Sony Bank : pourquoi les banquiers américains s'opposent au stablecoin indexé sur le dollar et ses implications pour la finance
Sony Bank défie la finance américaine avec son projet de stablecoin. L'ICBA s'oppose fermement, invoquant des risques pour les consommateurs et le cadre réglementaire.

Le géant japonais bouscule la finance américaine. Depuis le vote du GENIUS Act, les stablecoins sont devenus la nouvelle frontière et Sony Bank s’est invitée dans la course avec l’idée d’un stablecoin de Sony indexé sur le dollar. Le sujet éveille déjà des résistances, signe que l’équilibre entre banques et nouveaux entrants est plus fragile qu’il n’y paraît.
Concrètement, Sony a déposé auprès de l’OCC une demande de charte pour une entité baptisée Connectia Trust NA. Dans le même temps, Coinbase, Crypto.com, Circle, Ripple, Bridge (Stripe) et Paxos ont lancé des démarches similaires. L’ICBA, qui représente les petites banques américaines, a aussitôt demandé au régulateur de bloquer le dossier. Pourquoi ce blocage maintenant ?
Sony Bank et l’OCC : ce que prévoit le stablecoin de Sony
Le 15 octobre, l’Office of the Comptroller of the Currency a indiqué avoir reçu la demande de licence visant Connectia Trust. Objectif annoncé : émettre un jeton adossé au dollar et offrir des services autour des actifs numériques, dans un cadre rendu possible par le GENIUS Act. Le mouvement s’inscrit dans une vague plus large qui voit des acteurs crypto et des groupes tech frapper à la porte du régulateur bancaire.
« Ces activités comprennent l’émission de stablecoins indexés sur le dollar et la maintenance des actifs de réserve correspondants, la fourniture de services de garde d’actifs numériques non fiduciaires et la fourniture de services de gestion d’actifs en tant que fiduciaire pour certaines filiales », a détaillé Sony dans sa demande, citée par Journal du Coin. Et, parmis les candidats, on retrouve aussi Coinbase, Circle, Ripple, Bridge (Stripe) et Paxos, signe d’une compétition qui s’organise vite.
Pourquoi l’ICBA veut bloquer le stablecoin de Sony
Au cœur de l’opposition des banquiers américains, une idée revient : éviter qu’un produit perçu comme proche d’un dépôt circule hors du périmètre bancaire classique. L’ICBA cible la charte visée par Sony, estimant qu’elle contournerait le cadre prudentiel et communautaire imposé aux banques traditionnelles. « Cette approche semble conçue par Sony Bank pour recevoir les avantages d’une charte bancaire américaine sans être soumis à la portée complète de la réglementation bancaire américaine », a écrit l’organisation. Dans le détail, l’association pointe une similitude avec les dépôts bancaires — transferts électroniques, paiements en point de vente, remboursement au ratio de un pour un — sans l’assurance des dépôts fédérale ni les exigences du Community Reinvestment Act.
L’ICBA met aussi en avant la protection du consommateur et le risque d’ambiguïté si l’émetteur venait à défaillir. Selon elle, la demande pourrait « entraîner une confusion et un préjudice pour les consommateurs en cas d’insolvabilité ». Face à cette charge, la riposte des acteurs crypto s’est organisée. « L’opposition de l’ICBA aux demandes de charte de confiance de Sony Bank et de Coinbase n’est rien de plus que des lobbyistes essayant de creuser des fossés réglementaires autour de leurs membres. La concurrence est bonne pour les consommateurs et les entreprises », a répliqué le directeur juridique de Coinbase, alors que la procédure de l’OCC suit son cours.









