"C'est le prix de la connerie" : sur RMC, Jacques Legros dézingue retraites, boomers et dette dans un "spectacle affligeant" à l'Assemblée

Par Paul Graph - Publié le

Le 12 novembre sur RMC, Jacques Legros a explosé face à la suspension de la réforme des retraites, fustigeant un « spectacle affligeant » à l’Assemblée. Que révèle ce coup de gueule sur la dette, les boomers et la crise politique qui couve ?

« C’est le prix de la connerie » : sur RMC, Jacques Legros dézingue retraites, boomers et dette dans un « spectacle affligeant » à l’Assemblée

Sur fond de tensions autour de la réforme des retraites, la voix de Jacques Legros a résonné plus fort que d’habitude. Invité à réagir à la suspension du texte, le journaliste, connu du grand public pour ses années au JT de TF1 puis ses chroniques à la radio, s’est emporté contre une décision qu’il juge incompréhensible et contre le climat politique qui l’entoure à l’Assemblée nationale.

Mercredi 12 novembre 2025, sur le plateau des Grandes Gueules de RMC, il a fustigé un gouvernement qui recule selon lui pour des raisons purement tactiques : « Le gouvernement qui était censé supporter cette réforme accepte de la mettre entre parenthèses (…) pour faire plaisir aux socialistes, pour ne pas tomber », a lancé Jacques Legros sur RMC, des propos rapportés par Capital. Avant de résumer sa colère en une formule devenue virale : « C’est le prix de la connerie ». Un réquisitoire qui sert de point de départ à une critique bien plus large du « spectacle » politique offert aux Français.

Critique de Jacques Legros : un « spectacle affligeant » autour des retraites

Au micro de RMC, Jacques Legros ne s’est pas contenté de commenter la suspension de la réforme des retraites : il a aussi ciblé l’ambiance de l’hémicycle. Les députés donnent selon lui « un spectacle affligeant » et passent des heures en joutes verbales stériles, loin des préoccupations de ceux qui suivent l’affaire depuis chez eux. Dans la même séquence, il lâche une image qui a marqué les esprits : « On scie la branche sur laquelle on est assis, mal assis certes, mais assis », une manière de dire que la classe politique abîme elle-même la confiance que les citoyens lui accordent encore.

La charge vise directement les élus qui occupent les bancs de l’Assemblée nationale. « Qui sont ces députés, élus du peuple, et qui représentent non pas leur circonscription, mais la France, qui sont ces gens-là ? », interroge-t-il, remettant en cause la façon dont ils conçoivent leur mandat. Excédé par les débats, il confie ne plus supporter le fonctionnement actuel et conclut au sujet de l’hémicycle : « C’est le bordel ». Pour expliquer la suspension du projet, Jacques Legros parle d’une « manœuvre politique », d’un simple « calcul politique » destiné à « faire plaisir aux socialistes » et à éviter que le gouvernement ne tombe, bien loin, à ses yeux, d’un débat de fond sur l’avenir du système de retraite.

« Prix de la connerie », boomers et dette : ce que vise vraiment Jacques Legros

Ce coup de gueule ne tombe pas de nulle part. Depuis plusieurs mois, Jacques Legros s’alarme des pistes évoquées pour redresser les comptes liés aux retraites et à la dépense publique. Le 1er octobre 2025, il dénonçait déjà l’idée de demander un effort supplémentaire aux retraités actuels, considérant que cibler cette catégorie serait une erreur. « Les Français en ont marre de se voir traire ! », affirmait-il alors, en appelant à arrêter d’augmenter les impôts pour se concentrer sur la réduction des dépenses de l’État. Face aux économies annoncées de 40 ou 44 milliards d’euros, qu’il juge « ridicules » au regard d’une dette nationale qui atteint 3 400 milliards d’euros, il parle de simples « rustines budgétaires » et compare la situation à un « plâtre sur une jambe de bois », image d’un système budgétaire qu’il considère à bout de souffle.

Avant même la séquence de novembre, il avait déjà listé plusieurs griefs contre la trajectoire des finances publiques et la manière dont l’effort est réparti entre les générations :

  • un scepticisme total face aux montants d’économies annoncés, jugés dérisoires au regard de la dette ;
  • la priorité donnée, selon lui, à la baisse des dépenses de l’État plutôt qu’à de nouvelles hausses d’impôts ;
  • le refus de voir les retraités et futurs retraités devenir une cible fiscale privilégiée.

Le 25 juin 2025, c’est la dimension générationnelle qui était au cœur de sa prise de parole. Né en 1951, Jacques Legros rappelle que sa génération a « cravaché pour reconstruire la France après la guerre » et qu’il n’est « pas question d’endosser une culpabilité » qu’il estime injuste. Il rejette ce qu’il décrit comme un « système de punition » visant les boomers, que ce soit à travers les retraites ou certaines mesures écologiques, tout en répétant qu’il faut rester « généreux et solidaires avec les jeunes générations ». Sa crainte est claire : qu’un matraquage fiscal continu finisse par pousser les plus jeunes à l’ »exil », vidant le pays de ses forces vives. Derrière le « prix de la connerie », son coup de sang vise donc à la fois le jeu politique autour des retraites, la manière dont l’effort est réparti entre générations et une dette qui, apparement, ne cesse de peser sur le débat public français.