Laurent Nuñez : son style unique entre écoute et fermeté face aux défis sécuritaires majeurs
Laurent Nuñez, installé à Beauvau, impose un style unique mêlant écoute et fermeté. Comment sa méthode se distingue-t-elle dans un contexte sécuritaire tendu?

Installé Place Beauvau le 12 octobre, Laurent Nuñez a enchaîné les dossiers brûlants : cambriolage du Louvre, attaque sur l’île d’Oléron commise par un individu radicalisé, mort à Lille de Mathis percuté par un automobiliste ayant consommé du protoxyde d’azote. Le nouveau ministre de l’Intérieur s’est retrouvé d’emblée sous les projecteurs.
Face à ces chocs, il assume un style qui détonne par rapport à Bruno Retailleau, sans rupture sur le fond des politiques publiques. « C’est un mélange d’écoute, de dialogue, mais aussi d’autorité et de fermeté », a expliqué Laurent Nuñez, selon La Tribune Dimanche. La méthode Nuñez affiche une rupture dans la forme. Sur le terrain, surtout.
Méthode Nuñez : écoute, fermeté et rupture dans la forme
« Et c’est vrai que je ne suis pas membre d’un parti, que je n’ai pas de posture politique, que je ne vise rien pour 2027. Mon seul sujet, c’est l’intérêt de la France et la sécurité des Françaises et Français », a posé Laurent Nuñez. « Je n’ai pas d’ambition politique, que les choses soient claires. Pour moi, le ministère de l’Intérieur, ce n’est pas un tremplin, c’est une responsabilité », a-t-il insisté. « Je suis à la tête d’un ministère opérationnel. J’entends donc être un opérationnel, politique certes, mais opérationnel d’abord », a-t-il encore résumé.
Défense des institutions, y compris sur le terrain médiatique. Après un billet de Pierre-Emmanuel Barré dans l’émission La Dernière animée par Guillaume Meurice, il a déposé plainte au parquet de Paris vingt-quatre heures plus tard, et l’Arcom a été saisie. « les Daesh de la sécurité et de l’emploi », a lancé Pierre-Emmanuel Barré en visant police et gendarmerie, selon Public.fr. L’humoriste a aussi qualifié ces forces « d’institutions structurellement violentes, racistes et déresponsabilisantes » et évoqué « les viols, les mutilations et les meurtres ». Le syndicat Police Un1té a dénoncé des « propos immondes tenus alors que la France honore les policiers qui ont sauvé des vies le 13 novembre 2015 », a réagi Police Un1té, selon Public.fr.
Algérie, sécurité, immigration : l’opérationnel d’abord
Sur l’Algérie, il mise sur une diplomatie sécuritaire assumée, illustrée par la libération de l’écrivain Boualem Sansal. « J’ai des origines pieds-noirs et je crois être apprécié en Algérie, pays avec lequel j’ai toujours beaucoup travaillé, que ce soit quand j’étais à la tête de la DGSI ou coordinateur du renseignement », a relaté Laurent Nuñez. « La main a été tendue et elle a été saisie. Maintenant, il faut rester prudent, s’inscrire dans une méthode de calme, de respect et d’exigence, sans complaisance ni naïveté », a-t-il ajouté. Objectif affiché : renouveller les échanges opérationnels pour l’antiterrorisme, la criminalité organisée et les retours sous OQTF.
En matière de menace, le cap est clair. « Six en comptant celui que préparaient les trois jeunes femmes qui ont été interpellées en octobre », a-t-il indiqué à propos des projets d’attentats déjoués. « Salah Abdeslam représentera à jamais une menace pour la France », a-t-il aussi rappelé. Sur l’immigration, « Depuis le début de l’année, les éloignements forcés ont augmenté de 24 %, soit 11.715 personnes éloignées », a-t-il chiffré. « Oui. Je soutiens l’allongement de cette durée de rétention maximale à 210 jours », a-t-il assumé, tout en précisant : « Je ne reprendrai pas en revanche les mesures de reconnaissance faciale portant sur la vidéosurveillance », a-t-il précisé. « J’ai bon espoir que le plan 3 000 places aboutisse en 2029 », a-t-il confirmé à propos des centres de rétention administrative (CRA), avec un objectif de 3 063 places.









