Classe moyenne en France en 2025 : ce revenu médian et ces seuils mensuels qui vous font changer de catégorie sociale selon l’Observatoire, de populaire à riche
En 2025, une personne seule est dite de classe moyenne entre 1 683 et 3 119 euros par mois, mais peu de Français le savent. Où vous situez-vous vraiment sur l’échelle des revenus, entre pauvreté, classe moyenne et richesse ?

En France, beaucoup de gens ont le sentiment d’être « ni pauvres ni riches », coincés entre la peur du déclassement et des factures qui grimpent. Tout le monde parle de classe moyenne, mais rares sont ceux qui savent vraiment ce que recouvrent ces mots quand on regarde les statistiques de près.
Derrière cette expression se cachent pourtant des critères précis : niveau de vie, composition du foyer, place sur « l’échelle sociale ». Entre la vision de l’administration, celle des statisticiens et celle des instituts spécialisés, la frontière entre classe populaire, moyenne et aisée ne se dessine pas de la même façon. La réponse n’est pas toujours celle qu’on imagine.
Classe moyenne : définition officielle et sentiment d’appartenance
Pour le ministère de l’Economie et des Finances, la classe moyenne renvoie à la population située au centre de l’échelle sociale et sert surtout d’indicateur pour suivre les évolutions économiques et sociales du pays. L’INSEE, lui, ne parle pas de classes sociales mais de niveau de vie : il décrit la répartition des revenus et mesure les inégalités, sans dire qui est « moyen » ou pas. L’Observatoire des inégalités adopte une autre approche en classant la population en trois groupes, « populaire », « moyenne » et « aisée », selon le niveau de revenus et la composition du foyer : la classe moyenne regroupe les personnes situées entre les 30 % les plus pauvres et les 20 % les plus riches.
Pour entrer dans cette catégorie, le montant des ressources ne suffit pas : la structure de la famille compte beaucoup. On vit bien mieux avec un certain revenu quand on est seul que lorsqu’il faut le partager avec un conjoint sans revenu et un ou plusieurs enfants. Il existe aussi un écart entre l’appartenance « objective », calculée à partir des chiffres, et le ressenti. Une étude de l’Ifop publiée en 2019 montre que la part de Français se déclarant de la classe moyenne est passée de 70 % en 2008 à 58 %, tandis que ceux qui se positionnent dans la classe « modeste » sont passés de 23 à 38 %. La baisse du niveau de vie ressenti des classes moyennes pèse sur la façon dont chacun se situe socialement.
Revenu médian et caractéristiques économiques de la classe moyenne
Au cœur de ces définitions figure la notion de niveau de vie, c’est-à-dire les revenus d’un ménage après impôts et prestations sociales, rapportés au nombre de personnes qui le composent. L’INSEE utilise le niveau de vie médian comme indicateur : il partage la population en deux, 50 % gagnent moins, 50 % gagnent plus, et permet de mesurer pauvreté et inégalités sans définir de classes sociales. Selon les derniers chiffres disponibles, en 2022, le niveau de vie médian s’élève en France métropolitaine à 24 330 euros par an, soit 2 028 euros par mois.
À partir de ces données, l’Observatoire des inégalités construit une grille de lecture interprétative. Il fixe des seuils de revenus pour délimiter la classe moyenne, après impôts et prestations sociales, en tenant compte du type de ménage. Pour 2025, les fourchettes annoncées sont les suivantes :
- entre 1 683 et 3 119 euros pour une personne seule ;
- entre 2 188 et 4 055 euros pour une famille monoparentale avec un enfant de moins de 14 ans ;
- entre 2 525 et 4 679 euros pour les couples sans enfant ;
- entre 3 029 et 5 614 euros pour les couples avec un enfant de moins de 14 ans ;
- entre 4 208 et 7 798 euros pour un couple avec deux enfants de plus de 14 ans ;
- entre 4 712 et 8 733 euros pour un couple avec trois enfants dont un de moins de 14 ans.
En dessous du bas de chaque fourchette, les ménages sont rangés parmi les classes populaires, au-dessus du haut de la fourchette ils basculent dans les catégories aisées, toujours en fonction de leurs revenus disponibles.
Classe populaire, classe moyenne, riches : à partir de quel revenu en 2025 ?
Au-delà des montants, l’Observatoire des inégalités décrit aussi le profil social de chaque groupe. Les classes populaires rassemblent surtout les ouvriers non qualifiés, les agents d’entretien, de nombreux employés et des personnes en situation de précarité professionnelle. Les classes moyennes englobent l’ensemble des professions intermédiaires (infirmière, professeur des écoles, comptable…), la moitié des artisans, commerçants et chefs d’entreprise, ainsi qu’un cinquième des cadres supérieurs, des ouvriers et des employés. Les classes supérieures regroupent le reste : environ 80 % des cadres supérieurs et 20 % des indépendants. À la lisière des catégories populaires d’un côté et des catégories les plus aisées de l’autre, une partie des ménages est parfois qualifiée de classe moyenne supérieure, associée par certains aux 20 % des ménages les plus aisés, en étant distinguée du 1 % le plus riche.
Pour les revenus les plus élevés, l’Observatoire fixe un seuil de richesse au double du niveau de vie médian, après impôts et prestations sociales. Appartiendrait à la catégorie des riches une personne célibataire gagnant plus de 4 293 euros par mois après prélèvement de l’impôt, un couple sans enfant gagnant plus de 6 440 euros, ou encore un couple avec un enfant de moins de 14 ans gagnant plus de 7 727 euros. Entre classe populaire, classe moyenne, aisée et riche, l’étiquette dépend donc d’un barème précis, mais aussi de la manière dont chacun se percoit dans cette échelle des revenus.








