Ce nouveau congé parental pourrait-il vraiment inverser la baisse de la natalité en France ?
L'Assemblée nationale adopte un congé supplémentaire de naissance pour contrer la baisse de la natalité. Quels effets sur l'équilibre familial et la répartition des tâches ?

Deux mois de plus pour accueillir un enfant, chacun, et mieux partager le quotidien dès l’arrivée du bébé. L’Assemblée nationale a pris une décision forte sur le front familial, avec un dispositif pensé pour répondre à la baisse de la natalité sans bouleverser les congés existants.
Adopté par 288 voix contre 15, le nouveau congé supplémentaire de naissance s’inscrit dans le sillage du “réarmement démographique” annoncé par Emmanuel Macron. Une mesure qui joue sur un ressort simple : du temps, mieux rémunéré que le congé parental, et une organisation plus équilibrée dans le couple. Le vrai sujet arrive maintenant.
Congé supplémentaire de naissance : ce que prévoit le PLFSS 2026
Prévu dans le projet de budget de la Sécurité sociale 2026, ce congé s’ajoute aux congés maternité et paternité. Chaque parent pourra prendre un ou deux mois, simultanément ou en alternance, avec la possibilité d’être fractionné en deux périodes d’un mois. Des amendements actent aussi qu’“au moins un mois” ne soit pas pris en même temps par les deux parents, pour favoriser une meilleure répartition des tâches.
L’indemnisation sera précisée par décret. Le gouvernement a indiqué un versement à hauteur de 70 % du salaire net le premier mois puis 60 % le second. Initialement fixée aux naissances à partir du 1er juillet 2027, l’entrée en vigueur a été avancée au 1er janvier 2026 via un amendement porté par Sarah Legrain. Aurore Bergé résume l’objectif : « De multiples facteurs » expliquent la baisse, dont « la question de la capacité à donner plus de liberté, plus de droits et plus de choix aux deux parents », a-t-elle indiqué, selon La Croix.
Baisse de la natalité : quel impact attendu et quelles limites
Sur le papier, le dispositif vise l’implication des pères et le rééquilibrage domestique, parmis les objectifs affichés pour lever certains freins aux projets d’enfant. La séquence législative a aussi ouvert le débat sur l’ambition et la portée de la réforme. « Elle ne répond ni à l’urgence sociale, ni à l’exigence d’égalité que réclame une vraie réforme du congé parental », a taclé l’écologiste Marie-Charlotte Garin.
Reste la question du financement : le décalage de la majoration des allocations familiales de 14 à 18 ans suscite des réserves. « J’ai un vrai problème avec le fait qu’on prenne de l’argent aux parents d’enfants grands pour financer un droit pour des parents d’enfants petits », a déclaré Marie-Charlotte Garin. À noter enfin que ce nouveau congé ne remplace pas le congé parental, qui peut courir jusqu’aux trois ans de l’enfant pour environ 400 € par mois. Les décrets d’application préciseront les modalités pratiques et l’indemnisation, clés pour l’appropriation du dispositif par les familles.







