Ce que les nouvelles mesures fiscales signifient vraiment pour les retraités à revenus moyens en 2026 : abattement maintenu, mais à quel prix ?

Par Paul Graph - Publié le

Les députés ont maintenu l'abattement de 10 % pour les retraités en 2026, évitant une hausse d'impôts pour ceux gagnant plus de 1 670 € par mois. Quelles conséquences pour la classe moyenne ?

Ce que les nouvelles mesures fiscales signifient vraiment pour les retraités à revenus moyens en 2026 : abattement maintenu, mais à quel prix ?

Jeu d’équilibre pour les pensions et les impôts. Après des semaines de débats, une mesure fiscale visait à transformer l’abattement automatique accordé aux retraités en un forfait fixe. Les pensions situées dans la tranche intermédiaire étaient au premier rang des potentiels perdants, avec des arbitrages budgétaires qui se télescopent avec la réforme des retraites mise en pause.

Jeudi 13 novembre 2025, les députés ont retiré du projet de budget 2026 la suppression de l’abattement de 10 %, maintenant le dispositif actuel dans la version issue de l’Assemblée nationale. Le texte doit encore être examiné au Sénat, mais l’enjeu pour les retraités aux revenus moyens reste très concret. Reste à savoir combien et pour qui.

Abattement de 10 % maintenu en 2026 et seuil de 1 670 €

Actuellement, les retraités bénéficient d’un abattement de 10 % appliqué automatiquement. Un pensionné à 1 800 € nets par mois est imposé non pas sur 21 600 €, mais sur 19 440 €. Le Gouvernement avait envisagé de remplacer cet abattement par un forfait de 2 000 €. Tous les retraités dont le revenu imposable dépasse 20 000 €, soit environ 1 670 € par mois, auraient alors payé davantage d’impôt. Exemple donné : M. Martin, célibataire avec 3 000 € de retraite mensuelle, voyait son impôt passer de 2 885 € à 3 365 €, soit une hausse de 16,6 %.

Lors du vote, 213 députés ont adopté les amendements de suppression de l’article qui instaurait le forfait, 17 s’y sont opposés. Le débat a cristallisé un seuil pivot, car « Vous vous attaquez aux retraités qui gagnent plus de 1.666 euros par mois », a fustigé Aurélien Le Coq, selon BFMTV. Pour mémoire, l’abattement de 10 % demeure plafonné à 4 399 € par an. D’autres élus ont soutenu la suppression de l’article : « C’est un amendement qui va dans le bon sens », a déclaré Guillaume Kasbarian.

Suspension jusqu’en 2028, CSG sur le capital et pouvoir d’achat

En parallèle, la réforme des retraites est suspendue jusqu’au 1er janvier 2028 pour un périmètre élargi incluant carrières longues et catégories actives. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a indiqué : « C’est à peu près 20% de personnes supplémentaires », puis « Il y a 1,4 point de CSG supplémentaire qui rapporte 2,7 milliards ». Au total, la mise en pause est chiffrée à 300 millions d’euros en 2026 puis 1,9 milliard en 2027. Concrètement, la génération née en 1964 partirait à 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres exigés, au lieu des 63 ans et 171 trimestres prévus par la réforme.

Sur le pouvoir d’achat, la revalorisation des retraites de base de 2,2 % s’est appliquée des le 1er janvier 2025. Par exemple, une pension de 1 200 € brut est passée à 1 226,40 €. La France compte 17,2 millions de retraités fin 2023 pour une pension moyenne de 1 541 € nets. Côté impôts locaux, des allègements de taxe foncière existent en 2026 pour les foyers modestes : RFR inférieur à 12 818 € pour une personne seule ou 19 664 € pour un couple, plus 3 423 € par demi part, réduction de 100 € entre 65 et 75 ans et exonération possible au delà de 75 ans. Durant les débats, une question a aussi été soulevée sur les aides : « Aucune information n’a été communiquée sur les conséquences de ce nouvel abattement sur le calcul des prestations sociales », a souligné Nicolas Sansu.