Nouvel impôt sur les hauts revenus : ce que 40 000 foyers aisés doivent absolument déclarer en ligne avant le 15 décembre sous peine de lourde majoration

Par Paul Graph - Publié le

Du 1er au 15 décembre, environ 40 000 foyers aux plus hauts revenus doivent remplir une nouvelle déclaration en ligne liée à la CDHR. Êtes-vous concerné par cet acompte de 95 % et le risque de majoration de 20 % ?

Nouvel impôt sur les hauts revenus : ce que 40 000 foyers aisés doivent absolument déclarer en ligne avant le 15 décembre sous peine de lourde majoration

Les fêtes de fin d’année approchent, mais pour une partie des contribuables français, un autre rendez-vous s’impose au calendrier avant le réveillon. Pendant que beaucoup finalisent leurs achats de Noël, les foyers les plus aisés doivent se pencher sur une nouvelle formalité fiscale ouverte à partir du 1er décembre, avec seulement deux semaines pour agir.

Baptisée contribution différentielle sur les hauts revenus, ou CDHR, cette contribution a été instaurée par le budget 2025 et vise une poignée de foyers aux revenus les plus élevés. La campagne déclarative se déroule sur une fenêtre très courte, jusqu’au 15 décembre, en plein mois de décembre et hors du calendrier habituel de l’impôt sur le revenu : une nouveauté qui soulève immédiatement une question discrète mais pressante pour certains lecteurs.

Contribution différentielle sur les hauts revenus : qui est visé par le nouvel impôt ?

La CDHR cible les contribuables dont le niveau de vie dépasse largement la moyenne. Selon l’administration, environ 40 000 contribuables sont concernés. Le filtre se fait à partir des revenus annuels : en dessous de 250 000 euros de revenus pour une personne seule, veuve, séparée ou divorcée, et de 500 000 euros pour un couple marié ou pacsé imposé en commun, aucun versement n’est dû au titre de cette contribution.

Pour les foyers au-dessus de ces seuils, le mécanisme se superpose à l’impôt sur le revenu classique et à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus. Le principe est le suivant : l’État veut garantir un taux moyen d’imposition d’au moins 20 % sur ces très hauts revenus. Si le total des impôts déjà versés au titre de l’année (impôt sur le revenu, contribution exceptionnelle et certains prélèvements) représente moins de 20 % des revenus pris en compte, la CDHR vient combler l’écart. En clair, elle joue le rôle d’un complément d’impôt pour remonter le taux d’imposition global à ce seuil plancher.

Deux semaines pour déclarer et verser l’acompte : un calendrier serré

La particularité de cette nouvelle contribution tient à son calendrier. Les contribuables concernés doivent, entre le 1er et le 15 décembre, estimer leurs revenus de l’année, y compris ceux qui tombent traditionnellement en fin d’exercice, comme certains dividendes ou les revenus de contrats de capitalisation. Sur la base de cette estimation, ils calculent la CDHR due et versent un acompte représentant 95 % de son montant pendant cette période de campagne déclarative.

Tout se passe en ligne, via le site de l’administration fiscale et l’espace personnel du contribuable, dans un parcours dédié. Un simulateur a été mis à disposition pour aider à apprécier l’addition en fonction de sa situation, mais le calcul reste délicat dès que les revenus sont multiples ou incluent d’importants revenus mobiliers. Consciente de cette complexité, l’administration fiscale encourage les foyers concernés à se faire épauler par un expert-comptable, histoire de ne pas sous-estimer la contribution ni oublier un élément de revenu au moment de déclarer leur nouvel impot.

La vigilance est d’autant plus de mise qu’un acompte insuffisant ou payé en retard peut entraîner une majoration d’environ 20 % du complément à verser, ce qui alourdit vite la note pour les foyers déjà très imposés. Autre contrainte relevée par les praticiens du droit fiscal : ces contribuables doivent finaliser cette étape avant même la traditionnelle déclaration de revenus du printemps, alors que tous leurs flux de rémunération ne sont pas toujours encore connus. Annoncée d’abord comme une mesure exceptionnelle destinée à renflouer les caisses de l’État, la contribution pourrait en réalité être prolongée tant que le déficit public ne repasse pas sous les 3 % du produit intérieur brut, ce qui laisse présager que ces deux semaines de décembre deviendront un rendez-vous récurrent pour les plus aisés.