagés entre les deux parents : c’est la promesse au cœur du congé supplémentaire de naissance. Le 12 novembre, l’Assemblée nationale a donné son feu vert avec 288 voix pour et 15 contre, une étape clé du PLFSS 2026 qui vise à répondre à la baisse de la natalité et à rééquilibrer le temps familial.
La mesure appellée congé supplémentaire de naissance pourra être prise par chaque parent pendant un ou deux mois, parfois en même temps, parfois non. Le calendrier reste discuté : texte initial au 1er juillet 2027, amendement de Sarah Legrain pour une application au 1er janvier 2026. Une précision intrigue particulièrement les familles et les employeurs.
Ce que change le congé supplémentaire de naissance pour les familles
Concrètement, chaque parent aura droit à un mois ou deux mois, au choix, à prendre simultanément ou en alternance. Le dispositif pourra être fractionné en deux périodes d’un mois, et surtout, les députés ont acté qu’au moins un mois ne soit pas pris en même temps par les deux parents. Objectif annoncé : que le second parent passe du temps seul avec le bébé, et que la mère retrouve du temps pour elle, y compris pour la reprise progressive.
Le gouvernement rattache ce levier à la stratégie de « réarmement démographique » annoncée par Emmanuel Macron. Comme l’a résumé Aurore Bergé : « De multiples facteurs », dont « la question de la capacité à donner plus de liberté, plus de droits et plus de choix aux deux parents », a déclaré Aurore Bergé, selon Le Parisien. Ce cadre n’abroge pas le congé parental actuel, qui reste possible jusqu’aux trois ans de l’enfant, avec une prestation d’environ 400 € par mois.
Financement, calendrier et égalité femmes hommes : ce qui va peser au quotidien
Côté paye, l’Exécutif a annoncé une indemnisation à 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second, un niveau à préciser par décret. Le financement proviendra des économies liées au report de la majoration des allocations familiales de 14 à 18 ans, une opération présentée comme neutre pour les comptes de la Sécu. « Autofinancée, dans le cadre du sérieux budgétaire qui a été proposé », a indiqué Stéphanie Rist, selon BFMTV. Le décalage « permet de financer le congé de naissance pour quatre mois, qui est, je voudrais le rappeler ici, bien rémunéré », a-t-elle poursuivi.
La mesure suscite des réserves sur son ambition et son financement intergénérationnel. Pour l’écologiste Marie-Charlotte Garin, elle « ne répond ni à l’urgence sociale, ni à l’exigence d’égalité que réclame une vraie réforme du congé parental », a taclé Marie-Charlotte Garin, selon Le Parisien. « J’ai un vrai problème avec le fait qu’on prenne de l’argent aux parents d’enfants grands pour financer un droit pour des parents d’enfants petits ». Sur le terrain, l’impact dépendra aussi des pratiques d’entreprise et des conventions qui complètent, ou non, le revenu pendant l’absence. L’obligation d’un mois non simultané pourrait favoriser une prise plus longue par les pères et alléger la charge au retour de maternité, si le calendrier d’entrée en vigueur se confirme et que les décrets cadrent bien les règles de prise et d’indemnisation.







