Revalorisation des prestations sociales en avril 2026 : après la menace de gel, ce que vous rapportera la hausse de +0,9 % sur le RSA, l’AAH et les allocs
Menacé de gel, le RSA, l’AAH et les allocations familiales profiteront finalement d’une revalorisation prestations sociales 2026 de +0,9 % au 1er avril. Qui verra la différence sur le versement de mai et cette hausse pèsera‑t‑elle vraiment sur le pouvoir d’achat ?

Inflation qui s’installe, factures qui montent, menace de gel des aides sociales : l’année 2026 a longtemps semblé synonyme de coup de frein pour les bénéficiaires du RSA, de l’AAH ou des allocations familiales. Entre projet de loi de financement de la Sécurité sociale et navette parlementaire, beaucoup de foyers se demandaient tout simplement si leurs prestations suivraient encore les prix.
Après plusieurs semaines de bras de fer politique, l’Assemblée nationale a largement rejeté le gel des pensions de retraite et des prestations sociales, par 308 voix contre 99, ouvrant la voie à une revalorisation prestations sociales avril 2026 alignée sur l’inflation. Sur la base des travaux de la Commission des comptes de la Sécurité sociale, le scénario retenu table pour l’instant sur une hausse d’environ 0,9 % au 1er avril 2026, qui concernerait l’essentiel des aides versées par la CAF et la MSA et se traduirait sur les versements effectués à terme échu. Reste à voir ce que cela change vraiment sur votre compte.
Revalorisation prestations sociales 2026 : comment le 0,9 % est calculé et le bras de fer politique
La revalorisation annuelle des prestations ne dépend pas d’un geste ponctuel du gouvernement, mais d’une règle fixe inscrite dans le Code de la Sécurité sociale. Elle est calculée « sur la base d’un coefficient égal à l’évolution de la moyenne annuelle des prix à la consommation, hors tabac, calculée sur les douze derniers indices mensuels de ces prix publiés par l’Insee l’avant-dernier mois qui précède la date de revalorisation des prestations concernées », prévoit le Code de la Sécurité sociale, cité par MoneyVox. En clair, c’est l’inflation mesurée entre février 2025 et janvier 2026 qui servira de référence et, dans son dernier rapport publié en octobre, la Commission des comptes de la Sécurité sociale écrit : « Dans un contexte de poursuite de la désinflation, la BMAF (base mensuelle de calcul des allocations familiales) serait revalorisée au 1er avril prochain de 0,9% ». Cette revalorisation prestations sociales 2026, via la hausse de la Base mensuelle de calcul des allocations familiales au 1er avril 2026, se répercutera ensuite sur la plupart des minima sociaux et des prestations familiales, même si le taux exact pourra encore être ajusté en fonction de l’inflation réellement constatée.
Sur le terrain politique, le parcours du projet de loi a été plus heurté. Après la suppression du gel à l’Assemblée, le Sénat a voté en sens inverse en rétablissant l’article 44 du texte initial, cette fois en épargnant les bénéficiaires de l’AAH et les retraites inférieures à 1 400 euros brut, pour un rendement budgétaire de 2 milliards d’euros en 2026, a rapellé la rapporteure LR Pascale Gruny, alors que le gel total des prestations et pensions devait à l’origine générer près de 2,7 milliards d’euros d’économies. L’opposition de gauche a vivement réagi : l’article 44 a été placé « sur le podium du musée des horreurs », a dénoncé la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly, citée par Public Sénat, avant d’ironiser en expliquant que « La majorité sénatoriale a beaucoup de cœur puisque l’allocation aux adultes handicapés ne sera pas gelée en 2026 ». Son collègue Ian Brossat a fustigé « l’indécence » d’un gel touchant des prestations comme les prestations familiales, les prestations d’autonomie, l’aide d’urgence pour les victimes de violences conjugales ou la prime de naissance, tandis que la socialiste Corinne Féret estimait : « Nous ne partageons pas les mêmes valeurs […] Nous avons proposé que ceux qui ont le plus fassent des efforts, vous avez refusé […] Vous demandez à ceux qui ont le moins de faire un effort ». En face, le centriste Olivier Henno a justifié ce choix au nom du « principe de responsabilité » et affirmé « On est en train de sauver le système par répartition », tout en critiquant chez ses contradicteurs « la fuite en avant ».
RSA, AAH, allocations familiales : les montants 2026 et les aides concernées
Sur le volet très concret des montants, la hausse estimée de 0,9 % ferait passer le plafond de l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) à 1 042,62 euros par mois pour une personne seule sans ressources, d’après les projections établies à partir de l’estimation de la Commission des comptes de la Sécurité sociale. Le Revenu de solidarité active (RSA) non majoré suivrait la même trajectoire : le montant forfaitaire atteindrait 652,34 euros pour une personne seule, 978,51 euros pour un couple sans enfant et 1 369,92 euros pour un couple avec deux enfants, ces sommes restant des plafonds théoriques avant prise en compte des revenus éventuels du foyer. Pour la prime d’activité, destinée aux travailleurs aux revenus modestes, le montant forfaitaire de référence grimperait à 638,91 euros, toujours ajusté ensuite en fonction des salaires et de la composition familiale. Comme chaque année, la revalorisation du 1er avril devra être appliquée automatiquement par les caisses, sans démarche particulière des allocataires, et les montants actualisés serviront aussi à relever les plafonds de ressources associés à certaines aides, dont la complémentaire santé solidaire.
Les familles et les chômeurs en fin de droits verront aussi leurs repères évoluer, car la même base de calcul sert pour un large éventail d’aides sociales. Pour donner un ordre d’idée des montants attendus en 2026, toujours en supposant une hausse de 0,9 %, les principaux dispositifs afficheraient les plafonds suivants :
- Allocations familiales : de 38,11 euros à 152,41 euros par mois pour deux enfants selon les ressources, de 86,92 euros à 347,66 euros pour trois enfants.
- Allocation de rentrée scolaire (ARS) : 427,29 euros pour un enfant de 6 à 10 ans, 450,87 euros de 11 à 14 ans, 466,49 euros de 15 à 18 ans.
- Allocation de solidarité spécifique (ASS) : 19,50 euros par jour, soit 585 euros pour un mois de 30 jours.
- Allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) : 153,17 euros pour le montant de base mensuel.
- Aide universelle d’urgence pour les victimes de violences conjugales : 260,94 euros au minimum.








